CHAPITRE l
Des onrrieri.— QBalitésiDonletqai ditriaguwit let ovfrittrt. — Fialenûté qui les ]ie« — Leur hnauimté emftn les puiTrw. — - Lsnr déToAaest a«c intérêts de l'entreprenenr qui lèt emploie. -* Da mariage et de l'état de concubinage dans les eiawcs (Amères.— EaluM nés hors mariage.— 'Si ven modes d'emploi dn salaire.— Ganses qui attirent Tourrier an ealNuret. •— Chômage dn Inndi. — Excès occasionés par Hutempéraiice. — Femmes et enfans non exempts de ce ▼Ice* — Désordre domestique des indxTidvs qui y sont sujets. — Dettes. — État précaire de la famille.
Quiconque a étudié avec ttn esprit dégagé de prévention les mœurs des classes ouvrières ne peut s'empêcher de reconnaître que ces classes offrent en général de nombreux exemples de vertu. Leurs qualités morales dérivent des vertus primitives de
l'humanité, et il en est plusieurs qu'elles pratiquent aveo un zèle et une simplicité dignesde l'efttiine et de réloge de tous les gens de bien. L*6uvrier est franc, bon, serviable à l'égard de ses camarades et capable du dévoûment le plus vrai pour les entrepreneurs qui l'emploient.
Dans les quartiers dont la population se livre principalement à l'exercice de arts industriels, il est notoire que les ouyrîersy jouissant de quelque aisance , secourent avec une charité active et empressée non-seulement ceux de leurs camarades que la maladie met hors d'état de travailler, mais encore les personnes habitant la même maison qu'eux, avec lesquelles ils entretiei^neat des rapports de bon voisinage. Ainsi , les jours^de paie, ils s'imposent des retenues pour aider aux frais de traitement de leur canâarade malade ; on en voit même qui ajoutent la iâcbe de celui«ci à la leur propre, pour lui ménager la continpation de son salaire durant le cours de sa maladie.
S'il est forcé d'aller à Thôpital , le jour de l'entrée une députation de ses ^camarades vient entourer le chevet de son lit, lui offrir de l'argent , et lui prodiguer des consolations. Lorsque ses forces lui permettent de retourner à l'atelier , ils s'imposent le devoir.de lui chercher du travail; ils se concertent
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pour subvenir à son existence pendant la durée de
lu première quinzaine. EsNil tombé dans la détresse^
par l'effet de quelque événement imprévu 1 ils vien-i
(^nt à son aide par de petites souscriptions, par
un prêt d'argent Ils lui offriront un repas , un gite,
etjces secours proposés avec franchise , constituent
pour celui qui les reçoit une dette qu'il ne pourrait
méconnaître sans déshonneur. Leur sollicitude le
suit dans ses écarts et jusque dans ses actes les
plus condamnables. Dans le premier cas, ils
s'efforcent de le ramener à une meilleure con*«
duite par de bons conseils, par des paroles
indulgentes et amicales; dans le second cas, et
alors même qu'il a commis un délit grave ou
même un crime, ils ne l'abandonnent pas; ils lui
tendent une main secourable, et vont le visiter dana
la prison.
Ce dévoûment n'est pourtant pas acquis à tous în« distinctement. Il est le prix d'un caractère bienveillant, facile, et de bons procédés habituels.
Les voisins de l'ouvrier ayant son ménage reçoîr vent aussi de lui, lorsqu'ils sont dans le besoin et retenus chez eux par la maladie, non des secours en argent, mais du bouillon et des soins après le travail. Quand ils n'ont pas le moyen de se chauffer l'hiver pendant la veillée , il les &it asseoir k son
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foyer; en un mot, il soulage autant qu'il est en lai les maux de ceux qui l'entourent, usant envers eux de la cordialité la plus délicate et la plus touchante.
Les rapports existant entre les entrepreneurs et les ouvriers ne sont pas toujours établis, tant s'en faut , sur une estime et une bienveillance réciproques. Mais lorsqu'un entrepreneur sait se faire aimer de ses ouvriers par une conduite pleine d'intégrité et de justice , ceux-ci rivalisent de zèle pour la prospérité de sa maison ; ils s'affectionnent à sa famille comme à lui-même, et ne laissent échapper aucune occasion de lui en donner des preuves.
La chaleur de cœur dont louvrier est doué aime à se répandre au-dehors. Il est toujours prêt à être utile, soit qu'il s'agisse de porter remède à des accidens particuliers qui lui sont étrangers , soit qu'il faille payer de sa personne dans les périls qui intéressent la sûreté publique.
Combien d'ouvriers , ayant à pourvoir aux frais de maladies de leurs femmes , se sont réduits sans effort aux plus pénibles sacrifices, et n'ont pas hésité à vendre jusqu'à leurs meilleurs vétemens, jusqu'à leur linge ?
Les ouvriers qui vivent en commun avec une femme, se sont unis à elle ou par le lien du mariage, ou seulement par des rapports antérieurs de carac-
BES OUVBIBES. n^
tère et d'affection. Dans ce dernier cas y lorsque un ouvrier est fixé par une jeune fille , il est attire vers elle tant par la sagesse de sa conduite et la commodité de sa modeste demeure que par ses agrémens extérieurs. Si la cbhabitation fortifie en lui le goût que lui avait inspiré d'abord Tobjet de son choix , les liens de leur tendresse mutuelle se resserrent de plus en plus, en telle sorte que , bien que ces liens soient purement volontaires et qu'ils dépendent , pour ainsi dire, du caprice de Tun ou de Taure , ils paraissent désormais indissolubles. Mais si dans les commencemens, la vie commune est sans charme pour l'ouvrier , si sa compagne ne sait pas le captiver et se rendre nécessaire à son bonheur , on se sépare , et l'ouvrier dirige ses recherches vers une autre personne, jusqu'à ce que l'union des cœurs et des caractères ne laisse chez lui aucune place àl'ennui et au regret. Ces épreuves sont chanceuses et redoutables pour la jeune fille, mais quand elle en sort avec avantage, elle est sûre de maîtriser le cœur de celui dont elle a triomphé. Les années sëcoulent , la famille s'accroît, et l'ouvrier vient enfin avec confiance, et comme de lui-même , se placer sous le joug légitime du mariage.
Du reste , les enfans nés hors mariage d'ouvriers qui ont de Tordre et quelque ressource sont traités
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par eux à Tégal d'enfans légitimes; ils les présentent devant l'officier de l'état civil pour faire constater leur naissance et s'en déclarer le père; ils les élèvent sous leur propre noijoiv et ne donnent au public^ par leur façon d'agir à leur égard, comme à l'égard de leur mère , aucune raison de soupçonner l'état de celleci , et, par suite, l'état des enfans. Us les envoient à l'école jusqu'à l'âge de douze ans, époque à laquelle ils les mettent en apprentissage.
Les ouvriers sont ordinairement payés à la fin de chaque quinzaine. Les plus rangés remettent leur salaire tout entier à leurs femmes en se réservant seu^ lement de quoi fournir à leur repas de chaque jour et à quelques petites dépenses imprévues que peut nécessiter la rencontre d'anciens camarades ; d'autres ne leur donnent que la moitié de leur salaire et gardent l'autre moitié pour eux-mêmes. Une.troi* sième classe , en laissant la femme disposer de son propre salaire, lorsqu'elle est ouvrière, se réserve le sien pour en user selon ses besoins et ses convenances. La nature des travaux de l'ouvrier qui sont rudes et fatigans l'oblige à un régime fortifiant, et ce régime ne consiste pas tant pour lui dans une nourriture substantielle que dans l'usage modéré d'un vin pur et naturel. Le vin est pour l'ouvrier plus que pour qui que ce aoit une chose de première néces-