‹ Des collections séreuses et hydatiques de l'aineChapitre 1 sur 13 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Si l’on compulse tout ce quia été éciit jusque dans ces derniers temps sur les affections chirurgicales de l’aine, on est surpris de ne trouver nulle part une description générale des collections séreuses et des kystes de cette région. Les auteurs se bornent à consacrer quelques lignes à cette classe de tumeurs, tout en signalant leur existence assez fréquente, leurs nombreuses variétés et la difficulté de leur diagnostic. Il restait à réunir toutes les observations éparses dans les annales de la science, à les classer par ordre et, avec ces matériaux, à tracer une histoire complète des tumeurs séreuses de l’aine. Tel est le but que je me propose dans ce travail. Toutefois je dois m’empresser d’ajouter que les premières bases d’une semblable élude ont été posées tout récemment par mon excellent maître M. Verneuil (1), qui, dans un article très-bien fait, mais malheureusement un peu restreint par le cadre d’un dictionnaire, a tenté de combler la lacune que je signalais. C’est donc sous l’inspiration de son exemple

(1) Gazette hebdomadaire, 1864, p. 771, el Diclionn. encyclop. des sciences médicales, t. Il , ai t. dine, p. “276.

que j’entreprends de traiter le même sujet, en lui donnant | tous les développements qu’il comporte.

Un mot d’abord sur le titre même de cette monographie.

A la région de l’aine, plus peut-être que partout ailleurs , on | a réuni et confondu sous le nom de kystes une foule de tumeurs d'origine et de nature diverses, qui n’ont d’autre caractère commun que l’accumulation d’un liquide séreux dans une cavité à parois distinctes, que cette cavité soit exactement close ou qu’elle communique avec celle du péritoine.

J’avais songé tout d’abord à étudier seulement les collections séreuses véritablement enkystées; mais je n’ai pas tardé à m’apercevoir que, si l’anatomie pathologique justifiait cette distinction, celle-ci n’était pas toujours possible au lit du malade, et que certaines tumeurs séreuses de l’aine, quoique eu apparence parfaitement enkystées, présentaient cependant des communications avec le péritoine. Il m’a donc fallu, pour ne pas laisser de côté ces faits intéressants, et pour remplir convenablement mou but, étendré les limites du cadre que je | m’étais primitivement tracé, et, en adoptant le titre assez | large de Colleclions sérewses, j’entends comprendre sous cette désignation les vrais kystes et les pseudo-kystes de l’aine , c’est-à-dire toutes les tumeurs formées par un fluide séreux, solées ou non de la cavité péritonéale. Je ferai de plus rentrer dans cette description les kystes hydatiques.

Il convient encore de dire quelles limitesje donneà larégion de l’aine ; car tous les anatomistes ne s’accordent pas à ce sujet. Je pense, avec Bérard, que, pour le chirurgien, l’aine doit être envisagée comme composée à la fois aux dépens de i l’abdomen et de la cuisse, et par conséquent , comme fonnée ! de deux portions : l’une abdominale ou inguinale, renfermant le 'I canal du même nom; l’autre crurale, limitée par une ligne circulaire étendue du tubercule de l’ilium au pubis et passant J au-dessous du petit trochanter.

Je ferai en outre remarquer que la portion inguinale de l’aine se continuant insensiblement avec la re'gion scrotale, un grand nombre de tumeurs sont communes à l’une et à l’autre, de telle sorte que, sans e'tudier ici les collections sereuses nettement limitées aux bourses, il sera nécessaire d’examiner celles qui occupent à la fois l’aine et le scrotum.

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