‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 176 sur 337 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Du mariage considéré dans ses rapports avec les classes laborieuses. — Examen des motifs qui éloignent une partie de ces classes de l'état de mariage et qui la portent à vivre en concubinage. — Puissance de l'exemple. — Défaut d'argent pour subvenir aux dépenses qui précèdent et accompagnent le mariage. — Du sort destiné à \a femme libre dans la classe pauvre . — Détails de mœurs à ce sujet. — De l'influence du concubinage sur les enfans. — Associations bienfaisantes instituées pour favoriser le mariage parmi les classes laborieuses, et pour en faciliter l'accomplissement. — Travaux et bienfaits dus à cette association.

Le mariage est le fondement légitime de la famille, et le garant le plus sûr de l'ordre social. C'est lui qui consacre l'union des sexes et l'état civil des enfans. C'est par lui que la femme est élevée à la dignité d'épouse, et qu'elle est honorée dans la société non moins que dans l'enceinte de ia famille. D'autre part, l'homme reçoit de la qualité d'époux des droits et une autorité que nul ne peut lui contester, parce qu'ils dérivent de la loi autant que de la nature. Les bonnes mœurs sont de l'essence même du mariage ; elles assurent la concorde et le bien-être de la famille, en même temps qu'elles affermissent

la morale publique. La famille dans l'ordre civil n'existe que par le mariage, et la société que par la famille.

Quoique le mariage paraisse au premier aperçu un fardeau pour le pauvre , il lui procure en réalité un foyer, une compagne, et les douces affections de la paternité ; il lui procure aussi l'estime publique, parce que la nature de son union témoigne de l'honnêteté de ses sentimens. Malgré les avantages moraux que le pauvre retire du mariage , avantages qui contribuent au développement de son bien-être matériel , il est pénible de dire que beaucoup d'individus appartenant à la classe laborieuse semblent ne pas les comprendre ou ne pas les apprécier, puisqu'ils vivent en état de concubinage.

Essayons de fixer les motifs qui peuvent engager ces individus à décliner ainsi le joug légal du mariage.

Les habitudes bonnes ou mauvaises sont toutes puissantes parmi les gens du peuple ; ils agissent par imitation , et quoiqu'ils sachent que le concubinage est un état contraire aux règles de la morale et aux coutumes de la société , ils ne se feront pas scrupule de subir la honte de cet état, si leurs compagnons sont eux-mêmes concubinaires. Représentezleur les inconvéniens d'une union illégitime pour les

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