PHASES DIVERSES
de prévenir la corruption, ne fit que la rendre plus ingénieuse et plus active par une communication toujours nouvelle.
L'administration du pénitencier espéra remédier à l'inconvénient de l'alternat des prisonniers, dans les files, par le maintien de la promenade à deux. On assortit ou l'on prétendit assortir les promeneurs par moralité, et cette répartition qui aurait dû en apparence créer des relations et des sympathies moralisantes donna naissance à une telle incompatibilité d'humeur, que la plupart des détenus se promenaient sans se parler ou prenaient le parti de se promener seuls, en silence, pendant des mois entiers. Cette dernière épreuve enhardit l'administration à introduire la règle du silence dans toutes les parties de la maison , aussi bien à la promenade et au réfectoire , que dans les ateliers et dans les cellules. 11 fut ordonné que pendant les heures de récréation , les détenus se promèneraient isolément laissant quelques pas de distance entre un promeneur et l'autre. On usa de beaucoup de fermeté pour assurer l'observation du silence partout ; néanmoins les efforts des surveillans et des employés de la maison échouèrent contre la ruse et les stratagèmes des détenus. Les punitions les plus sévères furent aussi impuissantes que la surveillance.