‹ Des colonies, et de la révolution actuelle de l'Amérique [microforme]Chapitre 27 sur 49 · WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

WEBSTER, N.Y

hic eee

Pho (Corporation

preuves de fidélité.et.des'services effectifs dans ses guerres contre la France,de 1740! et de 1756 (1), et voilà | que très-peu d’années après elle trouve: sa colonie dans des dispositions absblument différentes ; ne respirant que pour la liberté, et. Ja Jui demaadant les armes à la main. En supposant même que l'Angleterre eût prévalu, la lue h'était pas finie, elle n'était qu’ajournée: ce qui Payait fait. naître, l'aurait fait renaltre, Îl en sera de même.pour l’'Arné: rique-espagrole si, conire toute attente, l’Espâgne Pemporiait. dans un premier choc. La nature des choses ne porterait-elle pas TAmérique à le renouveler toutes es fois qué lopportunité. s6 présepterait? La libérté surtout pour de grandes colonies est un bien si grand, sk: évidept, qw’elles ne peuvent casser de tsdre vers elle; ‘une fois qu'elles l'ont connue,

Le commerce oxclüsif ne esssera pas non plus de lui fire Sénivar inincstete Fran

nr Co farint Fe levées féites aux baise Faro qui Der Louisbourg et la Havane.

DES'COLONIES: 183 contre lui ‘néore plis trié tontré JA RATE NE ion de l'Espaghé Que d'Amérique! ék°#inéel?

si elle-a combat (péur POBrenif avait: d'eti avoir goûté les: vañtagés, om Hé éihbatd trait-ellé pas pour se les procurer de nétivédf; surtout lorsque Pésclusif atirait 8 PERD dans

toûte 54 rigueur , comme V'Espagei Pasdeÿr

tenté et Le fera ai elle: réste thañtresut? TP4?y aura pas un ‘sénl aête tr mert Liifié haute transaction qui ne soit ! PUTE Faogdi é ue excitation, un rippel à Piidépéidatite: Cha

düé pas que les ‘étrangers foroiit/ das 4 enr rière de l'industrié séra pour eé ti nioéif ge plus pour.désirer cette indépendance. qüidui permerträl | dé” Sassocier ‘à cusnprageés let ide jouir de’leurs fruits, tandis: que lereludif les lui défend’, cet: Fempêdhe D dé° touche: auE

biens ‘qu’elle a: sous! la mais Danlautia côté, | Pindépendance (des Etats-Unis : PTE Brésil sont'doux fañaux, ‘déux: éhselgriemens

placés tellement -sous :les ‘yeux! 6 près des rivages de l'Amérique eépagiole pru'ellesffs peut les: perdre dé vus, (ét qu'elle:ne prar és: ser d’être sollicitée par'eux de les infites: céutc

influence ne peut pas plus étre privée: de son effet que la lumière du soleil ne peut Pêtre, du sien sur la vivification de toute la nature. Ainsi par là même que l'Amérique a conçu une fois sa liberté comme possible, elle la concevra de même en tout FeFAPS : la commotion qui lui a été à imprimée ne s'arrêtera plus, .et sera ,enouveléas à chaque i instant par le sentiment durahle ou plu, inéffacable de l'acte qui la. lui a fait saisir, yne, première fois. … imp à -«Lorsqueon, parle dela liberté ou de, es soumission de PAmérique, il fant commencer par sg, bien; ençendr L et tenir SompLe de, trois chpsez, oumbasqobui a Ly oh13 D'une, .saumission. aétredr ou, Le 6 Si la soumission: est. générale, là revient la grande question; de l'indépendance du commerc£ } lexclusifisera rétabli au même moment que l'autorité de FEspagñe :elle.ne connaît pas d'autre régime. Mais cet exclusif ; dont la du reté avait motivé le premier soulèvement, n’en séta devenu a plus tolérable ni/plus gracieux aux yeux des Américains ;:, il: deviendra ‘donc le père. de ‘nouveaux. soulèvemens ; -cest un

cercle vicieux dont on: ne péut jamais sortir. :. Le commerce est:il libre, on est indépendant, est-il exclusif, ou veut-il lé devenir à tont prix ? Mais dans ce rétablissement de exclusif, se.

trouvera encore un nouvel inconvénient; tel qui s’accommode dé la domination de l'Espagne, ne s’accommode point du tout de son exclusif ; tel qui veut bien de ka fidélité à l'Espagne, pour cela ne veut pas de sa ruine par fidélité. Lorsque l'intérêt est appelé au conseil ; 1} fait changer dé diré-iion aux avis. Après .avoir:

goûté des douceurs du commerce du monde entier, On ne sera guère tenté de se restreindre dars les limites étroites de celui de Espagne. Voilà fa considération majeure qui change toute Ja face de cette question, comme celle de toute question coloniale, Si l'Espagne rompt son'ex-' clusif contre les maximes de l'antique sagesse de son conseil des Indes, alors elle peut laisser aller ses colonies, ellé n’y a plus d'intérét, où pas plus que toute autre puissänce: la prospérité, qui en serait la suite inévitable, donnerait àla colonie des forces qui rendraient sa gafde impossible; il serait bien faux de dire que la

rupture de cet exclusif, en faisant disparaitre le priñcipal grief des colonies, ferait disparaître avec lui le motif printipal de la scission avec la métropole : car'cest précisément le contraire qui arrivérait. Les hommes en masse, les peuples ne se conduisent paint par Ja considéraüon de ce qu'ils ont déjà gagné, mais par celle de ce qu'ils peuvent gagner encore. Dès qu'ils peuvent, ils veulent, et veulent tout ce qu ils peuvent : or voilà trans ce qui arriverait aux Ccolônies espagnoles, à l'égard de la métropole, lorsqu'elle aurait abandonné son exclusif, Devenues riches par sa rupture et par la substitution d’un commerce libre, les colonies en seraient plus exigeantes; leurs vhes se porteraient non plus sur les maux cessés, mais sur les maux existans; non plus sur Jes biens acquis, mais sur Ica biens à acquérir. Telle est marche du cœur humain. Après avoir obtenu d’être débarrassées de l’exclusif, les colonies voudraient êtte débarrassées des administrateurs venus d'Espagne pour les gouverner avant quê de les avoir connues , et les quittant après les avoir un peu connues ; elles voudraient être

délivréés de cette foule d’agéns: qui*viennent chez elles pour les pressurer, et pour faire place à d’autres, attirés par le même appétit; elles voriééiiént être délivrées d’un gouvernement lointain, avec ses lenteurs, avec ses recours en justice , avec ses grâces à solliciter en d’autres climats; en un mot, les colonies feraient‘éprouver aütant d’ exigeances qu elles avaient pren de négligences. +

Si Pexclusif est maintenu, il porte à la révolte et à l'indépendance, comme seul moyen de s’affranchir de ce joug détesté.

a Si la soumission de Amérique n’est que partielle , il n° y'a rien de fait; le feu brûlant encore dans un endroit se rallumera daus d’autres, parce que la cause de l'incendie n'aura | pas cessé. Le color qui sera encore sous les armes, sera le soldat du côlon désarmé; celui-ci, qui n'aura pas céssé de désirer ‘d’être libre, ne cessera pas de désirer que celui qui Pest reste tel, comme son modèle présent et. son susik dte:i à venir : ses vœux ‘et son cœur Jui appartiennent par la nature des ‘choses; ses bras le serviront suivant l'occasion. Si donc la

soumission de PAmérique espagnole n’est pas samultanée, l'incendie non éteint rallumeræ eelui qui aura été arrêté : il se rallumera Ja seconde fois, comme il l'avait fait la première, par la conformité d'intérêts vivement et généralement sentis. Or comment se flatter qu'un pays aussi grand que le sont les Amériques espagnoles ,: qu'un continent tel que celui-là, dont les parties. présentent des contrastes et des divisiows très - marquées, pourra être ramené à la fois, et eomme par léffot d’un coup de baguette magique, versunesoumission complète dans toutes ses parties ? que le Mexique, ke Pérou, ‘le. Chili, le Paraguay ; la Terre- Ferme , la Nouvelle-Grenade » Céderont à la fois à l'Espagne , surtout avec les dispositions opiniâtres qui forment le fond du caractére espagnol? +.

Les Anglais; en comlattant les Etats-Unis, en voulant les maintenir dans la dépendance, w’avaient pas à éprouver les mêmes inconvéniens que l'Espagne rencontre dans sa lutte avec l'Amérique Ces Etats étaient, ‘relativement à l'étendue de l'Amérique, ce qu’un dé-

partement est à l'égard de la France : les Etats- Unis de fait comme de nom » Présentaient un ensemble de Gouvernement, avec une direc-.

tion unique ; au lieu que l'Amérique en compte un grand nombre. Pour un congrès des Etats- Unis, il y a dix congrès américains : chaque division de l'Amérique a le sien. Quand même On aural fini avec l’un, on n’aurait rien fait avec l’autre. Cet état de perturbation générale fait la force des insurrections, et le désespoir de leurs ennemis ; elles ne présentent que des membres , et point de corps que l’on puisse saisir; On ne peut rien fixer : au lieu que, dans une insurrection régulière, telle qu'était celle des Etats-Unis ,il y avait une tête, et par conséquent où se prendre; on rençontrait un $vjet: certain, avec lequel on pouvait établir quelque chose de certain. Au contraire; en Amérique, l'autorité est partout et nulle part : une populauon de volontaires en fermentation généraic et irrégulière ne laisse aucune place à l’établissement de conventions générales ou Stables, et, avec le peu de foi ordinaire chez les peuples:

puniques , tels que sont les Espagnols, parmi lesquels la superstition vient encore renforcer la fausse conscience, on ne pourrait compter sur la stabilité des engagemens contractés, que là- seulement où la présence de la force en assurerait l’exécution. Ce qui se passe en Amérique, ce qui 4 eu lieu en Espagne, en est bien la preuve. Le même village prêtait deux fois par jour, aux bataillons qui Île traversaient , le serment qu'il oubliait le soir même ; er Amérique, les mêmes villes n’ont pas cessé de sortir de l’obéissance, ou d'y rentrer. L’Espagnol a cela de commun avec les Africains et les Orientaux, qui jamais ne se regardent comme liés par les ehéngmnens contractés envers ceux qui sont plus forts qu’eux.

Il a été dit plus haut que sens ne pourrait pas garder ses colonies.

Il y a deux maniéres de garder ses colonies ; pour’ soi d’abord, et puis contre les autres.

Avant la révolution, l'Espagne n’avait conservé en Amérique qu’un petit nombre de troupes réglées, venues d'Europe. La garde du

pays était confiée à des troupés nationales (1).

L'Espagne calculait que ces corps étaient suffisans contre lé seul ehnemi qui pût attaquer quelque point de ses Amériques, l'Angleterre : en les comparant au nombre de troupes que cette puissance pouvait destiner à une attaque contre elles, leur petit nombre ne lui avait pas paru mériter de plus grandes précautions. Les

tn

(1) En 1804, le Mexique comptait, en troupes de toute nature, comme il suit :

Infanterie de ligne. . . ... . 5,200 hommes. MR TR US pee * 11,000 Cavalerie de ligne. . .... 4,700 “Milices. . ...:,,..,.. 11,300

à . nn se Total. ...,,... 32,200 hommes, dont disciplinés. 9,500 ® nas Ces troupes coûtaient. . . . 20,000,000 fr,

Maintenant une grande partie de ces mêmes troupes combat contre l'Espagne.

On peut évaluer les tronpes réglées et milices des autres parties de l’Amérique espagnole, par celles qui se trouvaient an Mexique ; elles sont en grande partie, comme celles du Mexique , opposées à l'Espagne.

deux. expéditions contre Buenos - Ayres ont prouvé la justesse de ce calcul ; car deux fois il a été sauvé par la population du pays. L’Angleterre ne pourrait attaquer la totalité du conünent américain; ellese briseraiten se heurtant contre une pareille masse : dans beaucoup d’endroits, il serait. défendu par sou ‘climat. L’Espagne, assurée de la France par son pacte de famille, ne redoutant'pas encore les Etats-Unis et pas davantage le Portugal, placé trop près d’elle en Europe pour n’avoir pas à s’observer en Amérique ; l'Espagne, disons-nous, avait fort bien calculé pour l’époque à laquelle se rapportait cette disposition de ses forces : mais aujourd’hui tout est changé; ce n’est plus.de l'Angleterre, ou d’un ennemi du dehors qu'il faut défendre l'Amérique : c’est de l'Amérique dont il faut défendre l'Espagne, et c’est à ceux qu’elle avait chargés du soin de défendre son empire, qu’il faut le reprendre. Comme on le voit, la scène a beaucoup changé. L'Espagne aurait donc besoin , après avoir arraché les armes aux Américains, 1° de ne plus leur en confier; 2° de les tenir habituellement sous la

garde detroupes envoyées d'Europe. Or, comment, avec sa petite population, pourrait-elle suffire à ün pareil armement, ainsi qu'aux re< crues qu’il ne -cesserait pus d'exiger ? Quelle puissance au monde pourrait suffire à une garnison pareille à celle de l'Amérique; garnison qu'il faudra proportionnér aux accroissernens de la population de ce pays? Et quand même l'Espagne aurait les hommes qui lui mancnent, où prendrait-elle les fonds nécessaires pour les entretenir ? Caril en faudra partout, et en grand nombre : si lon en a peu, on ne fait rien; si l’on en a beaucoup, on est ruiné. Si là milice mexicaine absorbe une grande partié des produits du Mexitüe, combien ne coûterait pas une rméé régulière, venue de loin , et qui devrait être entretenue dans toutes ses parties aux frais de l'Espagne? Il est donc évident que l’Es: pagne ne possède aucun moyen de garder pour elle ses colonies d'Amérique; elle n’en a pas davantage de les garder contre les étrangers.

L'Espagne a , en Amérique, deux ennemis à ses portes, les Etats-Unis et le Brésil. Les Gouvernemens Sont en paix, il est vrai; maisla nature

Page 1