DE LA CLAJSSE PAUVRE
honnêtes et économes les moyens de se procurer
un logis en rapport avec leurs besoins, et capable
de Êdre naître, chez eux , des goûts de retraite et de
paix domestique si favorables aux bonnes mœurs.
C'est, surtout, sous ce dernier point de vue , que
i amélioration des habitations de la classe pauvre et
laborieuse peut être rangée parmi les préservatifs à
opposer aux habitudes vicieuses.
Tai fait connaître, dans la première partie de cet ouvrage^ que le domicile des ouvriers à Paris se partageait en plusieurs catégories d'habitations; que les ouvriers sédentaires et chefs de famille demeuraient comme le grand nombre deshabitans dans des maisons particulières; que les ouvriers célibataires ayant leur résidence habituelle à Paris, ou n'y séjournant que pendant la durée des travaux, logeaient dans des chambrées libres ou dans des chambrées tenues par des logeurs de profession, ou enfin dans des cabinets garnis que leur louaient ces mêmes logeurs. Le loyer étant une des dépenses domestiques les plus indispensables et les plus importantes , l'ouvrier, père de famille , pressé par d'autres besoins de première nécessité , doit naturellement réchercher les habitations les moins coûteuses. Or, ces habitations, nous venons de le dire, n'existent que dans certains quartiers et dans certains rues de ces quar-
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tiers : ce sont des maisons vieilles, délabrées et mal tenues. Les propriétaires, pour en tirer parti , en mettent les logemens à bas prix et y attirent ainsi des familles pauvres. Si ces logemens étaient salubres, s'ils étaient suffisans pour tous les membres de la famille, la critique n'y aurait rien à reprendre; mais ils sont sales, mal éclairés^ mal fermés. Ils sont étroits, et comme les parens et les enfans vivent et couchent dans la même chambre, l'encombrement qui en résulte est une cause d'insalubrité en même temps qu'il offense les bonnes mœurs. D'un autre côté, le mauvais élat et la malpropreté des allées^ des latrines et des cuvettes où sont versées les eaux ménagères, donnent lieu à des exhalaisons infectes qui vicient l'air de ces humbles demeures et altèrent la santé de leurs habitans d'une manière d'autant plus fâcheuse, que la plupart de ceux-ci travaillent toute la journée dans des ateliers mal aérés et pleins de nombreux ouvriers.
La construction mal ordonnée de ces maisons et leur état de vétusté, ne permettent guère de les assainir complètement. D'ailleurs^ les propriétaires, n'en retirant qu'un faible revenu, ont toujours des prétextes plus ou moins spécieux à alléguer pour refuser ou pour ajourner des réparations qui viendraient encore en atténuation de leurs produits.