‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes: et des moyens de les rendre (volume 2)Chapitre 8 sur 43 · CLASSES OUVRIERES VICIEI/SES · texte numérisé non relu

CLASSES OUVRIERES VICIEI/SES

Ces nombres, quoique approximatifs^ nous sembleirt mériter d'autant plus de créance, que le premier d'^itre eux concorde parfaitement avec celui que nous avons obtenu au moyen de notre premier calcul. Il eût été à désirer cependant que ce calcul eût pu nous fournir une série de nombres semblables à ceux de la série que nous venons d'indiquer : les rapports eussent été complets. •

Quoi qu'il en soit, j'ajouterai à ces deux modes de supputation un fait qui me parait de nature à corroborer encore la justesse des chifires que je viens de poser. Ce fait est que le nombred'ouvriers venant année communedésdêpartcrpensàParisestde3o,ooo« Il est constaté par un document inséré dans le volume de recherches statistiques publié en 1829 par M. le comte de Chabrol , alors préfet de la Seine. On lit page tfi de ce volume, que le préfet de police en exercice dans le même temps , avait fourni ce nombre à son collègue, et qu'il y avait fait entrer les ouvriers en bâtimens pour deux tiers. Or, le nombre de ces 36,ooo ouvriers représente exactement la différence existant entre le premier et le dernier terme de la série des estimations que j'ai adoptées, et devient ainsi une nouvelle preuve de la vérité de ce que j'ai avancé touchant la force relative des classes i'ouvriers, durant les périodes de ralentissement ou

BOCUMEirs STàTiSTIQDES. 2 5

d'activité d» travail. Il y a une autre conséquence à tirer du même fait , c'est que la masse des ouvriers réellement domiciliés à Paris ne s*élève pas au-delà deySjOoo.

Nous .prendrons* ce dernier chiffre pour point de départ , afin d'arriver à ki fixation du nombre des ouvrières, Je m'arrêteà ce chiffre, parce que les 3o,ooo ouvriers formant la partie flottante du maximum des classes d ouvriers, estimé à io5,ooo, laissent leurs femmes dans les départemens auxquels ils appartiennent , et ne- sauraient dès-lors figurer dans le chiffre fixe et permanent qui doit jious servir de boussole.

Cela posé , examinons jusqu'à quel point le nombre des ouvrières peut se rapprocher de celui des ouvriers domiciliés. Ceux-ci ne vivent pas tous, en ménage avec des femmes légitimes ou concubinaires; il en est près d'un tiers qui sont célibataires. Si donc la situation des ouvriers à Paris est telle que nous venons de l'indiquer, il faudrait fixer à 5o,ooo le nombre de ces derniers qui sont uais à des femmes par le lien du mariage ou par des- nœuds illégitimes, et rechercher dans la masse des femmes que nous évaluerons; au même nombre, combien il y a d'ouvrières.

Le résultat qu'on obtiendrait par ce moyen offri*

n6 GLiJiSB3 OUVIUKRIS YICtBOSES.

rait probablement un nombre cFouvrières égal aux 4/5** de la ma^se^ 8oit 4O|00Oy et les 10,000 femmes restantes seraient classées dans des professions de toute espèce 9 étrangères aux arts industriels. Ce résultat serait, je crois, }e moins hasardé, et faute de données plus précises, je l'admettrai sans autre ob* «erTation.

Outre ces 4o,ooo ounières, il n'y aurait pas d'exa^ gération k évaluer à »o/)oo cdles qui sont célibataires et qui césident, soit dans le sein de leur fa^ mille, soit dans des chambres particulières. Ce chifire et le. précédent m^ont paru en rapport avec les nombreuses filatures et fabriques de papier peint établies à Paris, ou les ouvrières forment plus de la moitié dès personnes.employéesi et avec les ateliers encore plus nombreux, où se confectionnent des objets qui comportent par leur exiguïté et leur déf Ucatesse la main-d'œuvre des femmes.

Dans le tableau que nous venons de tracer des classes ouvrières , il y aurait lacune si nous ne consignions paB le chiffre des apprentis bu plutôt des jeu*nés garçons en état de travailler, qui sont employés dans les divers établissemens industriels. On voit que l'acception prêtée ici au mot apprenti est, pour ainsi dire ,. illimitée , et sort des termes ordinaires. Le dhlCfrt 4oiit il s'agit peutétM porté à deux par £)•

OœUMBirS aTATlSTIQ0ES« ^7

mille d'ouvriers/mariés ou vivant en état de concubinage » c'est-à-dire à loo^ooo. ^

U es^istedonc àParisa35.ooo ouvriers de tout sei^ et de tout âge à l'époque du ralentissement du travail, et aCS^ooo pendant la période de (4eine activitéf

£n exposant' quels sont les principaux démens de la classe pauvre mais laborieuse ^ je ne dcHs pas omettre de faire connaître le nombre des chi£fonniers y espèce de manouvriers qui se rattachent aux manufactures par la nature m^me des objets sur lesquels s'exerce leur industrie. Ce métiw, quiest un des moins honorés ^ a, malgré ledégo](!kt qu'il inspire généralement, un attrait particulier pour certaines gens et surtout pour les enfiuis , pari^ qu'il n'assujettit à aucun apprentissage y et qu'ep outre ^ il permet à celui qui l'exerce, de vaguer constamment sur la voie publique et de gagner aisément un sa^ laire raisonnable* Oa compte a,ooochif£[^nfers^ et à^peu-prèsun pareil nombre de femmes et d'enlans exerçant la même professioi^ y en tout 4>ooo.

Nous avons jugé à propos d'entrer dans quelques détails au sujet de la. masse des classes ouvrières, pour faire Toir qu'on ne pouvait guère espérer de k réduire à une expression numérique , à moins die recourir à deci approximbliMs pim ou moins «rbi<

a8 CLASSES OUVRIÈRES VICIBOSES.

traires. On remarquera peut-être que nous n'avons pas fait mention des bureaux de placement dans la désignation des sources que nous avons consultées. .

Ces bureaux ayant cessé d'être autorisés par l'administration , et étant devenus pour l'industrie un objet de spéculation libre, le nombre s'en est beaucoup accru , et dès-lors il eut été difficile de les consulter tous. D'un autre cpté^ et dans la supposition où ils eussent été également accessibles à nos recherches^ ils n'auraient pu nous fournir que des chiffres erronés ou incomplets ; erronés en ce que les ouvriers étant sujets à des mutations fréquentes auraient pu être placés successivement par plusieurs bureaux , et figurer dans l'effectif de chacun d'eux comme autant d'individus distincts , tandis qu'en réalité ces individus n'eussent été qu'une seule et même personne; incomplets, puisque jes bureaux n'étant pas des intermédiaires nécessaires entre l'ouvrier et l'entrepreneur, les documens émanés d'eux auraient offert d'autant plus de lacunes qu'il y aurait eu plus de placemens opérés sans leurs concours.

J'aborde immédiatement la question dont les explications précédentes ont eu ppur objet de préparer la solution. Cette question consiste à savoir quelle est la force numéHque par profession , des

DOCtlMENS âTATJSTIQXJES, ag

ouvriers qui se livrent .habituellement à la fainéantise ou à l'iatempérançe^ deux vices qui ont beau*coup d'affinité l'un avec Fautre.

On ne saurait y répondre que de trois manières , ou par voie d'information ïiuprès de la police adnfinistrative, ou en se mettant en rapport avec les entrepreneurs, ou par des renseignemens obtenus dans les estaminets et les cabarets.

Dans les grandes villes^ et surtout à Paris , la police ne peut exercer une surveillance assez -directe ni assez étendue pour avoir action sur lès individus qui ont coutume de mener une vie tl^réglée et licencieuse. Il faudrait qu'elle disposât de légions d'agens, et èeux qui connaissent les ressorts de cette grande et utile machine autrement que par les prè* jugés vulgaires, savent que ses tnoyetis d'action sont trè§ bornés^ en raison de l'immense population de Paris. D'ailleurs, la police -a pour mandat de poursuivre les faits qualifiés cont^vention , délit . ou crime , par la loi pénale ; et le vice prqprement dit n'est pas punissable toutes les fois qu'il relste en dehors des prévisions de cette loi. ]S[otre civilisation ^ quoique fort avancée, ne supporterait pas très probablement des mesures préventives de. police, qui auraient pour effet de signaler, dans les cabarets et autres lieux de ce genre, les ivrognes elles JQueurs,

3o GLAsm omntiteEs Ti€i«u^fis.

daas la vue de lair ôter les. moyens de se livret* à lears habhudès tideuses. Ces mesnres scmt pourtant en vigueur dans la NouveHe-^Angleterre et dans leif autres états de rUnkm anfiéricaine, où les mœurs et lÀlois exercent nne égale influence. Le législateur a prononcé des peines péàmiairés Contre les chefii de ees établissemebs qni n'observent pas les régle^ mens de police à ce sujet. '

Posarnous, il ne nous est pas encore dontlé de prétendre 4 cette hauteur de moralité publique/ Uadministratlon esl désarmée en présence dtf rhomme vicieux, tant que ses excès ne tendent pas à' troubler la paix de la cité. Elle ne peut juger de \A' corruption des différentes classes d'ouvriers qtie par les Ëtits qui tombent sous sa juridiction; et ces faits, encore qu'ils aient leur sotirce dans les désordres d'une mauvaise vie^ ne forment qu'une faible partie de ceux que Thonnéteté publique réprouve. Le plus ^nd nombre de faits qui blessent celle-ci se déro-^ bent nécessairement aux explorations de Tautôrilé, parce qtî^ils se passent dans Pintérieur des cabarets et des es^minets où ses agens, quoique autorisés à les inspecter quand ils le jugent convenable, né s'introduisent que lorsque la clameur puMique ou des plaintes particulièreà les y appellent pour constater des actes déclarés réprébensibles par la loi.

Il en est de même des maisons def prostitotion accessibles à toute heure aux préposés de la police^ mais où ils ne pénètrent d'ordinaire que par intervalle^ soit pour y assurer l'exécution des r^lemen^ depoUce^ en matière de- prostit^ion, sort pour y opérer la recherche des malfaiteurs.

Hors de là, les enquêtes de J'autorité appattien-^ nent au domaine de la simple o{)servation ; elles ne sont plus de droit étroit. Ces enquêtes ne saursSent avoir quHm csu'actère très vague , puisqu'elles né peuvent porter que sur les masses et non sur les individus. L'administration serait bieâ à portée de fliré jusqu'à un certain point > d'après les alluresr habituelles des ouvriers de telle ou telle profession , que ces ouvriers sont plus oii moins vicieux, comparativement à des ouvriers exerçant une autre profes-^ sionf mais au-delà, il n'y a plus que dottte, incertitude^ obscurité. Du moment qu'il s'agît d'énonçei' des faits précis, des nombres^ les^ moyens d'investigation font défaut aux agens de l'autorité; ceux-ct se perdent dans la foule des individus qui s'offrent à leur vuej Leur esprit même ne sait où se pfeiadré, tant il y a dédiés dans leB désordres; les tâoyens de départ et d'évaluation leur édbappent ; et si aprè^ beaucoup d'étude et de méditation ils peuvent ie permettre d'asseoir une opinion, d'indiquer un

32 CLASSES OjUVitlJCAES VICIEUSES.

nombre, ce ne piHit être qœ par conjecture, ou plutôt par divination»

Si l'administration I avec T^soendant moral de Tautorité dont elle est revêtue, et avec les nombreux moyens d'action qu'elle tient à sa disposition, est hors d'état de déterminer même approximativement (et par approximation, j'entends une estimation fondée sur des chiffres recueillis. avec soin, discutés aveo sagacité , et approchant plus ou moins de l'évaluation présumée être la vérité); si, difr-je, l'administration est hors d'état de fixer approximativement le noitbre d'ouvriers vicieux que chaque profession renferme^ quelle ne doit pas être l'impuissance du simple particulier pour atteindre le même but?

£n supposant que son zèle ne se ralentisse pas pour mener à fin une si rude opération , trouverat-il accueil chez tous les marchands de vins qu'il devra consulter, chez tous les maîtres d'estaminets? Ces gens ne garderont-ils pas le silence de peur de nuire à leurs intérêts? S'ils parlent, ne s'étudierontils pas à. affaiblir la gravité du mal; enfin, dans le cas même où ils seraient disposés à s'expliquer avec frcinchise, seraienMls capables de satisfaire Ja curiosité de l'observateur par des renseignemens précis^ ou, tout au moins y par des approximations? Je ne le pense pas, à en juger d'après le résultat des dé-

DOGUMJENS STATISTIQUES. 33

marches que pai iaites mot-même auprès .de bon

nombre.d entre eux, L^s faks sont trop confus dan^ leut* esprit y lorsqu'ils consentent à vous répobdre^ et la plupart s'enveloppent dans »ne. ciikîonspeçtiotfi qui ne ])enfn0t pas de pousser l'enquête au-delà des premières questions.

Quelles hunieres pourrait-on attendre deis entrepreneurs? Les plus vigilans seraient sans doute en état de répondre sur la conduite tenue par leurs ouvriers dans leui's établisseifhenâ^ mais hors de là, quçl moyen de contrôle ont-ils? Aucuns. Ceux-là même qui s'informent avec le phis de sollicitude des moeurs de leurs .ouvriers datis leurs familles et au-dehors (et malheureusement 'ce n'est pas le plus grand npmbre ),. ignorent beaucoup de choses. Ce qu'ils savent, ils le tiennent des contre-maîtres ou des cha& d'âteKers, que la prujîence rend ordînaireipent très sobres de semblables communications, et qui, d'ailleurs, pour fa plupart, sont aussi victeux que les ouvriers. '

Les recherches que l'on serait tenté d'entreprendre à l'égard des moeurs des ouvrières n'éprouveraient pas moins 4e difficultés. lia dêpravartion quoique plus cachée dans cette partie de la population n'en est pas moii^ réelle et échappe par son étendue même aux appréciations de la statistique, î. 3

34 CL A8SES -ocnrmrtREs viciftmEs.

Cependant^totit eiin*aeonîiâi!isafit' .qtie«les tnàtériaux inflainqiient {ioar toblif ûetf Catégories et des nojtnbres par.profesiioiii }6 ne dois pastdireque, selon. ip^ impi^essioBs et mes conjectures ^ le nombre des ouvriers susceptibles d'être placés dans là classe vicieuse n'est pas moindre il'iin tiers du maiti*mum de la fnasse , que nous airons estimé à .f o5>pbo, et celui des ouvrières de • la même quantité. Cette double approximatiph paraitni.peut**êtfe exagérée aupremier. abord^ mads j'e^^e* convaincre le lec^ teur qu'elle ne doit pas être éid^ée de FeétiltiatiôH la plus vraisemblable.

Nous poserons donc eo fai^^que h ptirtie vicieti^ié des ouvriers peut 'être évaluée à . 35,ooo et celle des euvrièiM» à . • « s • • ao^'ooo

Il n'est pa» dans mon intention de prétendre qUé ks personnes r^pr^iéiâées par ces nbmbre^ soiettt toutes vicieuses au même degré. H y â des grattions dans leur dérèglement , tkiais , à regard dés ouvriers que j'ai détachés de la ma^se, Tifilempértfnce est UB vice qui leur est commun à .tous ^ et il eu est près deflà moitié ( 17,000) chez qui elle est portée jusqu'à Tslbrutissement ; eC , à l'égard des ouvrières, on peut admettre que îes deut tiers» d'entité elles doivent être rangées dans les Catégories les plus corrompues de ïa classe Mciéuse , à causé de là. bassesse

MîiWliSi^s 9¥ifts'ftQlSkàV clé

âè îeiîrs îndînatîÔîi?, clé îëiïr îmfnofatîtl o(i de leurs débordemens. Sur ce nombre, il en est 2,000 qui entrent pour moitié dans le chiffre des filles publiqiies insoumises rfônt li ^ei'i '^e^tîon autre part.

Quant aux chiffonniers, nous en évaluerons la flliffti€ edriHMiiijpae è la . mokiéy :^'eil>Mife à %<>oo, y cbmpHs femmes et enfahs. Ce nombre, réuni ^ux fraclioDs extraitei^ dés' cfp]ml»ir66 «^réc^^ens, donoa. un total de ^^000 iiidîit^idu^i lequ^ .cpiMtîtil^ un desprincipauJË élém^i^4^ oe l'assis dlndlvidoii formiwA dansâtes ^rjuideft villoa la lie d^ la popi^a^ tion. * • . . . .

Toi^r lu)h6?eif: 4e jtabl^u . d% V <A^^ videoêe ^ tioYfs eMmînerolts duos'le ehftpU^^^^vanl les éléoiensiJe œtt% cUftsequi se ralticbMI: «vx profes^ sidBs rangée» dwâ la biéraSkrclûeiociale aia «demis de

ptfr lee puv^rkfre^ > - '

fti Ul.

36 cL«8an joaiti yicraong.

jchapitre n.

cttltét d' Bit JM wr to mçéibn â» U parti» T i di i e db d WfM n Ui f rf i , (t)

. Tjes recherches, crae f ai fieiites sur les moeurs des dit^efses classes de la population parisienne, ont été dirigée vers un but unique, tendant k déténnhier qpéli sont le^ rapports plus ou moins étroits qui lient ces classes à la classe dangereuse, c*est-a-dire, à la partie de la poinilation qui vit- en dehors des conditions de la probité iëgafe. H est avéré, ainsi que je Tai dit, dans Pintroductioii de cet ouvrage que les classes pauvres^nt celles qui fournissent le plus d^alkpens à la criminalité et que les rangs aisés de la société y contribuent pour la moindre part. Cette part peut être évaluée i un 'dixième. Telle est du moins la proportion qui ressort du chiffre d^s délits et des crimes commis annuellement dans Paris et qui, dénoncés à la police, donnent lieu à des arrestations et à des poursuites judiciaires. Ce chiffre représentatif des abus de confiance , des escroque-

(i) Ce èbaphre est tost-à^fiât neuf.

BOdCMENS STATISTIQUES. ^

f^ des iMmqaercNiliBSy des Tôh et dteiaux, déférés k la justice, s'élève ^ éh.mOyeBne) à enviroù 3y'5oo. Pour parvenir à connaître qaelles sont i^ ctas* ses d'où sorlenl habituellement le» individtts à qui ces diverses natures tie méftifs sdnt reprochés , j'ai compulsé avec soin les extraits de greffe adressée par tè parquet k la chancellerie 'pour servir à la confection des tableaux statistiques , publiés à la suite -des çaniptes rendus chaque année au roi,, par M. le garde-de^seeaux ^ilu mouvement.de Ik erimi* nalité en Fra|ice*(i). J'ai cru devoir' borner mes récherches aux cotidam'nations prononcées en ïiSS^ i836 et 1837 soit par le tribunal de poDice correctionnelie soit par' la cour d^ssises, pckir des ié^ lits et desxrimes de la nature dt ceux que je viens d'indiquer. A Paide du. relevé, que j'ai iaiède eelléç de ces condamnatîoas afférentes aux individus désignés dans les ex traita tonfime exerçant des proifisssions ou comme prenan t des qualités qui les di9tinguent des classes ouvrières; je me suis trouvé en état •d'étidilir < quelles étaient lés catégories des rangs aâsés de la société qui étaient le plus grevéei d'élémens vicieux et dangereux en même temjps;

(x) Je dqb les coamuiiiksitioiis qui m'ont été fiiites à ce sujel, à Toblî- SeaBôe de M. DesdoieanXf alors directeur desaffidres criminelles, et à M. Arondeni » tfBol-chef va btareaa de là slatistii|iie»

34 cL^iiks. A#f« visfgmtkfi,

99j^ 4b l^pr %^ itpinéagHii. pfwtiis^t 1^ plu» o^m

^nwcroqjil^rî^^ failli l^. péfiodt4a,3^4«3 ijue j'at

ca»sic}4r4 fm $o\ ^ e^ éga^ 4 fin gyand oopibii^ cl« |m*o* priAtairei qui l^»Hl«nl la oopifiala^ t»éâmnoiD$; quiel* qu6 inwtfisant qu'il soU pour servir de j>lL&e à des induetious luoral^ cgi^r^ la !ca^gQrie à laquelle il ae rapporte» c'etf un feît stati«UqtLe> di^t <uif)o ptat a'empÀcbèr d'être ^appé- quand ou, a'fdccupe d'étude* de c^osu^i.

Les catégories les plus chargées de condamnations refativeraent à leur population connue ou pré-

sumée , sont ; de prétçpiu? «ég^Giaq^jCl^ Ç9ft4wt

natiom), ]ie$;|g^^d'9Ji&ir6s(3i)/le5 clercs d'huissiers et d'avq):;çs (49)^ le$ paurti^ra^ placeurs et a^&de remp]|tce{pQi^ mUi^îi*«^ ($19) »lea officiers ed^sbios-^ oÉficiôrs retr^îlés (^4) » le^ écrivains ou ioopistes (36):^ le^ picofoi^eurp de i[au«iqu^y.d^ Upgae> etc. (i3), les é|^udiaii3(2.7)| les çor^ipis marchands et eiuTployés da»{iMpaa«Qi>iit4e Jwuqu/î» et d'industrie (i98),lcs maf cbiipd^ (99)^ ' .

J^e^autr^ gat^orjkQç HQP désignée;» ci-dessus ^ qui . oa\ étéi^\ji$|i^fr{ippéQS» de mBd^innationa pour attentat Gq^fre.lapropnét(£i,,dv|rantJla menie période , figurent ensemble pour 58 condamnations dans les ex«

traita .4^ greffe, ftue j'ai eu spus les yeux* Ce chiffre,

JQWt. ^H Pï;écé4^.nt, doppç un total de 47 r condamr n^ipns^ QU. pi\ mgyenne^ 167 ^ndamnaitions par. an , qaaXxjà {ea closes fd^és dç la société. Si Ton conr sidà^e que l'instruction d^nt les délits et les. crimes sont l'olyet} ayaql; dp {m^ la n^aiière d'une accusa-, tiop denantle^ fri^i^a^)^ CQfnpét^ps, a pour résultat ordinaire d'éliiQki?r près .da*la moitié des méfaits sur lesquels elle si'exerce , ^n reconnaîtra que j ai été];)ien informé quand j'ai avancé que les classes aisées outraient pour un dixième danarinventaire annuel des oeuvres du dol estimées dans Paris^ comme nous l'avons dit, à 3,^500. £n effet^én admettant que çê nombre égal à celui de» préventions établie#:piir

4o CL/iSASS AÎSÉSS VICIEUSES.

les commissaires de police , et transoikes^ au procureur da roi pour éu*e yérifiées et définitîvemeut fixées ^sOit diminué de inoitiér par 4'épr0UYe de Tinstruction^jo^iciaiFe, la masse des adirés correctionnelles ou crimineUes qui donnent lieu annuelle-* ment à jugement ouTarrét, peut être évaluée à i,5oo, chiffre qui , rapproché de .la moyenne de 167 condamnat^ions afférentes aux classes aisées, et que j*ai assignée plus haut, «st avec celle-ci dans* le. même rapport que le chiffre primitif des préventions , est avec ces mêmes classes, cV^t-à-dire, dans le rapport d'un dixième.

Je devrais, pbur être rigoureuseniënt exact, opérer à l'égard des classes aisées, de la rtême manière que j'ai opéré à l'égard des classes ouvrières , doàt j'ai déterminé la portion vicieusa sinon, d'après des documens certains, du moins d'après mes impres* sioi\s et mes conjectures; mais la situation n'est pas la âiéme des deux côtés. lies corps d'état , quels quHls soient , peuvent être compris indistinctement- et considérés dans leur ensemble sous la dénomination de classes ouvrières, tandis que les catégories appartenant aux classes aisées que j'ai désignées privativeinent, ne peuven t,en raison de la physionomiedistincte

qui est propre à chacune d'elles, et de la diversité de leur ]0>sitiQn spçiale, recevoir aucune autre app^ation

I>OCUH£NS SI^ATrSTIQims. 4 <

que celle quilewr^st pactiçuKère, faute de dénosiir nation géaériqiie qui Ibuf seit réettemeiit applicable. Cette différence dans les moyens de désignation doit nécessairement, en mettlie une dans la* manière de procéder. £aef£et, n'yaurait^il pas d^e.l'irréflexïon et plus que de la témérité à faire le départ chez les étudians et les cotnipisaiarchands^parelemplQi^les élémens ^ains el des ^lémeûs vicieux ée lepr popn^ lation re^ectiye,^ans données précisés et Certaines et sous -1^ foi de conjectures plus ou moins hasardées? Pour moi, je a'hésite pas à>le penser ^ et si je n'ai pas été retenu par; un scrqpHte semblable , en ce qui concerné les classes ouvriàres, c'est que j'opérais 9 pour ainsi -dire , sur des abstraotions vagues et indéfinies,- et; que mes évaluations ^ en portant sud* la généralité de ces classes , n'afiEectaient aueun corps d'état spécialement, et fie pouvaient dès-lors avoir rien de blessant pour aucun d'eux. Je n'ai pas cru devoir m'imposer la même réserve envers Its chiffonniers, parce que le cynisme de cette classe ne saurait être révoqué en doute , et qu'iUest de notoriété publique.

Il paraîtra évident , j'espère, d'après ces explications , que je ne pouvais faire autre chose dans les circonstances où je me trouvais, que de me borner à désigner les catégories des classes aisées qui renr

CçfV^uk 1q plm d'iQ4^Y)4».^ ^tteîAte par de« con-

ds^^mifi^a }i)ifl \ ç mw$ 9 «An&vien préjuger sur la mo^ r^liM 4^(^ catigQrm^oUeMfiémBfty ato'està ee parti c|«^ i^ W Qffaty. Ofu 4â:fair ja^artèté^r.

.. Qff iwrf I 4U «urpliiSy remarqué que le& femmes n^ %Hre9ipûint daue )es catégones^ que nous avons

i»4iqiléiw» ^ai$ |l n'y^ P^i^^^ ^'^^ ^^^ étonné si Van riftéeliil qu^^lM.fein/iH» édaîré^ et po«lîe» ^ lîvr^q^ trà^ pêu.i nyrogaerie.et au vol ^ à re^eptiau de quelqiieaieimi^s galantes, dont il ser9 questi(m dans Je chapitre des mqrars de la classe dang^reuae -} ces femines favorisent quelquefois \e% manœuvros de i'escroorde boa ton, mais ce^'est qua par ^m rôle secondaire et de icomplei^noe, ce qui i^iaspéçhe pasi d<it r^stOf qu'on n&do^ye les considiérei? cojmme Qoroplicas.

l'ITttE H, • '

"Ti T/i miffirr inniiijwpi *

. 0^ïTR|; K , .

ReçLtrches faites nar r^dpinistration pour essayer de déterminée la f^ree q^ ' Ibotlté de^t«A» diîm^ i**^El|iiena' cfon^ltlé-éi se éoliripo8e/-^1^p6llîâ^S

qu'elles existent , ne Sont qne nominales.'-^ Qael pent être le chilfre de cer-

^es caté||orie^ estimées ^sembj^e? •-- Détails j[tatist4qn es sur, les. i^difidgs, qni n'oilt pas de*^ moyens d'ezfictoce assurés , et qn! ne se Uirrtnt pis a des professions utiles. — Sur les filles publiques » leurs amans .et sont^ffUMiC» o| sur les maîtresses de maisons de prostitution. — Sur les Tagabonds et sur 4)f03L qnt lîvmt 4» piodnit éindwtiiM lltttitM «t éilmiiMlAs. .

L'admiiiistvatiûn a eaaafé p(p« dHme ^fets de oon» naUre U foroe e£GactiyO'd# la dasse oknvc^'erraBte et dépravé^y^dQ cotte partie de ia pepuktîon qui,* à Ptt* pîa êomne dan» les autres gi^ndea villas,- forme 10 foyer de ce <^util y a de plus dbjeot^^de plus eor^mapu et de pliia dangereux pCH]i<^ la sotnété; Qea ^f^wla oM toujoucs "été infructueux i o^e^à*dîle qu'elle a^aja* mais pu atteindre complètemttM; Iîni élé^ieiia«hi*4)9tle

44 CLASSE IIAirGERBCISE.

classe mebiU et mj^stérîMse; elle a vouhi dÎTÎser

ces éjéinens ea catégories , pour arriver au but qu'elle sepro(ios|ût} naift eUe ii!a pas lardé à s'apercevoir que la plupart de. ces eilégories, distinctes en apparence 9 paient de &il absolomâit nulles.

On â|i|iaêt généralement gue les élémens dangereux de la dasse videuae Sont les joueurs, les filles publiques,.leurs anttms et souteneurs, les maîtresses de maisons de proslitutioB,.les vagid>onds, les fraudeurs, les escrocs^ les fiions et voleur», les voleuses et les receleurs. Les vices doaiinaut chee les indivtdus déti|;nés sous, ces diverses qualificiitions sont h paresse, le jeu, l%tèmpéi««ce, k débaudhe, et en général toutes les passions basses et immorales. Le mobile qui lés fint tous agir dans leurs méfaits est la cupidité.

Il est un certain nombre dç ce» individus qui exercent avec habileté des professions utiles, et qui seraient assez énergiques ^ur se livrer à.un travail soutenu, »'ils étaient encouragés par de bous couseUs, et s'ils savaient mettre un frein à leurs passions. ]tfais ]e travail, qui pourrait aidera la réforme de leur nature morale, ils- e^ usent^comme d'un instnunent propre à fournir des alimens à leurs désordres. Vivant ds^ un état d'excitation continuelle, Hs finissent par pveadre en aversion toute espèce

DOCUMSKS STATHSTIQIJES. 4$

de^r%le, de contrafiote et d'habitôd^ea faborieuse^, et jls se précipifteaidi^DS. la carrière d^ erîiDcL

La^fiûnéaiitise çt Tatthrité -Tideàse^^^oique ex* tréides par leur aalare, se touchent dans fours eC^ fets 1- elles aboiitisseot toutes deux il^ orihie.

Les Jndividys -cobfllposaiit la classe dan|^reu8è ne pr^nnebt conseil* peur exercer des ihduslries illtctfes on criminelles. 4}ue des cirçonstaiices où ils se trouvent, et de Tincandesceitce de leurs passons. Ces industries ne sont, en générd'i pst^ çl^ £imilières aux • uÉi qu'aux 2^utres$ elles sont la ressoufce de tous ^ de chacun. Ainsi* le même indtvidtr peut èXte toutà-lavCMs joueur, souteneur, fraudéôr, esckoc^ filou et «voieiMr; l^e fiUe publique peut asiofief à sa qualification de prostituée^ celle de v^euse ou de receleuse. Le * receleur peut être escroc eii' même IPI^. VLjJà donc nonnjfialeflnen^ des catégorie; IMlis rien n^eipfféclie que la même personne ne &8se partie dç plusieursiet, d^-lora, plus- de liogiites^i s^^ent les catégories entre elles j plus d^^préâMon dans les notions numériques. Yotlà pourquoi des catégories dîstinptes et exactes, sous le rapport s^ tiàtique^ me paraissent impossibles^ aussi bien qu'à radoûnistration.

Toutefois, en pvenant ces d^ifici^kés en consi^* ration y il u'est pas sans intérêl de récherx^er iquef

46 * tmèmà ' 0àiro«)àftTéÉ.

gées ^prâniiifAimiit) "ëii^ ccAdl d^àatt^'^lé^fieà «Mîméoè «iiseMMi!*, 'fâttU^^ éônllréê8''iSttffts)ifitcs I^Mirioé MQfttflMih Éépaféii0MRM ûfU!^ uê^ StJtres. C'est Y€Mi*«ë lift <]pi<ititM»ii^NÉ» fHflgê nerëffdfte.

à€ètift:'çiim^dbf?t«ht'èti^ée^ pftv

j<iu.II^«NfttléKié<ltiie6irt)otfVotf «n^i^giVef l'^UcMAtln«,4mfe Vk dHieditè esf d'^ "(mi^tetoir.' Cette dHfioMê «st tigii fc tiM( tJmigfa¥6 «{ull'fimdràit jôhidre ^

jpQiQr ia'«atiBâift>e, se Rvrènt à téutè espècie dé-défft-édMiiHiir»'^ ,'tMliijMiitiR déliMWitec^ tt(s iiDiâbref'VMI

Mi'<^!nU' ^i(Mt ttfl&fiMGf ' ,- é^est ^tM le }èti èist tmérlfl piwidift qiff vègttfcBt «ycfe le pMi tTè^r^ stti^ léft iadii^Wie&tt^ifttlft ^t^làftonmiépecie de MttPê éé'rt^me^éeyf^f et ^'êtt «ohttifisitattt ;^af M afMMr^ ^ef nttt» fe^ttik'otts tôttt-à^liétiirë , léi ekiffM» qui (tëuteni éétmt fà fiiesure 'de là folté de cette population > il sera loisible 9 dlùidùli d^ilSsKïif ' des >aDfi|fe6tdA!S f>lUs «su ihi&ins apphôflfiiâies éttflé Sèttb^'è dfe JdneTirs '^^éllè renfertné. Un

{MkHié^é cèè ^p(sà^ tiSpt^YiÛïà les J(metrH*fti profession en même temps que ctài ^lil éttféétlt des ihtted«4e^ ttlieîlfeâ>«^#|H1niiâéftfe5, bti pdtirra et»Sf m Màûite le liàSlâ^ ^dbàbf è' Ûéà pfeM^^. ' à cat« catégm4è'#f«!lè^ èttit ^ fôitidfé une iimféj d'Sttiant pte^Maft^éuâè q^ feètt-

tmwô fte ïîéâef bteti rtDÎûs à Tèfftpit'e^yé là pafôion qil^*ft^^x:€*fàttt)itô derlà côttVoitîsé 'et de là péryëfaité. Elle se coAlpt)^ é'îttdîfîdttS* âppattéham aîli clàs^eè âirèes de là ôbdëté éi liàtiîfes date* Pàtt. çlé fJifidrfe et de trôinpef. -Ceè Ittdlvldus , dotit Fiiliîq[tiè métier est d'abuser de la bonne foi et de la fôjrafltê éts jmêùh, hbntléttfé 'gen^, ne dbîVéïit pïii'.être au-dessus de loo. Ils sont de là fartrillë flèsf é^rèèi^, mais , paf la polîtés'se .€* îk fettîêrcfeê de ihtitk toanièrts , 4te sortent de' la foulé dé$'joUét*fà/c|ui, d«ns Wi biHài'ds, leâ dafts , \è^ ^tStmihétsl et \^ iêr bârtU , îbht tous lei^ jÂtirs' M ^ ttôùÂfèteeg Vf* titnes. Bu ifcste, ce éhîffrë <îë io6 tfëâ éhdffé^Kd

qtte tJbur taélïtdftf; il se tfCUVé do^ittpK'iè ifeiis (^^

diés ëSCrocâ et flëô Vôîôtrt-S, c[nl s>ra j^oslS'.ét'â^^iL

Les filles "pirMc^ues se dîtiséïit éH dedî iM^é

disônetéi : les fiUës ihsdritetf Sût* lé >ëg{*\re dô fà

préfecture de policé , et fès Ûttës insôtlbdiîses ou lîon inscrite^.

Lés fitles «nfegiâtfèes Ibmailt dëuk (àeégôfiè^

48 CIfASS« OANOEUCUSE.

jpftrlico)ières : les. filles ispl^es ou libres, et les filles dites ée. maisons.

I^es filles isolées sôDt celles . qui habitent des diambres garnies oa qui occupent des. logemens, dont les .meubles leur appaHjennpnt ; elles forment ordinairement les detis tieiai.des fille» inscrites.

Les fiUçsde la* seconde 'catégorie sont celles qui demeurent daiis les lieux de prostitution^ autorisés sQ^s le liom de maisons Jiç tolérance.

On appelle iusoumises les filles qui y n'ayaiU pas été insjtrkes , se liyrent clandestinement à la pi^bstitutipn.

Au ^*'* juillet, 1.836, le nombre des maisons de tolérance était de. j 86.

Celui des fiUfti îjoscritâi s'élevait à 3.8oo. ' Oti estime qiji-îl y a à*peu-près 4*000 fiiles insqutàùlép. $ur ce nooibre, il y en a a^oooy que Ton porte ici seulement pour mémoire, attendu que ce der.nier cbiffre.se trouve compris daus celai de ^vooo meptionné à la fin du 1 ''chapitre du titre I". }j^ agens de. poKce arrêtent habituellement un dou;^ètiie de ces filles par an, pour les contraindre à se faire inscrire , dans l'intérêt de la santé publique.

Parmi lés filles publiques inscrites, il en est un certain nombre appartenant à des pays étrangers; elles sont, par rapport à la ipasse, dans une* pro-

OOCUMBirS STATISTIQUES. 49

portion de i sur 20 enviren. Paris et sa banlieue y comptent pour un quart; le surplus est fourni par les départeniens, dont le contingent décroît en raison de leur population et de leur éloignement; si on excepte quelques départemens manufacturiers du nord et quelques villes de garnison, Ton ne désigne pas de localités qui alimentent le libertinage plus particulièrement que d'autres, comme cela existe à Londres , où la malheureuse Irlande, décimée par la misère, au profit de la débauche, envoie un si grand nombre de prostituées , qu'il est hors de toute proportion avec les contingens fournis par les autres parties de la Grande-Bretagne.

Chaque fille publique ayant un amant ou un souteneur, selon le degré de son éducation et la classe d'individus qui la fréquente, nous admettrons qu'il existe autant d'amans ou de souteneurs qu'il y a de prostituées , c'est-à-dire 7,800.

Quant aux femmes qui tiennent des lieux de prostitution , il faut distinguer entre celles qui sont avouées ou plutôt tolérées par l'administration, et celles bien autrement dangereuses qui agissent dans l'ombre , pour se soustraire à l'action de l'autorité.

Le nombre des premières est le même que celui des maisons de tolérance; il n'est pas en mon pouvoir de déterminer d'une manière certaine le nom- I. 4

$0 déàJSSM PAKGSEBDSS.

bra ^$ MCQuàes ^ mais je ^uis porté à croire , d'àftès jms mtornmtiom f que ce nombre est égal à c^ui des maîtresses de maisons pourvues d'une tOflérwce. AmA j'éyaliie à 371» le total de cette catégorie. .

. Les motif^ qui nous ont empêché de déterminer 1^ nomhfe des joueurs s'opposent également à ce qil^ UQUS fixions celui des vagabonds 9 car cette der^* père qualification s'a{^lique plus encore que la première auK divers élémens de la classe dangereuse. Le vagabond , étant le type originel de toutes les puissances du mal , se rencontre partout où l'on exerce des industries illicite^ ou- criminelles; il en est l'artisan né.

Cependant, un semblable point de vjue étant trop général, il nous a paru convenable de restreindre l'application du mot vagabond k cette partie de la population pauvre qui végète dans les grandes villes, et qui touche à l'état de mendicité par son existence précaire. S[ous comprendrons en conséquence sous la notion du mot vagabond et les adultes qui peuvent entrer dans notre définition, et ces enfans déguenillés qui , privés de leurs parens ou délaissés par eux , ou ayant déserté le toit paternel roulent sur les principaux points de Paris , vivant du produit de quelques commissions assorties à leur âge,

DOCOMENS STATlSTfQCnRS. 5l

OU d'aumônes furtiveii)ent demandées, où de la pratique de petits vols. Nous estimerons le chiffre de ces deux sortes de vagabonds à i ,5oo. Ce cbifA^ie pourra paraître trop peu élevé au premier abord, eu égard à la multitude d'en&ns qui affluent habituellement sur les marehés et les boulevards; mais, si Ton veut bien considérer que je n'ai énoncé que le nombre de vagabonds compris dans le sens strier tement légal du mot , on jugera peut-être que je#e suis pas resté 'au-dessous d'une estimation ra{soB-> nable.

Dans l'impuissance où se trouvent l'administrer tion et la statistique d'assigner le chiffre partiel dés groupes d'individus qui subsistent de fraude et de vol, nous essaierons d'estimer en bloc celui lie la masse tout entière, ce qui nous paraît d'autant plus rationnel, que les différens groupes qui la coœposQBt, représentent autant de variétés du même genre de crime. Nous aurons l'occasion de £3iire CQnçaitre cette estimation dans les détails qui vont suiirrex

Parmi les individus dont se compose la classe dailgereuse, il en est bon nombre qui n'mit ai £su ni lieu, i}s sont les hôtes accoutumés de ces KÛsérabfes repaires ouverts à tous Tenans dans les quartiers les plus pauvres et dans les rues les plus dégoûtant» de la capitaie. Le pris qu'on paie dans ces rédàits,

53 CLASSE DAIfGEREUSE.

est de deux sous à cinq sous par nuit. Les logeurs qui les tiennent sont de deux sortes : les uns ne logent qa'à lanuit^ et c'est le plus petit nombre; les autres reçoivent des locataires aussi bien à la nuit qu'à la semainci au mois et même à l'année. Le nombre de ces garnis, les plus infimes de tous , s'élevait au i" juillet i836 à ^43; ils contenaient ensemble une population d'environ 6,000 locataires ou soit 24 in- 4^vidus^par maison. Les femmes, se livrant à la prostitution ou au vol, y entraient pour un tiers.

Il est à remarquer que le chiffre de ces maisons qui composent la quatrième et dernière classe des maisons garnies décroît chaque année au profit des classes supérieures : ainsi le i^ juillet 1 834, Paris comptait 3^7 logeurs de cette catégorie et en i835, sous la même date, 261 seulement. La comparaison de ces deux nombres à celui de a 43 ci-dessus mentionné et qui se rapporte à 1 836, établit clairement une progression décroissante, ainsi que nous l'avons annoncé. Or, si l'on considère^ d'un autre côté que toutes les autres classes des maisons garnies offrent un:accroissement sensible, il est permis de conclure de ces mouvemens contraires que la classe pauvre va s'améliorant sinon au moral au moins au physique et peut-être sous les deux rapports à-la-fois.

Les individus qui nous occupent ne demeurent

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