CLASSIFICATION, DIVISIONS
Les collections séreuses de l’aine empruntent à la région dans laquelle elles se développent une physionomie toute particulière et présentent les variétés les plus nombreuses, soit dans leur mode de développement et leur siège anatomique, soit dans les symptômes et les accidents auxquels elles donnent lieu, soit enfin dans le traitement qu’elles exigent.
En raison du nombre considérable de ces variétés, et pour mettre un peu d’ordre dans leur étude, il importe avant tout d’en établir la classification. C’est ce que j’ai tenté de faire en me plaçant au point de vue de l’anatomie pathologique et de la pathogénie. Fondée sur de telles bases une classification des collections séreuses de l’aine est également pratique ; car le fait capital pour le traitement c’est la connaissance exacte du siège anatomique de ces tumeurs, et des connexions qu’elles peuvent présenter avec les organes voisins et surtout avec la cavité abdominale.
Je diviserai d’abord les collections séreuses de l’aine en deux grandes classes, suivant qu’elles sont en communication avec la cavité péritonéale ou suivant qu’elles en sont indépendantes. Chacune de ces deux classes renferme un grand nombre d’espèces et de variétés.
Les collections séreuses dont la cavité communique avec celle du péritoine ont leur siège : tantôt dans un diverticule de celte membrane séreuse existant normalement à une certaine période de la vie, et ayant persisté par suite d’un vice dans le développement, ce sont certaines hydrocèles congénitales; tantôt ces collections séreuses prennent naissance ' dans un diverticule anormal et pathologique du péritoine, ce sont des hydrocèles herniaires. De là deux espèces de collée- j lions séreuses de l’aine communiquant avec l’abdomen :
r les hydrocèles conge'nitales ; 2° les hydrocèles herniaires, offrant rime et l’antre un certain nombre de variétés.
Les tumeurs séreuses de la seconde classe, c’est-à-dire indépendantes de la cavité péritonéale, présentent entre elles une différence capitale eu égard à leur mode de développement. Les unes en effet primitivement formées par un diverticule du péritoine ont cessé de communiquer avec lui ; les autres n’ont jamais présenté aucune communication avec la séreuse abdominale. La seconde classe se divisei'a donc en deux sections comprenant :
I. Les tumeurs consécutivement indépendantes ; II. les tumeurs primitivement indépendantes du péritoine.
I. Les tumeurs consécutivement indépendantes sont de deux espèces, selon que la poche séreuse dans laquelle elles se développent est un vestige d’une disposition normale et transitoire, ou bien selon que l’appendice péritonéal qui leur a donné naissance est d’origine pathologique. Ces deux espèces correspondent, comme on le voit, à celles que j’ai cru devoir admettre dans les tumeurs séreuses de la première classe ; elles répondent par conséquent aux hydrocèles congénitales et aux hydrocèles herniaires, et, comme celles de la première classe, elles offrent plusieurs variétés que nous mentionnerons plus tard.
II. Les tumeurs séi'euses primitivement indépendantes présentent plusieurs espèces ; ce sont :
Deshygromas développés soit dans des bourses séreuses normales, soit dans des bourses séreuses accidentelles;
2° Des kystes ganglionnaires et certains kystes dont la pathogénie est encore douteuse et que l’on pourrait appeler i jusqu’à nouvel ordre kystes séreux;
3° Des kystes développés à l’intérieur de néoplasmes;
4° Des kystes hydatiques.
Il faut ajouter que, parmi ces collections séreuses indépendantes du péritoine, les unes sont nées dans la région même , les autres proviennent de parties plus ou moins éloignées.
Telles sont les divisions et subdivisions principales que j’ai cru devoir établir pour la classification des kystes et des pseudo-kystes de l’aine. Les nombreuses observations que j’aurai à rapporter et les développements dans lesquels je vais entrer pourront seuls me justifier d’avoir ainsi multiplié les variétés.