‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 312 sur 337 · DANS LES DÉPARTEMENS · texte numérisé non relu

DANS LES DÉPARTEMENS

n'aurait pas l'occasion d'y exercer sa profession d'une manière assez soutenue pour pouvoir gagner sa vie ; enfin, ils multiplient à plaisir les difficultés et les entraves , afin d'éloigner de leurs administrés des hommes dont la présence est , à tort ou à raison , dans les petites localités aussi bien que dans les grandes, un sujet perpétuel de soupçons et de crainte.

Lorsque le libéré est attiré dans une commune par la bienveillante compassion de ses parens, ou de quelque chef d'atelier dont il fut connu avant l'époque de ses désordres et de sa condamnation , l'autorité ne peut que tolérer son séjour, mais il est signalé aussitôt à tous les agens de la force publique, et de ce moment , il est voué à une surveillance ombrageuse, sévère, tracassière. Il doit s'imposer la plus grande circonspection dans ses paroles et dans ses actes, l'humilité la plus complète dans ses allures, pour ne pas exciter la bile et la colère du sergent de ville, du gendarme et même de l'agent le moins considéré ; tout ce qu'il peut attendre de la générosité de ses surveillans , c'est qu'ils taisent sa qualité parmi le peuple. Heureux , si quelque indiscrétion ne vient pas trahir le secret de sa faute et de sa condamnation. Dès que le voile qui couvrait sa qualité délibéré est déchiré, chacun l'évite ou Ie

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