‹ Des colonies, et de la révolution actuelle de l'Amérique [microforme]Chapitre 4 sur 49 · EP AE PR RE · texte numérisé non relu

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celle du pouvoir, Aussi, quel était l’état de PAngleterre? Cette puissance, qui couvre aujourd’hui les mers de ses vaisseaux, qui embrasse à la fois par eux les quatre parties du monde, ne comptait que dix mille matelots, là où elle en compte aujourd’hui plus de deux cent mille, dont cent dix mille sont habituellement sur ses floues de guerre. Alors ses vaisseaux de commerce étaient, swvant l’occasion, transformés en vaisseaux de guerre: ils n'étaient pas, comme aujourd’hui, les protecteurs nés du commerce, mais ils lui étaient enlevés, en le privant du service auquel il les appelait : encore ces vaisseaux n’étaient-ils pas construits par des mains anglaises ; les villes anséatiques étaient en possession de les fournir. Alors n’existaient pas ces superbes chantiers, ces arsenaux immenses qui voient aujourd’hui se former et s’armer dans leurs enceintes cette multitude de navires que l'Angleterre possède. Il est vraiment singulier que l’Angleterre, qui est assez puissante et assez éclairée aujourd’hui pour aller établir des constructions au cœur de la Russie , de l'Inde et de FAmérique, eu fut réduite alors à

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ne pouvoir se passer de l'intermédiaire des villes anséatiques. L'agriculture se ressentait de ce mauvais arrangement, tellement qne lAngleterre était toujours obligée de recourir aux ports de J1 Baltique pour suppléer au déficit habituel de ses récoltes. Ce même pays est maintenant celui où le cultivateur est le plus éclairé et le plus riche, où la culture est favorisée par les plus gros capitaux, par le plus grand nombre d'expériences et de récompenses, et surtout par le bénéfice toujours certain de cette espèce de travail. Un fermier bien famé, en Angleterre, tire tout ce qu'il veut de ses produits, et s’élève aisément à une grande fortune. Mais c'était surtout pour les manufactures que les Anglais étaient restés en arrière, eux qui sont devenus les manufacturiers par excellence du monde entier, et qui créent sans cesse aux autres Gouvernemens l'embarras de se défendre contre leur industrie. Alors , quoiqu’elle eût déjà assis son sénat sur des balles de laine, l'Angleterre en était encore à ce point d’ignorance et de misère, qu’elle ne savait fabriquer que des étolles grossières, et qu’elle ignorait

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