‹ Des colonies, et de la révolution actuelle de l'Amérique [microforme]Chapitre 23 sur 49 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Nécessité d’un Congrès colonial.

Toure s les fois que de grands troubles ont eu lieu, qu’un grand nombre d'intérêts ont été atteints et froissés, que des effets graves et durables s’en sont suivis, le bon: ordre et le soin de l'avenir ont exigé de prévenir le retour deces perturbations, et de fonder un ordre basé sur le présent comme sut l'avenir, sur ce qui. existecommesur ce qui doitnécessairement exister ; mais, dans des discussions de cette importance, la nature et la justice ont toujours voulu: que tous les intéressés fussent appelés :: c’est une de leurs premières lois. De là sont venues ces assemblées politiques, qu’on appelle congrès. Dans tous les temps on a suivi cette méthode, et souvent elle a obtenu de grands suc-: cés. Telle fut la réunion qui, par la paix de ‘Westphalie, arrêta les troubles qui divisaient.

l'Europe depuis trente ans. Si l'Europe a cry devoir recourir à cette mesure pour se remettre des commotions que les vingt-cinq dernières années lui avaient fait éprouver, à combien plus forte raison ne sera-t-elle pas forcée d’y revenir pour mettre un terme durable aux perturbations de l’ordre colonial ? Pour se faire une idée juste de cette nécessité, il faut commencer par évaluer la nature et la masse des ‘intérêts qui réclament lerecours de cettemesure. IL faut bien se garder de juger de ce qu’exigeront les colonies, par ce qu'a exigé l'Europe. Il n°y a pas de parité entre elles. En Europe, la souveraineté de quelques Etats seulement avait été changée : aux colonies, c’est celle de presque tous les Etats qui a éprouvé le même sort; en Europe, la couleur n'avait pas armé une partie des habitans contre l’autre ; aux colonies, des couleurs et des subdivisions de couleurs les tiennent dans un état d’hostilités habituelles ;en Europe, les lois de Pexclusif ne bornaient pas 1e commerce à quelques lieux et à quelques débouchés ; aux eolonies, au contraire, les entraves de lexclusif sont le sujet des combats

entre elles et les métropoles. I] y a dono, à leur égard, des questions dont l’Europe est entiérement affranchie » des questions élémentaires qui exigent des décisions qui ne sont applicables qu’à elles seules » et qui se présente ront les premières. C’est Jà que l’on s’apercevra de la grandeur du mal qu’on a laissé faire :

quand on voudra prendre hauteur et savoir de combien on a dérivé, alors on connaîtra toute l'étendue de la négligence à laquelle on s’est abandonné, ainsi que celle des diMicultés qu’elle a créées, et l’on peut dire avec assurance que la mesure sera plus exacte que consolante.

En effet, il faudra fixer l’ordre colonial dans

toutes ses parties, celui du plus grand nombre

de ses habitans , lexclusif du commerce, la Souveraineté des colonies É

nérale de ces contrées :

sable demettre ordre à Pétat habituel de contrebande dans lequel sont les colonies inférieures en produits, Les colonies du second ordre sont placées vis-à-vis de célles qui leur sont supérieures en produits et en richesses. I] sera sur-

enfin la police gécar 1l sera indispen-

sem Fe :

tout nécessaire de s’entendre sur l’esclavage; d'empêcher la diversité de conduite qui règne: à cet égard. Par exemple, les uns ont aboli læ traite, ceux-ci la maintiennent : on en.a vu arborer sur ses petites colonies le drapeau de: V’affranchissement de ses esclaves, à terme fixe... I faudra prévenir avec le plus grand soin que le faible, aux colonies, ne preune plus sur lui Pinitiative sur des questions d’état, communes. par là même à tous les possessionnés aux colonies, et ne décide ainsi du sort du plus fort.

Passant de là à la souveraineté positive, telle qu’elle existe dans l’état actuel, on trouvera des puissances exhérédées des colonies qui les faisaient fleurir; d’autres ayant perdu les appuis qui soutenaient leurs colonies ; ici le Portugal, devenu colonie en Europe, et sa colonie, métropole en Amérique; là, PAngleterre, gonflée des dépouilles de tout le monde, et dominant sur toutes les mers ét sur toutes les colonies, Mais que dira-t-on, lorsque l'Espagne et l'Amérique viendront, pour ainsi dire, plaider en séparation à la face de l’Europe, et faire

valoir lés motifs réciproques de leur incompatibilité? 1] faudra ajouter à tous ces embarras la considération de la rupture de équilibre marime, entièrement détruit par la puissance navale de PAngleterre. Si l'équilibre continental a paru reprendre quelque réalité par les stipulations du Congrès de Vienne > Sûrement il faudra tous les efforts d’un autre congrès pour ramener quelque égalité sur les mers » et quelque sûreté sur les routes qui conduisent aux colonies. Il y aura Pour ce congrès une étoffe plus ample encore que l'était celle du Congrès de Vienne,

S'il était possible de devancer, par la pensée, tout ce que renfermerait de solennel une pareille réunion, on se plairait à se fixer sur le tableau que présenteraient, d’un côté, les peuples de l’Europe, Occupés à régler entre eux des intérêts d’un ordre si nouveau, et de l’autre, en regard -d’eux, les représentans du nouveau monde se présentant pour la première fois depuis la création, pour demander à l’ancien de s’entendre enfin avec lui sur leurs droits et sur leurs devoirs respectifs,

PSE Lu Te Tr ur M et

Nous ajouterons à l'indication de cette idée le vœu de la voir réalisée sans perte de temps; car chaque jour ajoute aux embarras, déjà trop nombreux, qui existent; chaque délai entraîne des pertes bien difficiles à réparer ; chaque nouveau conp élargit la brèche faite à un édifice, qu'il ne faut pas démolir brusquement, même quand on aurait perdu lespoir de le conserver,

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