CONSIDÉRATIONS SUR LES CAUSES DU VOL
Voilà le secret de plus d'un suicide. Montrons maintenant par quel enchaînement de circonstances l'honnête homme malheureux est amené à dérober la chose d'autrui.
L'industrie est sujette à des chômages forcés et à des crises plus ou moins prolongées, qui compromettent non-seulement l'existence de l'ouvrier, mais encore celle de sa famille. Les discordes civiles, heureusement plus rares, produisent le même résultat, en ce qu'elles altèrent la confiance publique, resserrent les capitaux et affaiblissent par cela même les sources du travail, quand elles ne les tarissent pas. La cessation du travail, le trouble momentané apporté à son action, sont des calamités qui pèsent sur tous, mais principalement sur l'ouvrier, parce que celui-ci n'ayant d'autre ressource que son salaire, ce n'est que dans une production ou un emploi continus qu'il peut espérer de trouver des moyens d'existence assurés. La disette et la contagion, justement redoutés, sont pourtant moins dangereux pour l'ouvrier que les grandes crises industrielles et politiques; et la raison en est qu'en augmentant les difficultés de la vie, elles ne paralysent pas l'action du travail.
Durant ces intervalles de convulsion et d'épreuve, l'assistance publique , quelque empressée qu'elle