‹ Des Cloisons Congénitales Du Vagin Au Point De Vue ObstétricalChapitre 11 sur 25 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

(H. de Merloose, maitresse sage-femme à la Maternité de Bruxelles. Gazette d’obstétrique. 20 oct. 1877).

Utérus simple. Cloison longitudinale du vagin. Accouchement. Intervention nécessaire. Mort de

l'enfant.

La nommée Marguerite L.…., primipare, âgée de

Essen #4 . à

27 ans, à terme de grossesse, se présente à la Mater: nité le 7 juillet dernier. Le travail de l'accouchement s'était déclaré deux jours auparavant ; il avait débuté par la rupture des membranes. Le toucher ne nous fit pas reconnaître d'emblée l'existence de l’anomalie en question ; ce n'est qu'après plusieurs explorations successives qui nous donnaient,-au point de vue de l'état du col utérin une différence sensible entre les résultats obtenus, que nous reconnûmes avoir affaire à un vagin double.

Une cloison longitudinale complète de l'épaisseur du petit doigt, lisse et humide comme la muqueuse vaginale, divisait le conduit en deux moitiés parfaitement distinctes ; une des moitiés était, dans sa partie inférieure, plus rétrécie que sa congénère. La cloison partait de l'orifice vulvaire et adhérait au col utérin, de manière à former à celui-ci deux orifices externes dont l’un offrait une ouverture à peine suffisante pour admettre la pulpe du doigt, tandis que l'autre avait un diamètre de 2 centimètres environ ; on comprend que c'était là une particularité qui, par son extrême rareté, était de nature à induire en erreur, ou, tout au moins, à rendre le diagnostic difficile.

Les contractions «le la matrice amenèrent la complète dilatation de l’orifice utérin, mais ne provoquèrent pas la rupture de la cloison; celle-ci était refoulée en bas par la sphère céphalique de l’enfant,mais elle opposait une résistance telle qu'on la sentait tendue comme une corde, retenant la tête et empêchant tout progrès ultérieur dans le travail.

M. le professeur Hyernaux qui n'intervient jamais très vite dans ces sortes de cas, jugea pourtant que, dans l'occurrence, l’expectation n'était plus permise,

si on ne voulait voir se produire des accidents graves.

Il pratiqua la section de la cloison à l’aide d'un fort fil de soie qu'il conduisit au dessus d'elle avec une longue pince à polypes, légèrement recourbée. Celle-ci, tenue de la main droite, fut introduite dans le vagin gauche, tandis que l'index de la main gauche, insinué dans le vagin droit, allait rechercher dans l'orifice utérin l’extrémitc de la pince qui portait le fil. Afin de pouvoir saisir ce fil, il le dégagea des parties maternelles, l'opérateur y avait fixé un petit anneau de rideau ; cet anneau dépassait suffisammant les mors de la pince pour y introduire la pulpe du doigt et attirer ainsi le fil en dehors. Quelques mouvements de scie, exécutés avec lenteur, suffirent pour diviser la membrane. L'enfant fut alors immédiatement extrait à l'aide du petit forceps : il avait cessé de vivre.

Page 1