INTRODUCTION
Pendant notre stage à la clinique Baudelocque, M. le professeur Pinard consacra deux de ses cliniques à un cas tératologique très rare qui se trouvait alors dans son service.
Il s'agissait d’une jeune femme arrivée à la fin de sa première grosseesse, et présentant, avec un vagin longitudinalement cloisonné, un rectum s’abouchant dans le vestibule, au dessus d’un anus imperforé.
L'histoire de cette femme offrait uu double intérêt : d'une part, c'était un exemple exceptionnellementcurieux de conformation congénitale, d'autre part, cetle malformation même impliquait une cause de dystocie possible qui méritait d’être étudiée.
Notre attention s’arrêla particulièrement sur ce dernier point, d'importance pratique, et nous recherchâmes d’abord, d’une manière générale,
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quels rapports les différentes malformations congénitales du canal vulvo-vaginal pouvaient avoir avec l’art des accouchements.
Une étude d'ensemble de la question nous fit rapidement voir combien elle était étendue et dépassait' le cadre d’une thèse. Depuis Le Fort, dont la thèse d’agrégation(Vices de conformation de l’ulérus et du vagin 1863) est un admirable résumé des travaux antérieurs, Puech (Atrésie des voies génitales de la femme 186%), Delaunay (Cloisonnement transversal du vagin complet et incomplet. Th. Paris, 1877 Lyon) (Essai sur les retrécissements du vagin, congénitaux el acquis. Th. Paris, 1887), Picot (Malformation de l'utérus et du vagin au point de vue obstétricale. Th. Paris, 1890), Magendie-Husté (Cloisonnement transversal du vagin au point de vue obstétrical. Th. Paris, 1894), ont abordé successivement le même sujet par des voies et en des points différents. Et nous ne parlons ni des divers traités de gynécologie et d’accouchements qui consacrent tous quelques pages à cet intéressant chapitre de tératologie et d’obstétrique, ni des observations assez nombreuses, éparses dans les journaux français et étrangers.
Toutefois, il résultait de nos premières recherches que la série des malformations congénitales du vagin et de la vulve était constituée par les types suivants :
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1° Oblitération complète ou absence du vagin ;
2 Atrésies du vagin ;
3° Cloisons transversales complètes ou incomplètes ;
4° Cloisons longitudinales ;
9° Ouverture anormale du vagin :
a) Dans le rectum,
b) Dans la vessie,
c) Dans la région abdominale ;
6° Ouverture du rectum dans le vagin ;
7 Hymens imperforés ;
8 Hymens hypertrophiques.
Au point de vue spécial où nous nous placions, toutes celles de ces malformations qui devaient empêcher la fécondation cessaient de nous inléresser. Il fallait donc éliminer de notre étude les oblitérations complètés, les cloisons transversales complètes et les imperforations hyménéales.
Une autre malformation, bien que extrêmement intéressante sous le rapport de l’'embryogénie et dé la chirurgie, devait être bannie d’une étude obstétricale, comme ne pouvant en aucune circonstance, devenir une cause de dystocie, c'était celle qui consiste en l’abouchement du rectüm dans le vagin.
En résumé, l’histoire de la dystocie du canal vulvo-vaginal par malformations congénitales se réduit aux points suivants :
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2 Cloisons transversales ;
3 Cloisons longitudinales :
4 Ouvertures anormales du vagin dans le rectum et la vessie ;
5° Hymens hypertrophiques.
La question des atrésies du vagin a été, pour ainsi dire, épuisée par le remarquable mémoire de Puech. L'histoire des abouchements anormaux du vagin ne présente que quelques faits indiqués dans la thèse de Le Fort. Quant aux hymens hypertrophiques dont la résistance peut être si facilement vaincue à cause de leur silualion presque extérieure, ils n’ont presque jamais attiré l’atlention des accoucheurs, et les gynécologues ont préféré consacrer tous leurs soins à létude plus importante des hymens imperforés et de leur traitement.
Notre très modeste travail ne comprendra donc que le chapitre des cloisonnements du vagin, tant longitudinaux que transversaux, dans leurs rapports avec l’art des accouchements.
Nous l'avons divisé en trois parties :
1° Symptômes et diagnostic ;
2° Pathogénie ;
3° Pronostic et traitement.
Une quatrième partie est réservée aux observations. Outre quatre observations inédites provenant de la clinique Baudelocque, nous avons choisi dans la grande quantité de faits se rappor-
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tant à notre sujet, un certain nombre de cas-lypes susceptibles de mettre en lumière les différentes questions que nous avons eu à examiner. À cause de leur rareté, il nous a paru intéressant de réunir dans cette dernière partie les huit seules observations, dont deux inédites, que nous ayons pu découvrir, de vagin dédoublé accompagnant un utérus simple.
Avant de commencer cette thèse, qu’il nous soit permis de remercier nos maîtres dans les hôpitaux, et d’abord ceux dont nous eûmes l’honneur de suivre le service comme externe : Le très regretté docteur Ollivier, professeur agrégé, membre de l’Académie de médecine, qui nous initia paternellement aux éléments de la clinique médicale et à la pratique des maladies infantiles, et à la mémoire duquel nous avons voué la plus respectueuse affection ; M. le docteur Paul Segond, professeur agrégé, dont nous n’oublierons jamais l’enseignement chirurgical à la fois si brillant et si familier, et à qui nous devons une reconnaissance particulière pour toutes les marques qu'il nous donna de son inépuisable bonté; M. le docteur Porak, accoucheur des hôpitaux, membre de: JAcadémie de médecine, auprès de qui nous avons appris les rudiments de la science obstétricale.
Que MM. les docteurs Letulle, professeur agrégé PotheratetGuinard, chirurgiens des hôpitaux, dont
nous avons été l'élève bénévole, reçoivent ici l’assurance ee notre respectueuse gralitude.
MM. les docteurs Launois, professeur agrégé, et Villemin, chirurgien des hôpitaux, nous ont donné pendant nos études, de précieux gages de sympathie dont nous leur sommes profondément reconnaissant.
Nous remercions également notre maître et ami, M. le docteur Baudron, accoucheur des hôpitaux, des excellents conseils qu'il a bien voulu nous donner, au cours de ce travail.
Et c'est à M. le professeur Pinard que doivent s'adresser nos derniers et plus humbles remerciéements, à la fois pour cet enseignement si précis et Si pratique dont tious avons éu la chatice de pouvoir profiter pendant quelques mois dans sa clinique, et pour le très grand honneur qu’il nous fait en acceptant la présidence de notre thèse.