‹ Des classes dangereuses de la population dans les grandes villesChapitre 26 sur 93 · DÉS BIBLIOTHÈQUES POPULAIRES · texte numérisé non relu

DÉS BIBLIOTHÈQUES POPULAIRES

travaux , consacrer à des lectures utiles et amusantes le temps qui , ailleurs ^ est donné au désœuvrement et trop souvent au cabaret et à la débauche. En Ecosse j on fait usage d'un moyon aussi ingénieux qu'économique y pour varier la lecture de ces bibliothèques populaires, sans augmenter le nombre des ouvrages qu'elles renferment. Les administrateurs des bibliothèques d'une division territoriale , comprenant plusieurs communes , se concertent entre eux pour faire des échanges de leurs livres , ou plutôt pour créer avec leurs propres moyens , le fonds d'une bibliothèque centrale dont les livres sont échangés tous les six mois. Ainsi, six bibliothèques particulières ou communales peuvent avoir la propriété indivise de i,î200 volumes, dont aoo restent successivement pendant six mois dans chacune d'elles, et ne reviennent qu'au bout de trois ans dans celle où ils avaient d'abord été placés.

Cette institution des bibliothèques populaires est de la plus haute importance et pourrait avoir les plus heureux résultats parmi nous. C'est en faisant prévaloir l'intelligence chez l'homme laborieux , qu'on imposera silence aux instincts brutaux, qui le sollicitent et le dégradent dans l'état d'ignorance où il est plongé. Beaucoup de gens de bien l'ont compris et ont déjà doté leur ville natale, sinon de

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bibliothèques proprement dites, au moins de collections d'ouvrages élémentaires à l'usage des classes ouvrières. Les petites communes comme les grandes villes seraient dans le cas de participer également à cette immense distribution de lumières et de plaisirs. Les propriétaires les plus aisés dans les communes rurales devraient se cotiser entre eux pour établir le premier fonds de ces petits centres littéraires, qu'on étendrait peu-à-peu, à mesure que quelque bon livre à la portée du peuple viendrait à paraître. Les bibliothèques destinées à la population agricole se composeraient nécessairement d'ouvrages élémentaires sur les sciences agronomiques, appropriés par la nature de leur objet aux besoins de cette population , sans compter les livres d'histoire, de géographie, de morale et de religion, qui formeraient la base de ces bibliothèques cominie de celles des villes.

Paris, en raison de sa division par arrondissement, se prêterait mieux que toute autre grande cité à la création de ces établissemens. Il suffirait pour réaliser un «tel projet de recourir au zèle d'hommes sages, bienfaisans et animés d'un dévoûment sincère pour les intérêts du peuple. Le conseil municipal pourrait se charger des dépenses de premier établissement, telles que le loyer d'un local propre à re-

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