SECTION II
Écoles élémentaires gratuites pour les garçons. — Etudes assorties dans ces écoles aux besoins des classes laborieuses. — Ecoles privées, extension illimitée des études danâ ces écoles. —Difficultés de ftiettre des bornes à l'ambition des païens et des élèves. — • Impuissance de l'adiainistratlon sous oe rapport « en raison de la liberté cle l'industrie* — Avantages qni balancent les inconvéniens de cet état de choses. — Enfans employés tians les fabriques. -^ Leur état pbysiqnft et moral dans certains départemens et 6 Paris» — • Nécessité d'une réforme à l'égard de ces enfans. — Données fournies sur celte question par les chambres de commence, des manufactures et des conseils de prud'hommes. •— Totesdes grands conseils sur la même question. -—Examen de ces votes. — Age d'admission.-— Aptitude physique^ — Durée du travail. —Distances à parcourir par les enfans pour se rendre dans les fabriques et pour regagner Ibur demeure. — Vues d'amélioration sur ces points essentiels. — De l'instruction de l'enfant préparatoire à l'en» trée èb fabrique. •*- Instruction cbmplémentaire. -« Nécessité de rendre l'instruction obligatoire et pour les enfans des fabriques et pour les apprentis de tous les arts indo«rtriels. — Distinction à ftiire entre l'industrie mannfactarière et les professions mécaniques, quant à l'union de l'apprentissage avec l'instrtiction. — Point de départ de cette nnion, en ce qui touche ces dernières professions. Instrnctions morale et religieuse dss enfans. — Prévisions de l'admlnistratioa. à cet égard. — Cours normal publié à l'usage des maîtres pour l'éducation des enfans. —Question des vacances. — Inspection des é«olé8.
Les enfans recueillis dans les asiles en sortent, dès l'âge de cinq à sept ans, pour entrer dans les écoles proprement dites. Ces écoles sont dirigées ou d'après le mode simultané, ou d'après le mode mutuel. Les enfans qui les fréquentent, étant destinés à l'exercice des arts industriels, il leur suffît de recevoir une bonne instruction primaire. L'économie de cette instruction a été réglée par la loi , de manière que les connaissances dont elle se compose sont suffisantes pour éclairer un simple ouvrier, comme elles sont propres à former le contre-maître, par lequel il doit être conduit.
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Toutefoiè^ quoique le législateur ait essayé de satisfaire tous les intérêts , et qu'il ait ménagé auï classe» inférieures, qui jusqu'alors avaient été négligées^ les moyens de se faire jour^ par l'instruc3tion, daqs la Toie du bien-être, il n'est pas en son pouvoir de maîtriser la volonté de ceux en faveu^ de qui il a disposée £n les mettant k portée de s'ë^ clairer^ et par Gonséqtient d'améliorer leur position^ était'-il coiivenable , était^il possible qu'il leur dit : Vous n'lrei& que jusque-là? Non , sans doute. Il devait y ainsi qu'il l'a fait, laisser à l'ambition particu*lière Un libre essor ^ sous peine d'encourir le fe* proche de comprimer d'une main le mouvement qu'il aurait fait naître de l'autre^ La base fondamen«> taie sur laquelle repose nôtre ordre soda! est la liberté sous la loi. Du moment que cette liberté agit . daûs le cerde qui lui a été ti*âcé par le pouvoir àhvil^ elle est irrépréhensible j en tant qu'elle ne pl-é^ judicie aut droits de qui que ce soit; Or^ là tnise eh pratique de te principe appliqué à l'instruction, ôu, ce qui est là même chose > au travail, à Tindustrle^^ comporterait-elle d'autres limites que celle du droit des tiers? Si, sdus prétexté de la régulariser, ott la soumettait à d'autres entraves, des entraves ne tnéneraient-elles pas à la résurrection des castes, au ré*tabliasettient du régime prohibitif et du privilège?
l6 ÉCOLES PRIVÉES.
Outre qu'une pareille entreprise serait incompatible avec l'esprit de nos institutions politiques et avec nos mœurs, elle rencontrerait dans l'exécution une foule d'obstacles, soit de la part de l'intérêt individuel, soit de la part de l'intérêt public sainement entendu. Les écoles primaires se divisent en deux classes distinctes : les écoles gratuites, défrayées par l'administration municipale ; et les écoles payantes, établies et soutenues par l'industrie privée. Le pauvre qui apprécie l'utilité de l'instruction envoie ses enfans aux écoles gratuites, et ne peut guère les envoyer que là. En parlant du pauvre, j'entends désigner ici celui qui est porté sur le rôle des indigens, et secouru comme tel, et, en outre, celui qui, répugnant dans son malheur à profiter de l'assistance publique, est pourtant contraint à placer ses enfans dans les écoles gratuites, afin d'échapper à l'humiliation de recevoir, à titre d'aumône , la somme qu'il dépenserait pour payer Tipstruction de ces mêmes enfans. liéanmoins, à côté de ces pères de famille plus ou moins malheureux, il est des individus dont les moyens d'existence sont bornés, incertains, et qui, rachetant par l'intelligence, l'activité et l'ordre, ce qui leur manque du côté du bien-être, préfèrent envoyer leurs enfans aux écoles privées ou payantes, plutôt que