‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes, et des moyens de les rendre (volume 3)Chapitre 13 sur 58 · DE LA CLASSE DANGEREUSE · texte numérisé non relu

DE LA CLASSE DANGEREUSE

tion elle-ménie. Les recueils dans lesquels ces faits sont rassemblés forment les annales du pouvoir administratif; ils exposent la suite de ses travaux, et lui servent de jalons pour éclairer et diriget* sa marche. Le public peut y apprécier Tétendue et les difficultés de la gestion de ses propres al&ires et y puiser des renseignemens utiles. Enfin , les corps savans y trouvent des sujets d'étude et de méditation , et quelquefois une source de gloire. Oo ne saurait trop encourager l'alliance de l'administration et de la science. Toutes deux y gagnent en lumières et en progrès assurés. Le pouvoir y gagne surtout en respect, parce qu'il est jugé d'après les conditions fondamentales et vraies de son existence.

Pour revenir à l'objet particulier de nos réflexions, nous pensons que la publication périodique de tableaux ayant pour objet de &ire connaître le mouvement de la classe dangereuse serait d'ui|j^ haute utilité, et que M. le préfet de polipe fournirait au public éclairé l'occasion d'opérer de curiçux rapprochemens, s'il combinait ses publications de inltinière à les faire coïncider avec celles du préfet de la Seine sur la population de la capitale, et, en gêné* rai , sur les principaux objets de l'économie civile.

Je sais que le total de ces tableaux n'ei^primant que le nombre des individus arrêtés ne serait qu'une

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représentation incomplète de la classe dangereuse. Mais on aurait fait ,aa moins un grand pas dans la connaissance de celle*ci, puisqu'il ne resterait plus à évaluer que le chiffre des individus non encore at<teints par la prévention ou se soustrayant aux recherches. Il «serait possible d'arriver à cette dernière évakiation en tomparant le total des préventions ou des condamnations avec la masse annuelle des plain* tes. La résultante qu'on obtiendrait au moyen de cette comparaison pourrait être considérée comme nn aperçu du nombre des individus libres de la classe dangereuse. Je ne l'envisage que comme un aperçu par la raison que le nombre des plaintes dont je parle est sujet à des retranchemens et à des additions qui ne permettent pas de l'admettre comme une donnée susceptible de plus de valeur qu'une appfO'îtimatîon incertaine.

En etet, on tomberaîtdansunégraveerreur si Pon supposait que chaque plainte implique Texistence di un malfaiteur particulier. TJne telle supposition serâît démentie par Pexpérience qui prouve au contraire que les malfaiteurs de profession multiplient indéfiniment les délits etles crimes, suivant les occasions. Il *seràit donc indispensable de prendre cette circonstance en coitsidération dans lafixation du chiffre des malfaiteurs libres; d'un autre côté, il y aurait néces-

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sîlé cTesdiner le nottibrc dei délits et defe crîhiè^s Vibn dénoncés et conséquemment restés sans poursuite. On comprend que ces deux opérations contraires,' tfe se rattachant à aucun document positif, seraient de nature à faire naître les conjectures les plus vaHée^ et les plus étranges, si elles n^étaîent pas laissées â la discrétion d'hommes spéciaux ; aussi , nous pensons qu'il y aurait de la témérité à nous, dans une matière encore toute neuve et hérissée de tant de difficultés, d'émettre une opinion quant au chiffre dont il s'agit. Celui que nous avons mis en avant dans le chapitre I, titre II, est fondé sur une simple présomption communiquée à Ces mêmes hommes spéciaux et qui ne leur a pas paru inadmissible.

Tout ce qu'il est possible de faire en l'état actuel des connaissances statistiques relatives à cette partie de la classe dangereuse, c'est de constater l'absence de tous documens capables de mener à la solution du problème. Cette situation présente un abime de doutes et d'incertitudes, dont l'administration doit s'efforcer de sortir. Je n'ose espérer qu'elle arrive à autre chose qu'à une appiyximation plus ou moins vraisemblable du chiffre inconnu. Mais enfin elle aura frayé la voie dans laquelle on pourra marcher, et ses premiers tâtonnemens, quelque peu assurés qu'ils soient, seront déjà un progrès. L'essentiel

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