‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes, et des moyens de les rendre meilleuresChapitre 109 sur 156 · CHOIX DES SURVEILLAIS · texte numérisé non relu

CHOIX DES SURVEILLAIS

maître, puisqu'il peut l'ouvrir ou la fermer à volonté. Celui-ci n'est plus en présence d'un groupe plus ou moins considérable de détenus, auxquels il doit imposer par une contenance sévère, mais en présence de ce même groupe, disséminé dans des cellules et fractionné en autant d'unités qu'il renferme d'individus. Il est évident, d'après ce rapprochement, que dans le nouvel état de choses, le surveillant doit échanger ses allures sévères contre des allures à-lafois bienveillantes et circonspectes. Son ministère n'est plus un ministère de défiance et de force, il devient im ministère d'instruction et de réforme, sans dépouiller néanmoins le caractère de contrainte, qui est son principal attribut.

Ces qualités sont désormais nécessaires à tout surveillant dans la pratique de la réclusion séparée, mais elles sont plus particulièrement requises de la part de ceux qui seront préposés à la garde des jeunes détenus. En effet, l'inexpérience de ceux-ci, les misères quelquefois imméritées de leur situation , la fatalité de leur naissance et d'autres circonstances non moins propres à appeler l'intérêt sur leur sort, commandent à leur égard autant d'indulgence que de fermeté.

Cet assemblage de qualités ne peut se rencontrer avec certitude que chez des personnes vouées au rôle

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