ORGANISATION DE LA POLICE A PARIS
la circulation sur la voie publique, à assurer l'exécution des réglemens concernant les poids et mesures et la salubrité des comestibles et liquides exposés en vente , enfin à pourvoir par les mesures convenables à tous les objets qui se rattachent à l'hygiène publique.
Les intérêts sont aussi de son ressort, puisqu'elle a le droit d'autoriser et de surveiller les établissemens industriels qui peuvent influer sur la salubrité, les messageries et voitures publiques, les étalages mobiles, les hôtels et maisons garnis, enfin les usines, appareils et établissemens, qui par leur destination spéciale comportent l'inspection de ses agens.
La police se divise en deux branches; savoir, la police administrative et la police active.
La première, qui n'est autre que l'administration proprement dite, arrête les mesures à prendre.
La seconde a pour mission d'assurer l'exécution de ces mesures.
Les commissaires de police concourent à la police active, dans leur circonscription respective, c'est-à-dire, dans les 48 quartiers de Paris. Ils ont près d'eux un secrétaire et un inspecteur. Les huit commissaires les plus occupés ont deux inspecteurs au lieu d'un.
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La sphère d'action de chaque commissaire de police resle ouverte dans toute son étendue aux investigations d'autres agens placés sous la direction d'un chef différent. Ce dernier est chargé de la police municipale sur tous les points de Paris. L'objet de ce service est le maintien de la tranquillité publique et du bon ordre; la surveillance qui s'y rattache est divisée entre les officiers de paix et restreinte à chaque arrondissement municipal. Douze de ces officiers sont spécialement préposés à cette surveillance, en raison du nombre même d'arrondissemens.
Les officiers de paix veillent au maintien de la paix publique , arrêtent les déliquans et les conduisent immédiatement devant les commissaires de police. Leurs fonctions sont analogues à celles des constables anglais. Ils ont sous leurs ordres des brigadiers, des sergens de ville, des inspecteurs et réunissent plusieurs fois le jour leurs agens dans un local, dont ils disposent sur l'arrondissement confié à leur vigilance. Ces agens sont formés en brigades.
Indépendamment des douze officiers de paix ayant territoire, il en est douze autres attachés au bureau central du chef de la police municipale et qui sont employés à différentes opérations : ce nombre de vingt-quatre officiers de paix est le même que celui qui fut établi par la loi de leur institution.
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D'autres agens sont encore attachés à la police municipale pour l'inspection des hôtels et maisons garnis et pour les rondes de nuit, deux services très importans.
À la police municipale qui est une subdivision de la police, il faut joindre une autre subdivision; connue sous le nom de service de sûreté. Il convient de définir clairement le mandat de cette dernière partie de la police, pour éviter toute confusion avec la police municipale.
Le service de sûreté a été organisé pour la surveillance, la recherche et la capture des individus prévenus de crimes ou de délits , pour la recherche et la reprise des condamnés évadés et pour la surveillance des libérés.
Ce service se compose d'un officier de paix, chargé de le diriger et ayant sous ses ordres un inspecteur principal, des brigadiers, sous-brigadiers et des inspecteurs, formant ce qu'on appelle les agens ostensibles du service de sûreté.
Ces agens qui ont des appointemens fixes sont distincts des agens secrets et des indicateurs qui ne reçoivent que des indemnités mensuelles, proportionnées aux services qu'ils ont rendus ou des récompenses pour leurs indications.
La mission des agens secrets consiste dans les i. ïo .
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recherches et les investigations nécessaires pour éclairer les démarches des malfaiteurs et pour faciliter leur arrestation, lorsqu'ils sont dans le cas d'être déférés à la justice.
Quant aux indicateurs, ce sont des hommes qui, ayant des rapports plus ou moins directs avec les malfaiteurs, se déterminent par la crainte des châtimens et par l'appât d'une récompense, à révéler leurs actions ou leurs projets à l'autorité, et à lui signaler les lieux où ils déposent le fruit de leurs rapines. Ces sortes de révélateurs sont les auxiliaires les plus puissans du service de sûreté ; mais leur rôle est de courte durée, parce qu'ils sont bientôt soupçonnés par les malfaiteurs et éloignés par leurs menaces.
L'administration obtient quelquefois des révélations importantes de la part des malfaiteurs euxmêmes. Ces révélations sont ou spontanées ou provoquées par la police, qui, dans ce cas, met à profit tous les adoucissemens, dont elle peut disposer en faveur des prisonniers pour capter leur confiance et les amener à des communications, propres à lui faire connaître sinon leurs complices dans les méfaits dont ils sont accusés, au moins les individus qui auraient trempé ou pu tremper dans certains crimes entourés jusque-là d'u n mystère impéné-
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trable. Les indications obtenues de la sorte , même les moins précises, mettent souvent la police sur la trace des malfaiteurs, les plus rusés et les plus dangereux. Les femmes , qui ont eu des relations avec les prisonniers , dont l'administration attend des avis utiles pour la direction de ses recherches ; ces femmes, dis-je, exercent sur leur esprit un ascendant extraordinaire. L'autorité, au milieu des plus graves embarras, s'est procuré par leur entremise, les renseignemens les plus précieux dans l'intérêt de la sécurité publique.
Le service de sûreté a été placé , quant à l'action, sous les ordres supérieurs du chef de la police municipale, afin de lui assurer la coopération des agens de cette partie de la police, lesquels sont également aidés, suivant les occurrences, dans l'accomplissement de leur tâche, par les agens de service de sûreté. Le contrôle administratif des opérations, appartient au chef de la ire division de la préfecture de police.
L'hôtel de la préfecture est, du reste, le siège de quatre brigades centrales, toujours prêtes à se porter là où le besoin exige. Une de ces brigades reste néanmoins en permanence à la préfecture.
Il résulte de ces diverses notions que le but de la police municipale proprement dite, est la constata-
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tion et la répression des infractions de police, et que celui du service de sûreté, est la constatation et la répression des crimes et délits.
Les commissaires de police sont tenus en éveil par l'espèce de contre-police, exercée par le chef de la police municipale, et ce fonctionnaire, lui-même, est excité à remplir ses devoirs par la vigilance continue des commissaires de police et de leurs agens.
Je ne parlerai point de la troisième subdivision de la police, qui est la police politique } parce qu'elle est étrangère à mon sujet.
MOEURS DES JOUEURS. j/jQ