SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC
Nous diviserons ce chapilre en deux parties, l'une se rapportant aux cloisons longitudinales, l'autre aux cloisons transversales el aux simples brides.
A. — Cloisons longitudinales.
Deux catégories sont à distinguer, suivant que la cloison s’arrête à la partie supérieure du vagin, l'utérus restant simple, ou qu’elle remonte, avec ou sans solution de continuité, jusqu’au fond de l'utérus, celui-ci étant ou bien bipartitus, c'est-àdire constitué par un seul corps divisé intérieurement en deux loges, ou bien didelphis, c'est-à-
dire composé de deux corps accollés.
Nous ne pouvons parler ici ni des utérus cordi-
formes, ni des utérus à éperon centre] plus ou
Lo
moins long, ces dernières variétés appartenant exclusivement au groupe des malformations utérines.
Suivant que l’utérus sera simple ou double, la cloison vaginale sera incomplète ou complète, c'est-à-dire qu’elle s’insérera en haut sur la cloison séparant les deux loges utérines, ou bien qu’elle laissera une communication supérieure entre les deux vagins au dessous du col unique.
Un certain nombre de cas pourrait laisser croire que, même pour un utérus double, la cloison vaginale peut être incomplète ; mais il paraît probable que, dans ces cas spéciaux, l'observateur a été victime d'une illusion tactile assez bizarre et dont nous citons plusieurs exemples récents (Voir observations [I et IT) : l’accoucheur pratiquant alternativement le toucher dans les deux vagins, diagnostique la présence de deux cols ; l’accouchement terminé et la cloison disparue, un nouveau toucher lui révêle l'existence d’un col unique. Ne serait-il pas permis de comparer cette singulière illusion du toucher à celle qui consiste à prendre un seule bille pour deux billes équivalentes et contiguës, alors que, en ramenant le médius sur l'index, on louche cette bille unique avec les deux doigts ainsi déplacés? M. J. Lucas-Championnière avait déjà fait remarquer cette cause d'erreur à … propos d’une présentation d’utérus et vagin doubles faite par M. Porak (Bulletin de la Société
AT PS DRN ES s SEX
CR Rage
anatomique, juin 1876). Elle était intéressante à signaler au point de vue du diagnostic.
La cloison longitudinale est généralement antéro-postérieure, c’est-à-dire s’'insérant le long des parois antérieure et postérieure du vagin, et suivant un plan perpendiculaire au plan antérieur du corps.
Probablement toujours médiane à la naissance, elle divise souvent, à l’âge adulte, le vagin en deux parties très inégales, le coït faisant presque toujours élection d’une des cavités à l’exclusion de lPautre. Pourtant, chacun des deux vagins admettant facilement le doigt, il s'ensuit que la malformation reste souvent inaperçue pour le médecin qui se contente de l'examen digital (Observation IV). Le Fort rapporte, d’après Tiedman (Journ. compl. du Dict., t. IV, p. 371) le cas d'une femme au sujet de laquelle deux médecins ne pouvaient se mettre d'accord, l’ayant successitouchée par chacun de ses demi-vagins.
Quelquefois, la cloison peut être obliquement dirigée, et même insérée sur les parois droite et gauche du vagin, les deux cavités se trouvant ainsi l’une devant l’autre (Tarnier et Budin. Traité de l’art des accouchements, t. IT, p. 401).
Enfin, un des cas où il est le plus difficile de reconnaître la cloison est celui où l’un des demivagins reste fermé du côté de la vulve, tandis qu'il reçoit en haut un des cols de l'utérus double, ou
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communique par sa partie supérieure avec l’autre demi-vagin (Voir observations VII et X). Cette variété a reçu le nom de vagin borgne latéral (Pozzi. Trailé de gynécologie, livre XVI).
La cloison longitudinale du vagin ne constitue pas une rareté exceptionnelle ; mais dans presque tous les cas, à un vagin double correspond un utérus double. Nous n'avons trouvé dans la litlérature médicale que six observations de cloisons longitudinales limitées au vagin. En les publiant à la fin de ce travail, nous y ajoutons deux observations inédites de la même malformation, toutes deux empruntées aux archives de la clinique Baudelocque.
Au reste, que l'utérus soit simple ou double, il ne faudrait pas exagérer la fréquence des cloisons longitudinales, puisque, sur 9730 observations de la clinique Baudelocque nous n’avons pu en découvrir que trois cas.
B. — Cloisons et brides transversales.
Les cloisons transversales, loin d’être toujours situées perpendiculairement à l’axe du vagin, lui sont souvent obliques, soit dans un sens, soit dans l’autre.
Lyon (Thèse de Paris 1887), affirme qu’elles se trouvent toujours à l’union des 2/3 inférieurs
sm. A5
avec le 4/3 supérieur du vagin. Mais leur situation varie beaucoup, et les différentes observations que nous en donnons les montrent à 3, 4, 5 ou 6 centi. mètres de l’orifice vulvaire.
Elles se présentent sous l'aspect de diaphragmes, quelquefois très minces, quelquefois épais de 5 millimètres (observations XII et XIII), s’ouvrant par un ou plusieurs orifices diversement situés.
yans de nombreuses observations, l’orifice ou le pertuis est médian. Dans quelques cas (observations XII et XII) le diaphragme est percé de un ou deux orifices situés latéralement, au niveau de ses insertions sur les parois du vagin, par consé-
quent difficiles à découvrir. Verchère, dans les
deux cas qu’il a décrits, a signalé au milieu du diaphragme un raphé antéro-postérieur duquel s'écartaient des lignes parallèles se perdant latéralement sur les parois du vagin.
Enfin, les cloisons tranversales penvent être multiples (observations XVIII et XXI). Remarquons qu’un hymen persistant a dû quelquefois être considéré et décrit comme une cloison transversale.
Quant aux simples brides, elles affectent toutes les formes et présentent toutes les variétés imaginables (voir par exemple observations XI et XV); elles échappent ainsi à toute description.
“I n’est pas toujours très aisé de découvrir la