SUR LES ENFANS DU PEUPLE
de théâtre sur déjeunes têtes, et combien l'administration a droit de se montrer jalouse de ia moralité de la scène.
Le plaisir du spectacle, qui chez les enfans d'un âge encore tendre , n'est satisfait que par exception et presque par surprise , devient une habitude chez les apprentis. Ceux-ci , et principalement les jeunes gens qui vivent sous le même toit que leurs maîtres d'apprentissage, ne sortant de l'atelier que le dimanche, reçoivent ce jour-là une petite somme qu'ils emploient à passer leur soirée au spectacle avec l'agrément de leur maître, qui y va lui-même avec sa famille. Lorsque de telles habitudes existent dans les classes laborieuses, pourrait-on ne pas s'inquiéter de la direction et des applications de l'art dramatique. Supposé que la censure eût permis la représentation d'une pièce capable d'exciter de mauvaises impressions dans le cœur des spectateurs; supposé que la presse eût montré, de son côté, trop d'indulgence pour l'ouvrage ou pour l'auteur, ne serait-il pas heureux que des hommes bons et sages, unis entre eux par le désir d'épurer le théâtre et de protéger les mœurs publiques, suivissent exactement les premières représentations des nouvelles pièces pour en étudier les effets moraux et pour faire part de leurs observations à l'autorité chargée