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perverse, et ce qu'il y a de déplorable dans ces mé* nagemens, c'est qu'on ne craint pas de les expliquer par le respect dû à la liberté individuelle, comme s'il. y avait quelque chose de commun entre cette liberté sacrée et celle qui menace incessamment l'ordre public et la sécurité sociale.
On nous dira : Mais comment distinguer entre le fainéant qui se complait dans la paresse et à qui le travail est antipathique, et le malheureux ouvrier privé momentanément de travail par suite d'un chômage forcé ? La distinction est facile ; il n'est besoin que de consulter les antécédens des deux individus» Dans l'un, ces antécédens mettront en lumière une répugnance constante pour les habitudes laborieuses et régulières qui sont le propre de tout honnête homme, de tout homme qui se respecte. Dans l'autre, ils montreront un travailleur diligent, à qui l'ouvrage manque , et à qui , d'un autre côté , l'oisiveté pèse autant qu'elle est douce pour le vagabond véritable.
D'ailleurs, en supposant que les premiers rensei-
gnemens de l'instruction n'eussent pas édifié les magistrats qui en sont chargés sur les sentimens d'un tel homme, et qu'il fut traduit devant le tribunal correctionnel sous l'inculpation de vagabondage, est-ce que les témoignages que le prévenu pourrait
494 '— yAGA]30]fI>S ET LIB£Ris;
invoquer en sa faveur, pendant les débats, ne rétabliraient pas infailliblement la vérité et ne feraient pas tomber sur-le-champ une prévention sans consistance ? Il y a des gens pour qui le tnot vagabond est un mot vide de sens, ou une de ces appellations que le despotisme met en avant pour colorer quelque acte arlHtraire. Us le raieraient volontiers du code, s'ils en étaient les maîtres^ Vous avez beau leur dire que l'état de vagabondage est un achemi* nement à celui de malfaiteur, qu'ils se confondent même souvent l'un et l'autre, ils ne verront dans le vagabond qu'un malheureux sans feu ni lieu et sans moyens d'existence, et ne feront pas attention que son dénùment et son défaut de domicile ne doivent être imputés qu'à lui, à sa couardise, à son désœu^ vrement habituel et à ses vices.
La pitié est sans doute un sentiment redpeclabl^ mais ce sentiment peut être nuisible s'il n'est pas éclairé , et , en se montrant indulgent envers celui que la loi déclare un être dangereux, on court risque de compromettre l'intérêt deâ honnêtes gens, qui ont bien aussi quelque titre aux faveurs de ce que certains philanthropes appellent l'humanité.
Je me suis abstenu avec le plus grand soin de faire du vagabondage une question philosophique ; je me suis appliqué à l'envisager sous le point de vue légal,
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parce que j'avais à cœur de proposer une solution immédiate et applicable pour contraindre le .vagabond au travail. Or, ce moyen coercitif est écrit dans le code pénal, au paragraphe de la mendicité. Il tend à renfermer l'homme valide ou infirme convaincu de mendicité dans un dépôt , après l'expiration de sa peine , pour s'y livrer , suivant son aptitude ou ses forces, à une occupation ou à un travail ; et mon but est d'étendre cette disposition aux vagabonds , en faisant intervenir l'autorité judiciaire^ non-seulement pour en provoquer lapplication, mais pour fixer le terme de cette seconde détention, qui est moins pénale que destinée à procurer au vagabond libéré les moyens de rentrer dans la société avec quelques ressources^.
L'article 2274 du code pénal ^ sur la mendicité^ n'ayant point assigné de terme à la détention du mendiant dans l'établissement affecté au séjour et au travail de cette classe de délinquans, il serait im* portant que le législateur déterminât d'avance ce terme, en le subordonnant au gain et à l'accumula-^ tion d'une somme d'argent qui ne pourrait être moindre y par exemple , de 1 5o fr. Le mendiant in-» firme ou impotent serait seul privé du bénéfice de cette nouvelle disposition , à moins qu'il ne fût réclamé par ses parens ou amis , qui s'engageraient à
4g6 YAGABOHDS ET UBlÉRis;,
pourvoir à ses besoins , auqael cas il pourrait être relaxé.
Le même terme pourrait être prescrit à la se* conde détention du vagabond, dont la définition embrasserait le vagabond proprement dit et tous les libérés ou repris de justice en général.
Nous venons de parler des vagabonds adultes. Ne serait-il pas important pour la morale et la sécurité publique, que le législateur songeât à réprimer avec plus de force le vagabondage des enfans de moins de seize ans? Présentement, Tenfant quia déserté le toit paternel n'est susceptible d'arrestation que lorsqu'il n'a point de gîte et qu'il est recueilli à une heure indue sur la voie publique; s'il a de quoi payer son coucher dans quelque méchant taudis , il ne peut être taxé de vagabondage, dans le sens que la loi actuelle ou la jurisprudence prête à ce mot.
Cette façon d'entendre le mot de vagabondage appliqué aux enfans me parait contraire au respect dû à l'autorité paternelle, et à l'intérêt général^ dont la cause se confond naturellement avec celle de la famille. En effet, du moment que l'enfant a quitté sans permission la demeure de ses parens et qu'il a rompu avec eux , il est en état de révolte contre les lois , qui proclament , que l'enfant doit , à tout âge, honneur et respect à ses père et mère, et qu'il ne
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peut se soustraire k leur autorité avant rémancipation ou rage de majorité. La puissance publique ne doit-elle pas, dans ce cas, venir au secours du père de famille et l'aider à recouvrer ses droits méconnus? A-t*elle besoin d'attendre que les parens réclament son intervention et son appui ? Les lois de la morale, si ces lois seules étaient en vigueur, ne Fautoriseraient-elles pas à agir de son propre mouvement et à faire arrêter par ses agens Fenfant qu'elle verrait habituellement oisif et errant^ pour le mettre face à face avec les membres de sa famille connus, et l'obliger de rentrer dans le domicile pa« ternel, ou le traduire devant les tribunaux pour le faire élever dans une maison de correction.
La loi pénale, nous venons de le dire, a renfermé l'administration et le juge dans des bornes plus étroites. L'administration n'a d'action sur le jeune vagabond que lorsqu'elle le surprend gisant de nuit sur la voie publique, et le juge, ne peut sévir contre lui que dans ces mêmes circonstances. De telles don^ nées sont évidemment incompatibles avec l'état de faiblesse et d'inexpérience de l'enfance. L'avenir de l'enfant se rattache à deux intérêts également importans : à l'intérêt des siens et à l'intérêt de la société.
Le père de famille, dans la classe pauvre et laborieuse , n'a pas toujours un sentiment vrai de ses il. 3a
5oo VAGABONDS KT LIBERlSs;
classe qui forment la majeure partie des jeunes vagabonds, la loi doit chercher à les contenir dans l'obéissance et le respect par des mesures plus répressives.
Pour arriver à ce but , il conviendrait d'établir deux catégories d'enfans ( je parle d'enfans âgés de moins de seize ans ) : Tune dont les parens jouiraient d'une bonne réputation et n'auraient à se reprocher aucun acte de partialité et d'injustice envers leurs enfans, l'autre , au contraire, qui se rattacherait à des parens mal famés et capables d'abuser de leur autorité contre les enfans dont ils demanderaient la détention. Dans ce dernier cas, je trouverais imprudent de sortir des limites quelque étroites qu'elles soient de l'art. 376, parce que le président pourrait avoir des raisons légitimes de douter de la moralité des parens et de leur équité à l'égard de celui contre lequel ils invoqueraient la rigueur de la loi. Mais dans la première supposition, quel inconvénient y aurait-il à conférer au président le droit d'étendre la durée de la détention jusqu'à six mois, sur la réquisition du père et suivant les circonstances, après en avoir conféré avec le procureur du roi, ainsi qu'il le fait pour les enfans âgés de plus de seize ans? Le père resterait le maître d'abréger la durée de la peine, et ce qui serait mieux ^ le législa-
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teur pourrait lui accorder la faculté de réclamer la mise en liberté provisoire de son fils, en l'autorisant à faire réintégrer ce dernier dans la maison de correction s'il lui donnait de nouveaux sujets de plainte avant l'expiration du terme qui aurait été assigné à sa détention. Cette latitude proposée en faveur du père me semblerait d'autant plus naturelle qu'elle appartient aux patrons des jeunes détenus ordinaires, et qu'elle n'a produit jusqu'ici que de bons effets.
Il est certes bien loin de ma pensée, de vouloir
affaiblir les droits de la liberté individuelle et surtout ceux qui intéressent l'enfance. Toutefois , c'est le propre d*une liberté bien réglée d'être soumise à des entraves légales; et si ces entraves sont salutaires pour tous, elles le sont plus particulièrement pour des enfans d'un naturel vicieux et rebelle, pour des enfans que leur naissance dans une condition laborieuse et pauvre , expose à plus de tentations , de fautes et d'égaremens que les enfans des autres classes de la société.
Il est un axiome qui dit que la correction est un signe non équivoque d'intérêt et d'attachement pour celui qui en est l'objet. Cette vérité devenue proverbiale a tous les caractères de l'évidence lors-» qu'on l'applique aux enfans des classes pauvres.
GONOLUSION.
Obligé par la nature de mon sujet de fouillep dans les replis les plus cachés et les plus fangeux de la société , et de mettre en relief les vices et les méfaits de tout genre qu'on y projette ou qui y fermentent, je n'ai pu m'empêcher de donner aux tableaux que j'ai esquissés, aux considérations que j'ai exposées 9 une forme ou une couleur à-la-fois triste et sévère.
L'homme moral a ses infirmités et ses plaies comme Thomme physique. L'écrivain moraliste ^ pouvant tirer ses inductions de données positives, mériterait bien peu de créance, si, avant d'indiquer des préservatifs et des remèdes contre les mauvaises passions qui altèrent et corrompent la nature mo* raie de Thomme, il ne découvrait et ne sondait le mal pour en apprécier les caractères et en mesurer la profondeur, à l'imitation de l'anatomiste qui dépouille et qui scrute jusqu'aux veines les plus déliées de la partie malade , pour saisir les causes de l'affection, qu'il est chargé de décrire et qu'il peut être appelé à guérir.
Cependant, il y a autre chose, dans la nature mo raie de l'homme que des vices et des infirmités^
CONCLUSION. So3
il y a de nobles instincts, des élans pleins de chaleur et de force vers le bonheur de l'humanité. Dans le vice, c'est le moi, la peisonnalité qui domine; dans la vertu, sous quelque forme qu'elle se produise, c'est l'abnégation de soi, le dévoûment, qui forme le ressort principal de l'acte vertueux. Quelque tristesse que le spectacle des misères humaines ait pu répandre dans mon âme, j'ai été assez heureux pour rencontrer sur ma route de nombreux sujets d'éloge en l'honneur de l'humanité. Il me serait facile d'en signaler dans tous les rangs de la société, mais c'est la classe pauvre qui m'a offert les exemples les plus rares et les plus touchans de bonté, d'amour et de fraternité. J'éprouve d'autant .plus de satisfaction à proclamer ici sa prééminence , sous ce rapport, que le pauvre , quand il n'est pas laborieux et réglé, est plus près que tout autre du vice, et du crime et qu'en étudiant les classes dangereuses, nous n'avons eu que trop d'occasion de nous convaincre que c'était lui qui en composait la parlie la plus nombreuse. Ceci prouve que les qualités les plus nobles et les plus élevées peuvent se développer chez le pauvre comme chez le riche, et que ce n'est pas la pauvreté qui avilit, mais le vice* À aucune époque do nos annales, la France n'a été l'objet de plus de recherches , d'étud^^s ot de ré-
5o4 CONCLUSION.
vélations ^ qu'au temps où nous sommes. La vie des peuples libres est une vie ouverte à tous les yeux, et, pour ainsi dire, percée à jour. La liberté qui en rend le mouvements! actif, si original, et quelquefois si orageux, est un frein , en même temps qu'elle est une source de caprices et de désordre. Si l'homme vicieux • et passionné ne craint pas d'affronter la censure , l'homme moral veille sur lui-même, et secontientd'au- •% tant plus que ses écarts offriraient plus de prise à la malignité publique. Les actions du premier deviennent, au moyen de la publicité, la pâture du médisant et de l'honime oisif. Celles du second restent ignorées, ou du moins elles ne sont connues que de lui et de x:eu3^ qu'il a édifiés par ses exemples , qu'il a obUgés par ses services. De là vient que les personnes qui ne jugent pas froidement le monde de leur époque, *Ie calomnient. Ne faudrait-il pas désespérer de la nature humaine, si l'on ne s'en formait une idée que d'après ses faiblesses, ses travers et ses vices ?
Non^ l'homme n'est pas ainsi fait: il y a en lui autant de grandeur que de bassesse; ses instincts moraux ne l'abandonnent jamais. Us se montrent, ils jettent de l'éclat jusque dans les prisons , jusque dans les bagnes , et (es manifestations auxquelles ils donnent lieu dans ces demeures du crime , sont la preuve la plus irréfragable et la plus imposante
GONCLUsioir. 5o5
de leur réalité et de leur empire. J'ai parlé des classes dangereuses que la ville de Paris renferme dans son sein , de leurs excès et de leurs attentats; mais je n'ai point parlé des hommes de bien fournis par la population tout entière , qui se dévouent avec ardeur au soulagement des malheureux , qui surveillent avec prudence Féducation des enfans du pauvre , contribuent à leur placement, et qui ad« ministrent avec sollicitude le fruit de ses économies. Je n'ai point parlé des femmes vertueuses qui , pour honorer les devoirs de la maternité et resserrer les liens de la famille, assurent des secours à l'enfant du pauvre , dès le berceau , ainsi qu'à sa mère , soutiennent ses premiers pas dans l'asile, président à l'éducation des jeunes filles dans les écoles , et aident à placer les plus malheureuses. La charité , dont la pratique est si naturelle et si douce, a trouvé des disciples fervens même parmi de jeunes personnes à peine sorties de l'enfance. Initiées dans les exercices de cette vertu par leurs propres mères, elles apprennent à connaître , sous leurs yeux , les tristes inégalités de la vie humaine, à les adoucir, et à se contenter de la condition où la providence les a fait naître.
La force et la puissance d'un peuple , consistant dans sa dignité morale et dans les efforts qu'il fait
5o6 GoircLusiON.
pour la maintenir, c'est aux ministres de la religion, c'est aux écrivains à veiller à la conservation de ce dépôt sacré. Je ne répéterai pas ici les observations que j'ai présentées , dans le cours de cet ouvrage, sur la direction qu'il convient d'imprimer à la religion pour lui rendre l'ascendant qui lui appartient. Je ne nierai pas que l'observation des lois divines ne conduise à l'exacte observation des lois humaines ou de la morale i mais je suis convaincu qu'à une époque de scepticisme comme la nôtre, le prêtre doit être moins théologien que moraliste , et que pour ne pas déroger à l'orthodoxie ^ il prive le christianisme d'une foule de sectateurs, qui, reculant devant la profondeur impénétrable de ses mystères, se rallieraient avec joie à ses préceptes, comme à la source la plus pure des vérités morales. En admettant donc qu'une religion ne saurait être altérée dans ses dogmes , sans déchoir en quelque sorte de la hauteur de sa mission, je croîs néanmoins que, selon les temps, l'élément moral doit y dominer l'élément dogmatique, et que cette nécessité existe mainte*' nant pour la France.
Sans vouloir affaiblir le respect du à la religion , et sans nier l'étendue de son influence, j'ai la fSerme^persuasion que, dans l'état actuel des croyances et des mœurs nationales , la presse , considéi^
COKCLUSIOK. 5o7
comme agent moral, exercerait plus d'empire sur l'esprit des masses que la religion. Les intérêts politiques et les intérêts matériels l'ont absorbée jusqu'à présent. La littérature, et surtout la littérature légère, a fixé son attention en même temps que ces intérêts , mais à un moindre degré. Quoique l'on confonde en général les intérêts politiques avec les intérêts moraux , ceux-ci ont un caractère particu** lier, qui les rattache bien plus à l'ordre moral et re» ligieux qu'à l'ordre politique.
Quelque jugement que l'on puisse porter de la direction passée de la presse^ je crois que le mo* ment est venu pour elle de s'attacher à l'étude et à la discussion des intérêts moraux proprement dits* La diffusion des lumières dans les rangs intermédiaires et inférieurs de la société réclame une autre tendance de la part des écrivains employés par la presse ; sans mettre en oubli les intérêts aujourd'hui privilégiés, celle-ci doit aider à la propagation des saines doctrines, en matière d'économie sociale; elle doit honorer les vertus de famille, la simplicité, Tordre et la décence des moeurs ; elle doit montrer les difformités du vice pour le faire haïr et convaincre ses lecteurs que la vertu est non-seulement le signe certain d'une âme forte et élevée, mais que de plus elle est un bon calcuU
5o8 CONCLUSTON^
Les faits qui pourraient motiver ces excursions de la presse sur le domaine de la morale ne lui manqueraient pas ; elle n'éprouverait malheureusement que l'embarras du choix. Le besoin que j'exprime est si vrai et si universellement senti qu'il a été constaté par plusieurs écrivains dans les journaux les plus accrédités. Fatigués comme leurs lecteurs de la domination usurpée par l'intérêt politique, rebutés par la controverse quotidienne à laquelle ils sont obligés de se livrer, ils cherchent avec empressement, quand l'occasion s'en présente , une diversion à la monotonie et à l'âpreté de leur tâche dans la rédaction de quelque article de haute littérature, de philosophie morale ou religieuse, et ces diversions ne sont pas moins attrayantes pour le public éclairé que pour les écrivains auxquels elles procurent un agréable délassement et des éloges mérités.
La part qui serait dévolue aux sciences morales , dans les exercices de la presse, ne demeurerait pas infructueuse. Elle profiterait à toutes les classes de lecteurs, dont elle redresserait les travers et épurerait les penchans , et elle ouvrirait aux écrivains un champ nouveau d'étude , d'émulation et de supériorité littéraire. A Dieu ne plaise que je veuille transformer le journaliste en prédicant ! Je veux ajouter à l'importance et à la popularité de son mi-
COÏTCLtSlOW. 509
nistère ; je veux augmenter ses titres à Testime publique, en faisant de lui le champion des mœurs comme il est le champion de la liberté.
Les applications de la morale peuvent être si variées , si ingénieuses et si neuves : elles peuvent recevoir de rémotion de l'écrivain moraliste, un tel intérêt , que lors même qu'elles ne flatteraient qu'un moment les nobles intinctsde l'homme qui lit, elles produiraient un grand bien, elles devraient tenir une place distinguée dans les travaux de la presse. L'existence de celle-ci étant devenue inséparable des habitudes de la vie civile, il convient pour régulariser, pour perfectionner incessamment ces habitudes , de l'adapter de plus en plus aux besoins de la société , et de la vivifier par le progrès des mœurs autant que par le progrès des acquisitions de l'esprit.
L'œuvre du moraliste , quelque ancienne qu'elle soit, ne saurait se ralentir jamais sans préjudice pour les intérêts de l'humanité. La lutte éternelle de la philosophie et du vice rendra toujours nouvelles les questions qui intéressent l'amélioration morale des hommes.