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DES COLONTIES, 31
absolument l’art de teindre ses tissus; elle recevait des Hollandais cette préparation, qui est aujourd’hui à la portée de tout le monde, et que l'Angleterre possède dans un haut degré de solidité, mais dans un degré de lustre inférieur à celui que d’autres nations savent lui donner. Il y a loin de cette étroite fabrication à celle des six cent mille balles de laine qui a lieu en Angleterre, ainsi que les débats du parlement l'ont appris dans Paffaire de la réunion avec l’Irlande. Les manufacturiers ont témoigné des alarmes sur le dommage que certaines clauses commerciales de l'union pouvaient apporter aux fabriques ; ils ont assuré que le nombre de six cent mille balles de laine , loin de dépasser les besoins des manufactures, était au-dessous de leurs facultés ; ils ont dit que, si la fabrication s'arrêtait à ce point, c'était à défaut de matières premières, plutôt qu’à celui des moyens de fabrication. Le commerce anglais a sans cesse les yeux ouverts sur cette partie de l’administration et de la richesse nationale; il n’ÿ a sur cet article ni distraction, ni capitulatiôn. Aussi, dans cette affaire de l'union, tandis que la na-
tion entière se taisait et regardait, presque avec indifférence les débats purement législatifs des deux chambres dans les deux pays, elle s’est réveillée, elle a pris feu sur une simple clause commerciale, qui seule a paru intéresser dans l’ensemble de ce grand acte; chacun a senti son intérêt personnel attaqüé : au lieu que lPunion de l'Irlande avec la Grande-Bretagne, la fusion d’un corps législatif dans un autre est nne question purement spéculative, qui n’atteint personne en particulier, ou seulement dans un lointain qui donne le temps de rechercher et de disposer ses ressources. Joisnez à tous ces inconvéniens de détail, celui des compagnies exclusives auxquelles, suivant l'esprit du tem PS tout le commerce était livré en Angleterre, comme il l'était partout, et vous aurez une esquisse de la manière dont elle traitait alors son commerce , et un juste sujet de comparaison avec celle dont elle le régit aujourd’hur.
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terre ayant eu le bonheur de les établir indés pendamment des Nègres et des Indiens, a Par Couséquent beaucoup moins d’embarras que les nations qui avaient à ménager à la fois les indigènes et les esclaves, l'Angleterre n°42 vait à s'occuper que de l'accroissement et dé l'amélioration de ses colonies : c'était ]à qwelle pouvait réaliser le but élémentaire à Pégard de toute colonie, qui est de la faire produire pour qu’elle puisse cansommer. Est ce ]à ce qu’elle à fait ? L’exposé suivant r tion. |
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D'abord ses colonies sont adjugées, en général, pour le Sommercs, aux Compagnies ex= clusives , et en particulier, pour la plupart, à quelques individus favorisés. Les Compagnies se ruinent ; les particuliers se démettent ow t'ansigent ; tout réntre daus l’état. civil ou co- Jonial, Mais la métropole est là avec ses lois. de fer; elle craint que ses colonies ne prennent de l'accroissement ; leur fécondité lui porte om brage. Elle élève à l'avance des doutes et des nuages lointains sur leur fidélité à venir ; 1) faut les contenir par la
pénurie, et s’en assurer par
les privations. La mère-patrie devient une marâtre qui craint des enfans trop robustes, et qui ne s’occupe qu’à retenir leur développement.
Ainsi, bornant ses colons à la culture , elle les attache exclusivement à la glèbe; elle ne leur permet de manufacturer que pour eux exclusivement ; elle élève une barrière entre chacune deses colonies; elleles traite en étrangers; elle leur défend toute relation , et le versement mutuel de leurs productions. Le travail de l’ouvrier est réglé, non sur son aptitude , mais sur le temps qu’il a employé ou perdu à s’y rendre propre ; il doit, dans tout état, y consacrer sept ans. Ce n’est ni sa fortune, ni son industrie, ni la faveur dont il jouit qui réglera le nombre de ses associés : la loi le fixe irrévocablement à deux, pour l'artisan industrieux ouignorant, pour levieillardet lejeunehomme, ‘dans les lieux où le travail trouve des débouchés et de l'emploi, comme dans ceux où il en manque.
L'Amérique, couverte de forêts, avec un sein qui sue le fer, était le pays du monde le plus propre à fournir à la métropole ce pro-
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duit précieux et indispensable pour tant d’usages. Elle pouvait tirer dé l’excédant un bénéfice considérable : eh bien ! l'Angleterre ne laissait à l'Amérique que la faculté de l’extraire ,-et de le transporter chez elle, où même
par uné bizarrerie remarquable, le débit en était borné à dix lieues autour de Londres.
L’Américain devait aller chercher en Angleterre, la fabrication du métal qu’elle tirait de son propre sol; la Possession de tout instru rent propre à cet usage lui était interdite. On 2 entendu le célébre Chatam s’écrier Parlement : due le jour
où l'Amérique fabriquera un seul clou de fer à cheval! » Oracle trompeur , sinistre aug que la révolution d'Amérique a changé en source de prospérité pour l’ Les ports de l’Améii seuls vaisseaux angla daïent jamai
en plein « L’Angleterre est per
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que ne s’ouvraient qu'aux is; les étrangers n’y abor- S, et l’Irlande même » Considérée Comme telle par sa bonne s n'avait pas plus de priviléve comme eux,
œur lAngleterre .
S qu'eux, et était, repoussée des ports américains :
voilà où Fon en était alors. Le parlement d’An-
gleterre, se métamorphosant en chambre de commerce, s'était chargé de sa direction ; et comme l'esprit d'administration ue fut jamais l'apanage des corps, l'intervention du parlement n’était bonne qu'aux fraudeurs, plus éclairés et plus surveillans que ne peut jamais l'être un corps législatif.
Tant que les colonies anglaises des Antilles furent libres , leur commerce appartint presque exclusivement aux Hollandais, alors bien supérieurs aux Anglais en connaissances et en facultés commerciales : les colonies suivaient en cela la pente naturelle des choses, qui les ‘ porte vers le débouché le plus avantageux. Il fallut que l'autorité réparât l’infériorité de lindustrie de la métropole, et lui ramenât ses co- Jonies : le grand acte de navigation parut, et l'Angleterre prit alors la place dela Hollande. Les progrès qu’elle a faits depuis ce cemps, l’exemptent bien de la crainte de la perdre de nouveau. Cet acte mit l’Angleterre dans le cas de fournir le sucre à tout le Nord; elle en eût aussi fourni le Midi, sans la loi absurde qui interdisait à ses navigatenrs de s’y porter avant
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que d’avoir relâché en Angleterre, maärehe qui, en doublant les frais de transport, doublait le prix de la denrée , et favorisait ceux qui avaieht eu le bon esprit de ne pas se condamner à faire le même circuit. Alors Saint- Domingue n’existait pas encore, et ce n’est que depuis 1740, que ses sucres ont obtenu nne préférence générale, et remplacé les sucres anglais.
Quels pouvaient être, dans tout ce qué nous venons de rapporter, le mobile de Angleterre et le but auquel elle tendait?
Quant au premier, on ne peut en alléguer un seul qui soit raisonnable ; quant au second, elle allait directement contre son but: car, avec un peu de réflexion, elle ne pouvait se dissimuler que cette conträinté extrême, bonneé tout auplus pour l'enfance de ses colonies, ne pouvait s'étendre au delà, ct, qu'en se péuplant, qu’en se forüfiant, elles teridraiént nécéssaire. ment à s’y soustraire; que leurs habitatis ) avec du sang anglais dans les veines » Pärticiperaient À toutes les qualités qui le distinguent ; à les-
prit d’observation, qui médite, voit et compare;
à celui de justice, qui discerne et juge ; à celui de liberté, qui s'irrite d’une oppression prolongée. L’Angleterre aurait dû voir qu'il était Dia difficile 4 retenir sous le; joug des hommes quine s'étaient expatriés que pour s’y soustraire, et qu’enfin il y avait une contradiction un peu forte entre l’Anglais si jaloux de sa liberté en Angleterre, et l'Anglais si ombrageux sur cette même liberté exercée par un Anglais en Amérique. Ces réflexions, bien simples, auraient sûrement amené l'Angleterre, à l'égard de ses colonies, à une conduite qui leur eût été mutuellement profitable, et qui, en resserrant les liens entre la mère et les enfans, les aurait empéchés de scandaliser le monde par le spectacle de leurs débats.
L'Espagne a encore surpassé, sil est possible, tout ce que nous venons de voir; elle a connu, comme tous les autres pays, les Compagnies exclusives; elle en a éprouvé les mêmes effets ; mais, de plus, elle a imaginé d’exclure la plus grande partie, ou plutôt la presque 1otalité de ses habitans, de toute communication avec ses çolonies. D’abord elle ne leur ouvrit
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d’autre débouché que le port de Séville : lorsqu'il fut combié, elle y substitua celui de Cadix; mais, dans les deux cas, elle ne se réserva
‘qu'un point pour communiquer avec d
immenses contrées, et leur ferma, comme elle se le fermait à elle.
même, tous ceux dont la ceinture de la péninsule est si abondamment
vue. C'était bien évidemment restreimdr relations mutuelles > €t rendre plu tous les ports fermés les objets qu'ils étaient obligés de tirer de Cadix » empêchés, commeils l’étaient par son privilége exclnsif, de les tirer directement de l'Amérique. Alors Cadix réunissait le commerce exclusif de l'Espagne avec PAmérique, à celui de l'Amérique avec l'Es-
pagne : il avait à la fois le monopole de la colonie et ce
pour-’ e leurs s chers pour
lui de la métropole.
Le négociant étranger, établi en Espagne, y remplissant ses devoirs et aCquittant les droits de citoyen, réchauffant Par Son activité la langueur du commerce éSpagnol, n’avait pas le
droit de s’y associer. Le nombre des navires,
l’époque du départ, l'itinéraire, le retour, tout était réglé par le Gouvernement ; et ces arran-
gemens ; devenus habituellement des objets d’intrigues ou de faveurs, étaient sollicités à la €. :. marchandés dans les bureaux. On obten .unvaisssaucommeuneélévationen grade, comme une décoration honorifique. Les douanes complétäient cette surcharge d’entraves, par la complication et le prix des droits, qu’on ne savait qu’augmenter; comme si, en les éleyant au-dessus de leur véritable taux , ils ne retombaient point par là même au-dessous; comme si on ne perdait pas sur-le-champ, d’un côté, ce qu’on avait l’air de gagner de l’autre. 1 n’y a pas long-temps qu'on a appris qu’en finance deux et deux ne font pas quatre, et le retard de cute grande découverte n’est pas le trait le plus honorable des Gonvernemens modernes. L’Espagne, en infériorité de cornmterce avec tout le monde, avait défendu la sortie de tous métaux, comme s’il était en son pouvoir dese soustraire à la solde de la balance de son commerce ; comme si le commerce étranger était tenu de pourvoir , à ses frais, aux besoins de l'Espagne, ou bien comme si elle eût cherché à lécarter. Elle ne pouvait vouloir qu’une de ces
objets tés à la On obgrade, s douaves, par Won ne élevant retomcomme Ôté, ce [ n’y a finance ard de le plus .L'Estout le 1Étaux , istraire
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trois choses, et les deux premières sont si absurdes, qu’on ne peut s'arrêter qu’à la troisième; encore est-elle plutôt un effet qu’un but auquel Espagne était amenéesans projet formé, mais par la seule force des premières données. Cette défense, faite sous peines capitales, a duré jusqu’en 1741, qu’elle fit place d’abord à un droit de trois pour cent, fixation trop forte qui favorise la fraude. Aussi, le commerce d’argent avec l'Espagne était-il très-lucratif, ét enrichissait-il les provinces dé France limitrophes de Espagne. Cette puissance n’a jamais été heureuse dans l'estimation des droits, pas même depuis qu’elle s’est éclairée sur les principes du commerce, et qu’elle én a admis la
‘liberté. Le tarif de 1778, lors de la suppression
de lexclusif de Cadix, donnait encore ouverture à une fraude de soixante pour cent, ét ce-
“lui de 1720 prêétait à un bénéfice frauduleux de
cent pour cent. La grandeur de cette perté n’a pas été une raison pour que l'Espagne ne Pait laissésubsister pendant soixanteans. L'Espagne, comme l'Angleterre, avait défendu à ses colonies de commercer ensemble ; elle les tétinit sé-
lions pourson approvisionnement en épiceries,
parées comme des provinces étrangères et en= nemics ; elle ne leur accordait la liberté de s’approvisionner ni dans la quantité, ni dans les lieux où leurs besoins et leurs avantages les appelaient. Il y a telle grande colonie » comme la Havane, qui passait des années sans recevoir un vaisseau de la métropole, ou qui n’en recevait qu'un seul. Le Chili tout entier devait se pourvoir au Pérou, et ne pouvait encore extraire: qu’une seule cargaison.
Un pareil régime n’est-il pas une insulte au bon sens, un arrêt prolongé contre les colonies ? Et si l’on doit s'étonner de quelque chose, n’est-ce pas qu’elles n’aient point péri, qu’elles n’aient pas succombé sous un fardeau aussi Jourd et aussi mal calculé ? Et , tandis que l'Espagne s’opposait avec tant de suite aux progrès de ses colonics, par des lois positives. de toute äbsurdité, elle ÿ ajoutait encore toutes les espèces de négligences qui deväient la priver des riches produits que leur sein fertile Jui offrait à envi. Ainsi l'Espagne s’est condamnée à payer un tribut de dix à douze mil-
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qu'elle tirera quand elle voudra d'Amérique, où elles croissent naturellement dans les vallées des Cordilières. La soie y croissait aussi, avec toutes les qualités requises pour le meilleur emploi; elle y est perdue. Combien d’autres productions sont également négligées, perdues, ou arrêtées dans leur développement, et toujours par la même cause, lincurie des administrateurs, qui tra dans ‘ous les degrés à celle du propriétaire et des maîtres! Les choses étaient portées au point que l’Espagne, qui est couverte de vignes, et dont le peuple est le plus sobre-de l'Europe, n’exportait annuellement, jusqu’en 1745, quedix-sept cent quarante et une tonnes de vin ou d’eaude-vie, dans un aussi immense marché que l'Amérique, et qu’à la même époque ses envois aux mêmes lieux, en marchandises d'Europe, s’arrétaient à six mille six cent douze tonneaux. Aussi, quel était alors l’état de l'Espagne?
Eüt-on jamais reconnu sous les lambeaux qui la couvraient, dans la misère où elle croupissait , le propriétaire d’une étendue de terre sur laquelle le soleil ne se couche jamais ? Qui au-
rait distingué, dans la nécessiteuse Espagne, le maître de la patrie de l'or et de l'argent ? L'Espagne réstait, avec tous ses trésors improductifs, sans action et sans considération an milieu de Europe qui profitait de son inertie pour lexploitér, comme elle avait profité de celle des Indiens pour exploiter l'Amérique : aussi en était-elle déjà réduite, sous Charles- Quint, à de honteuses propcsitions de banquerôute. Sa dette, sous Philippe II, s’élevait déjà à un milliard; Philippe IV, par acte de sa toute-puissance, donnait au cuivre la valeur de l'or, et le successeur de Philippe V put se croire autorisé à faire banqueroute aux engagagemens de son père, d’une manière d’autant plus honteuse, que la somme était plus petite. Il ne s'agissait que de 160,000,000, somme égale äux frais de construction de Saint-Idelfonse, et à la somme dont Ferdinand IV, son successeur, mourut propriétaire, double rapprochement fort singulier dans l'histoire de cette monarchie. L'Espagne avait trouvé le seoret de posséder, non seulement en püre perte, . mais avec charge, des colonies telles que Saint-
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Domingue et les Philippines. Ce n’est que depuis trés-peu de temps qu’elle retire quelque chose de Porto -Ricco. La Havane est soutenue par le Mexique; l'Espagne a chassé deux fois de là Louisiane et de la Floride la population française et les réfugiés d’Acadie, comme si elle craignait que ces immenses déserts ne se peuplassent trop et trop tôt. Aussi est-il probable que si, dans un espace de deux cent quatre-vingt-sept ang, l'Espagne a recu de l'Amérique des sommes immenses en métaux eten marchandises, elle aurait recu une somme infiniment plus forte, et si on en juge par la différence des produits dans dix ans de liberté, pendant lesquels ils ont passé de la somme de 105,000,000 en métaux à celle de 170,000,000, et de 75,000,000 de denrées à 206,000,000 , alors l'Espagne aurait conservé quelque chose de cette samme prodigieuse, au lieu qu’elle n’a fait qu’y passer, comme dans un canal chargé seulement dela distribuer, sans en rien retenir. Il est dans le fait assez étonnant que PEspagne, qui tire tous les métaux d’un fonds qui lui appartent, et qui les recoit en Europe, ne pos-
sède pas une somme métallique de plus d’un milliard, tandis que la France, qui ne possède pas une mine, pas une seule veine d’or et d’argént, peut compter un numéraire de deux milliards quatre cent millions. La différence des deux sommes s’explique par la différence du caractère des deux propriétaires.
Il semble aussi que les Européens auraient créé pour leurs colonies, comme pour eux, de grands moyens d'utilité par la formation d’établisssemens vraiment coloniaux, dont on n’aperçoit aucune trace chez aucun peuple d’Europe. Sûrement il était également de l'intérêt bien entendu des métropoles et des colonies, de faire trouver à la jeunesse des colonies des moyens d'instruction assortis à l’état des colons. La métropole avait intérêt de les attirer dans son sein ; la colonie avait autant d'intérêt à culuver ces jeunes plantes, et à initier ses enfans dans les arts et dans les sciences de la métropole : cet arrangement profitait à tout le monde. On n’a pas songé davantage à former des sujets deslinés uniquement à porter aux colonies des secours pour les maladies qui leur sont particu-
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lières. Les colonies ne ressemblent en rien à nos climats; productions , température, habitudes , tout exerce sur les corps une influence à laquelle rien de ce que l’on voit en Europe ne peut préparer. Le plus habile médecin européen ne connaît rien, par état, aux maladies coloniales, dont il ne peut avoir l’idée, à défaut de les rencontrer dans le cours de ses études et de sa pratique. Pourquoi n’avoir pas élevé des écoles uniquement destinées à la connaissance de ces maladics et à l'instruction des sujets qu’on leur aurait envoyés ? Pourquoi n’avoir pas également établi une ou deux écoles pour l’enseignement de tout ce qui a rapport aux co“ lonies, à leurs productions, à leurs intérêts, à leur administration ? I] fallait depuis long-temps former ces cours d'instruction coloniale , et de ceux qui s’y seraient distingués, un corps destiné à devenir la pépinière de leurs administrateurs. Par ce triple oubli moral, l’Europe s’est rendueà la fois coupable d'ingratitude et de né-
gligence envers ses colonies ; d’ingratitude, car
elle en avait assez recu pour qu’elles méritassent quelqueattention desa part; de négligence,
car les pertes que les colonies ont éprouvées pat ces omission: , sont retombées sur elle, comme il arrive à tout propriétaire négligent, qui se prive lui-même de 1ont çe qu'il refuse à sa propriété, qui, étant moins soignée, a moins à rendre, et lui, par là même, moins à recevoir.
Dans les faibles essais que les Européens ont tentés pour naturaliser chez eux quelquesunes des ptoductions de leurs colonies, ils n'ont mis ni plus de discernement ni plus de méthode. Une transplantation de cette nature exigeait de consulter la nature du terrain ,linfluence du climat, que les sujets transplantés
abandonnaient ; elle voulait qu’on choisit, sur .
toute l'étendue de la métropole, les lieux qui pouvaient les leur rappeler davantage, Au lieu de cela, et comme si les capitales avaient, à ce ütre seul, les propriétés de tous les sols et de tous les climats, c’est toujours chez elles qu’on a cntassé pêle-mêle les productions extraites de sals et de températures tout-à-fait diférens. Aussi, qu’est-il resté de ces cargaisons si nombreuses, si POmpeusement annoncées, comme
devant enrichir l’ancien monde de la dépouille
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es pat omme qui se a prooins à evoir, péens quess, ils lus de ature , l'inlantés
x qui u lieu , à ce et de qu’on Les de rens.
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PR M à ei Re # RÉSEAU PR SEE A ous
des trois règnes du nouveau ? Ce qui en est resté! Rien ou presque rien ; et ce qui a échappé à la commune destruction, satisfait dans des jardins pompeux, dans des collections somptueuses, une vaine curiosité, et charge de sa nomenclature bizarre des états volumineux et des têtes assez fortes pour donner place aux dénominations de ces inutiles étrangers.
6o DES COLONIES.