‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes (volume 2)Chapitre 80 sur 337 · DE LA COMMANDITE DE TRAVAIL · texte numérisé non relu

DE LA COMMANDITE DE TRAVAIL

la gestion de la société sans la compromettre par des agitations continuelles et les résolutions les plus contraires? Qu'attendre, sous ce rapport, d'une masse d'hommes illétrés pour la plupart, et qui, dès-lors, seraient incapables de comprendre le plus souvent l'objet des questions mises en délibération. L'impossibilité de donner voix délibérative à l'ouvrier a été sentie tout de suite, et l'on a songé à lui assigner le rôle d'un associé commanditaire en substituant le travail à la mise de fonds. Mais ce nouveau mode de commandite qu'on appelle la commandite du travail sera-t-il régi par les mêmes conditions que Ja commandite ordinaire? Rendra- t-il l'associé passible des pertes, à l'instar du bailleur de fonds qui les supporte jusqu'à concurrence de sa mise? Des pertes! comment l'ouvrier à la journée qui vit de son salaire, lui, sa femme et ses enfans, serait-il astreint à payer sa part des pertes ? On ne pourrait les imputer que sur ses bénéfices, car toucher à son salaire, ce serait attenter à l'existence de sa famille autant qu'à la sienne ; cependant, les bénéfices ne se réalisent, pas immédiatement , puisqu'ils dépendent du paiement des fournitures et que ces fournitures ne se règlent pas seulement en espèces, mais aussi en papier ou en marchandises. On ne saurait donc compter, à l'égard de l'ouvrier, sur

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