‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 264 sur 337 · RÉPONSE A QUELQUES OBJECTIONS · texte numérisé non relu

RÉPONSE A QUELQUES OBJECTIONS

qu'il y a même raison de procéder à l'égard de ceux-ci qu'à l'égard des premiers. La religion devrait même abdiquer momentanément ses formes ordinaires , pour s'insinuer avec plus de facilité dans les cœurs incultes et endurcis des criminels, dont l'éducation lui est confiée. Les idées religieuses, dans leur orthodoxie, n'auraient aucune prise sur des hommes dépourvus de toute croyance, et par dépravation et par orgueil. Instruits de la tiédeur publique pour tout ce qui est exercice de religion , ils seraient d'autant moins portés à contracter des habitudes de ce genre, que, devenus libres, ils pourraient s'en dispenser impunément et sans scandale. Le concours de la religion, que la réclusion séparée exige plus impérieusement et comporte mieux que tout autre mode de détention , pourrait donc être employé en France aussi bien qu'en Amérique , et comme tempérament et comme moyen de réforme. Mais ce concours ne serait efficace qu'autant qu'il prendrait son point d'appui dans la morale. Au lieu d'affecter de voir une marque de tiédeur religieuse et même d'incrédulité dans le langage de ceux qui invoquent l'alliance de la morale et de la religion, et qui convient les prêtres de toutes les églises, à se rallier à ce symbole sacré, le clergé ferait plus sagement s'il voulait reconnaître dans l'unanimité de ce vœu,

CONTRE LE PRINCIPE DE LA SÉPARATION. 3î2I

l'expression d'un sentiment universel et la nécessité de faire fléchir la rigueur du dogme , devant la simplicité de la morale religieuse, (i)

Après avoir discuté les objections les plus générales , élevées contre le principe de la séparation individuelle , essayons de formuler l'application de ce principe, considéré dans ses rapports, soit avec les maisons de discipline des jeunes détenus , soit avec les maisons de correction et de force , destinées aux condamnés proprement dits.

(i) Dans unelettre du 25 décembre i838, adressée à M. Mor eau-Christophe , M. Ramond de la Sagra paraît avoir renoncé à l'opinion qu'il avait émise sur l'incompatibilité du caractère du condamné français avec la réclusion séparée. Voy, le n° i Aela Correspondance pénitentiaire, publiée par M. Moreau-Christophe.

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