‹ Des colonies françaisesChapitre 3 sur 48 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

plu* nécessaire» à toutes In nations que le lucre et te eatt. Mai» (nul le monde ne confient point de ïimposdtillilé prétendue de le pisser do travail du nègre», lyrique le» Grecs et les Romain» (lisaient eiécoter p»r teon esclaves ce que font chet nous l« chenux et les bœufs, ils ImtRinaient et disaient que l'on m pouvait [aire autrement. - Ubtlium,

DictloiUMire théologiqut.

Émancipation ées noirs, tel est notre premier vœu. Prospérité des colonies, tel est notre second vœu. Nous demandons l'une au nom de l'humanité, l'autre au nom de la nationalité, toutes deux au nom de la justice. Expliquons-nous.

L'intérêt exclusif de la métropole fut la loi suprême qui présida à la fondation de nos colonies. Elles étaient instituées pour offrir aux produits du sol et de l'industrie du royaume des débouchés constamment ouverts, pour assurer à ces produits des marchés à J'abri de toute concurrence étrangère, et pour obtenir sans numéraire des denrées coloniales. Les hommes d'état du siècle de Louis XIV ne cachèrent point ces vues véritablement barbares.

fa V ranee, comme toute» I» nations te optent le» nnea le» aotres, adopta dès ht mencement le ftjstéme de f esdnsioa tuPtM, ta première pierre de dos riVrtJtr*-mer Ail prisée en 1626, et b prufritritif* date do 35 novembre 1634. C'est «Ai «pri»f en 1681 f que Croumell lança le Jwl* ri* navigation qui interdisait par des moy ttotoft* h liberté commerciale dont jouissaient gtotaf r« ni mis colonie*. Le privilège des transports \Htur ium Ile* fui accordé le 10 septembre 1668, à b <<offt|tfff(filtt dm Inde* occidentales. En 1670 nos ports Nt\nu\mi% f m nuit formé* aux navires étrangers; en 1011 A toute n»pAi!0 do marchandises étrangères; en ION 4 imi mil ru iiun colon* eux-mêmes la faculté d'éta- ItlO ntiHiti" ntiiiiiiftiotiiro, Um durent acheter tout deb inMru\Hi\^\ plm nriroro, on leur défendit de raffiner U*w* otwrn*, M ritffliingo étant réservé à b métropole.

Cm «)Mm fHitffttt Mtins rien changer à cette étroite écotothrin fMtlif iifii«t f ut Ion instructions adressées le 28 jmhJw iïilh m f'iiiiitii d'Kiuiery, nommé gouverneurgfttfrfil du no» |N)Mm)MNions dans les Antilles, disaient wttw wilriui l'IioNim i • hrt troisième vérité qui fait b

* *U*IUiMUin du* colonio*, est qu'elles doivent être h jjjmhm* dut!* In plu* grand état de richesses possi-

* UUt m *otf* lu loi de I» plus austère prohibition en ' famir du lu métropole. Sans l 'opulence elles n'at-

* fiiliiilfMUtfit point m Imir fin f; sans la prohibition ce

1 M\* i|m i iin«miiiiii<r hrnucoup du produits manufacturé» de k

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* serait encore pis, elles manqueraient également » leur destination , et ce serait au profit dea nations

* rivales. » Dans ces instructions on va jusqu'à dire: « que les colonies ne sont pas provinces de France^

* que le colon est un planteur libresur un sol esclave.» Quelques années avant 89 on n'était guère plus avancé, et Malouet écrivait: « Une colonie est établie

* pour le plus grand avantage de la métropole. Voilà ** sa fin *. »

Ceux qui font de la politique à ce point de vue d'u- *âthé matérielle et immédiate, ont calculé la valeur des lies à culture pour la France; ils se sont demandé fertitalement *'tf était profitable de les garder ou de les abandonner. — Les partisans des colonies ont affirmé qu'à elles seules, elles portaient presque la moitié de notre inscription maritime et de notre commerce extérieur. — La vérité sur ce point, la voici : Le président du conseil, dans la séance de la chambre des députés du 8 mai 1840, a prouvé que les colonies n'employaient pas plus de six mille matelots* sur les cinquante-cinq mille dont dispose la France. On doit monter jusqu'à dire mille en considérant que la pèche de la morue occupe douze mille hommes de mer, et que les élatstrès exacts de la marine élèvent à

1 Mémoires sur les Colonies.

* Les notices statistiques publiées par la marine, donnent sur ce point les chiffres suivans pour l'année 1835. La Guadeloupe a reçu 485 navires français \ jaugeant 68,315 tonneaux , et montés de 4,583

* Sur ce nombre, 185 seulement venant d'Europe. Le reste appartient au commerce local des colonies entre elles, ou à la pèche de Terre-Neuve.

ut*» àêà p œuf 4* m* pbcirt*. « qu en codsoqiu*eul le* nitwnti V* «bioûés ne représentent doue qu uii ■a^Mi'iiT ** ui *ii**oiM- de noire puissance mvirfl m* , rie* 4k: fàttfc-

Life oia—mw et TnAoe. d âpres les tableaux annMfih fwAiJH» fttt Ï4Mlmînbtntion des douanes du iwamt. ïfum pour 639 millions de francs et exprit pu» 4tti* Mâltions C'est donc ensemble 1,323 juiliiuuK. ho» <* <iûffr* les colonies figurent pour 48 miliiuafril "ànfijwfcMiûD, et 47 d'exportation, en tout 95. il «BHir^diM- *fw leur commerce spécial ne dépasse |n»ikr i1miibk«w Je notre oommerce général.

k*l. * *iiû eww* que le principal élément de prosptutiit àUi luire reposait sur les Antilles, autre exajpmuuib. L* Ha\re, Dunkerque et les petits ports enwfiuuiu** n'emploient que cinquante-un bàlimens * àk inavçaiiou des Antilles de Bourbon et de la tfiimtfM : le débouché du Havre d'après les stalisti-

ftiuniMs £*{uu\ji£e. La Martinique, 365 navires % jaugeant 49,976 'tmtnfotuvtrt moule* «le 7,555 hommes d*èquipage. En 1856, l'Ile Bour- IKwj * «rç« 145 iMÛre* français *\ jaugeant 41,132 tonneaux et ia»ftM.«J>r *» tS5 >Kmuue> il équipage. Pendant la même année de 1836, lfc<to*$**e a reçu 50» naùre> **\ jaugeant ensemble 5,31-4 tonneaux «fctmmto» \W \55lioimnes d'innii^e.— Nous ne jugeons pas nécessaire «*» fci*r ttarner que U ijiuiiritt d'hommes d'équipage appartient au 'ttHwmwm di* imm£auoii tout entier, et que plusieurs navires euro- If*** $*M deux \o\4£«* |vnr an.

i4« t\mmtrre du llorrr , chez le Maie, au Havre ,

"• Sun vv twtttUo , 1 |»> «oulotiioiit viennent d'Europe.

Ml «*imuI d'Kuro|*.

"ttWMiUI iTKiii.il*.

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ques industrielles, ne dépasse point soixante-dix mille barriques de sucre. C'est le fret d'une centaine de navires. Le rapport de soixante-dix mille avec les cinquante-un bâti mens employés, est exact puisqu'il y a là dedans quelques sucres étrangers, et que la plupart des bàlimens font double voyage.

Enfin les droits perçus par la métropole sur les denrées provenant des colonies , ont été en moyenne de 4832 à 4838.

Martinique. . . . 40,483,494 fr.

Guadeloupe. . . . 45,443,694 Guyane française. 788,376

Bourbon 8,289,843

Total des colonies à cultures. 34,705,074 fr. '. En somme on voit que les colonies tiennent dans le commerce de France une place importante, mais pas aussi grande qu'il a été dit; que leur apport au trésor public est peu considérable, surtout si Ton en déduit les dépenses faites pour elles par l'état. Elles seraient donc moins utiles à la métropole et à son trafic extérieur qu'elle ne l'espéra en les fondant , qu'on ne le croit généralement et qu'elles ne le pensent ellesmêmes. Leur perte, au point de vue d'intérêt égoïste pourrait être envisagée sans effroi. — Elles consomment nos produits manufacturés à l'exclusion de ceux des autres nations , auxquelles elles pourraient en acheter quelques-uns meilleur marché; cela est vrai, mais nous achetons exclusivement leur den-

1 Statistiques ministérielles, déjà citées, tome 4.

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^ ^ v* ml connu que nous les leur payons « ***. <***ta* ^ nous coûteraient ailleurs. Aunys * ** '*' '6S cent kilogrammes de sucre, ^.v^M^uc et la Guadeloupe perdraient; on en , .4ca à 30 et 30 fr. des colonies espagnoles. Le s-si*vUMUiuicur est donc ainsi frappé d'un impôt ini^c^i uu profit de nos possessions d'outre-mer. Les tvWuiw* *u aussi petit nombre qu'elles sont, centralisent nos débouchés, limitent une portion de la navigation française dans les Antilles , et l'empêchent île se porter autre part, parce qu'on ne pourrait acheter autre part les denrées étrangères sur lesquelles pèsent des droits prohibitifs.

Les ports de mer , dont certes l'opinion est d'un grand poids , se sont déclarés , nous le savons , en faveur des colonies ' ; mais on peut croire qu'ils ont été aveuglés par le désir de faire tomber le sucre de betterave, nuisible au trafic maritime, et qu'ils ont fait alliance avec les Antilles contre l'ennemi commun. Reste à savoir si l'ennemi abattu, ils continueraient h voir du même œil la protection accordée aux Antilles? Ce nombre de navires et de matelots qu'occupe le commerce avec nos fies ne trouveraient-ils point d'emploi, si la marine marchande affranchie du privilège colonial pouvait aller faire échange sur tous les marchés du monde qui lui sont ouverts? C'est une question fort admissible en présence de l'Amérique

1 IXlrt* des Commissaires des Ports de Mer . à ia Chambre des VèpuH* > ** «"il 1840.

du nord, qui n'a pas une colonie, et dont la marine marchande cependant a pris plus d'extension que celle» de toutes les puissances à établissement d'outre-mer. Un moyen de favoriser notre navigation de commerce est assurément de lui donner à transporter des marchandises d'encombrement y comme le sucre ; mais parce qu'on n'en achèterait plus à la Guadeloupe ou à la Martinique , serait-ce à dire qu'on n'en pourrait acheter autre part?

Ne discutons pas davantage , nous n'avons posé la question que pour nous éclairer. Nous n'appartenons point à l'école de la politique des gros sous, nous avons en haine les doctrines des hommes d'état du xvue siècle; et que les colonies coûtent ou ne coûtent pas à h France, qu'elles lui soient ou ne lui soient pas onéreuses, nous les aimons ; nous voulons que l'on ne s'en sépare pas, et nous les défendrons toujours, parce qu'elles sont françaises. Il y a quelque chose de monstrueux à dire, comme il a été dit, que les colonies ayant été instituées pour l'avantage des métropoles, l'avantage des métropoles doit prévaloir au détriment de tout intérêt colonial. On oublie beaucoup trop, il nous semble, en tout ceci que les créoles ne sont pas des vaincus, que les colonies ne sont pas des pays conquis, mais bien des terres peuplées de nos parens et de nos compatriotes, qui sont allés s'y établir sous la foi du pacte commun. Le quart au moins de la population blanche des Iles est composé d'Européens français, le reste de colons français. Traiter de l'abandon possible de la Guadeloupe et de la Guyane ou de

htattttttH tta ity******* des f^^s^iBu <ùm*I, * Wh* \m* i>mi tout «*. e« pria* * ,fe œs prnifrt rtw* «tmi» lu majorité 4os kalAa** lewitps F»- M»*, « «m |^é«J trop <*iebr* a proféré Hiliqw* ; U l^fcit^ 4ç fa Martinique ► Wm;*** q«* fe* fol**** de «a «wrarane.

<*H<* des eofeok* qœ r«fieux régime «pénal imhi« « kîssfc», pur b raison feule qu elles font partie A* W Prau**, ont droit à la prospérité; et cette prottpérra étant, à notre avis, uniquement dans la belle 'wltore de U canne , nous noos déclarons ennemi dn ewre de betterave. Un tel motif nous suffit, et nous ne nous croyons fias obligé de rentrer dans une discussion déjà épuisée. Le lait des cent mille hectares enlevés dans le département du Nord aux céréales, pour les livrer k la betterave, nous semble peu grave, quelqu'unportance qu'en ait voulu lui donner , il n'entre pour rUm dans notre opinion. La betterave ravirait cent mille hectares de plus aux céréales, si on la jugeait utile 4 no* intérêts , qu'il resterait toujours assex de lerre* bonnes au blé pour en obtenir la farine nécessaire h lu nourriture du pays. Ce n'est point non plus parue que la France ayant le monopole de l'approvisionnement de ses possessions d'outre-mer, il est rigoureusement juste qu'ello leur conserve le monopole du sucre, parée que fermant h leurs produits les marchés étrangers. c'est un devoir impérieux de leur assurer un placement avantageux sur le marché métropolitain ; tte n'est point par de telles causes que nous sommes déterminé, tw toutes vt* barrières peuvent être levées;

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c'est parce que le sucre est le seul mode d'existence possible pour les colonies, parce que le cacao , le girofle, le café, le coton même et le mûrier qu'on tente d'introduire , n'y peuvent être qu'accessoires.

Les deux sucres rivaux en présence, se nuiront toujours l'un à l'autre, ils se ruineront l'un par l'autre, car ensemble, ils produiront toujours plus que la consommation. A quoi bon se troubler l'esprit pour chercher à pondérer leur concurrence ? L'égalité des droits n'est qu'une déception de transigeur timide. Quel avantage tirerait le pays de cette lutte funeste aux intérêts particuliers? Veut-on entretenir la betterave pour s'en faire une barrière aux exigences impérieuses de la canne, ou pour combattre l'apathie routinière des planteurs? Le sucre étranger suffit de reste à cette fonction, il ne laissera jamais les colonies maîtresses d'imposer à la France leurs produits aux taux qu'elles voudraient fixer arbitrairement. Ce n'est pas nous que l'on peut croire disposé à laisser peser sur le pays des taxes au profit d'un petit nombre de privilégiés; il sera toujours temps, si cela devient nécessaire, de fixer le prix du sucre légalement comme on fixe celui du pain, pour maintenir cette indispensable denrée à portée du pauvre. Il faut se résoudre à tuer une des deux industries similaires , car il n'est d'aucune nécessité politique ni économique qu'elles subsistent toutes deux. Et comme le sucre indigène n'est pas une condition de vie pour la métropole, tandis que le sucre exotique est une condition de vie pour ses colonies, comme le sucre indigène ne peut que compro- 1. b

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