Ô2 INSPECTEURS DE POLICE
qui n'est pas moindre de 600 francs, il leur importe encore davantage de maintenir ces filles en état de servitude, afin de pouvoir en tirer parti, le plus long-temps possible. Et le moyen le plus sûr pour cet effet, est d'entretenir en elles l'esprit d'imprévoyance et de désordre qui les caractérise toutes par une suite nécessaire des traditions corruptrices de leur métier.
Les inspecteurs de police ont le droit et le devoir d'arrêter les prostituées à des heures indues ou lorsqu'elles portent atteinte à certaines dispositions des réglemens qui les régissent. D'après la rumeur publique, il semblerait que l'arbitraire préside quelquefois à ces arrestations, c'est-à-dire que plusieurs filles, surprises en contravention par les inspecteurs, parviendraient à se délivrer de leurs mains à prix d'argent ou par des condescendances équivalentes, tandis que d'autres, dont la faute ne serait pas plus grave, mais qui n'auraient ni les moyens de leur plaire, ni les moyens d'acheter l'impunité de leur faute, subiraient, au contraire, toute la rigueur du règlement.
Le bruit de ces transactions illicites est particulièrement répandu à Saint-Lazare , lieu de détention des filles punies administrativement : il a pris une telle consistance, qu'on doit supposer qu'il repose