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mellre l'existence du sucre exotique; nous disons qu'il faut détruire le sucre de betterave avec indemnité pour les fabriques métropolitaines '. Plus tard nous espérons prouver que la France, que le consommateur français, n'auront que profit à cette équitable mesure, rattachée à l'affranchissement et à un système colonial large, intelligent, bien entendu.
Les déclamations ignorantes et honteuses des antiabolitionistes ne sauraient, en nous passionnant contre eux, nous empêcher de reconnaître la vérité. C'est une erreur de prétendre que les produits coloniaux sont des produits exotiques (ce mot pris dans le sens d'étrangers) qui doivent être sacriûés en bonne économie aux produits nationaux. Encore une fois nos colonies sont des provinces françaises d'outre-mer , et leur industrie agricole est aussi nationale que celle de la fabriquede Paris. Le pavillon qui flotte sur les créneaux de la Pointe-à- Pitre, de Fort-Royal , de Cayenne ou de Saint-Paul, est le même que celui qui flotte aux tours de Notre-Dame. C'est donc bien une erreur que d'appeler les denrées coloniales des produits étrangers. Si l'on veut nommer les choses avec rigueur grammaticale, il faut les appeler des fruits exotiques na-
1 Nous sommes partisan de l'indemnité aux betteraviers, parce que la France les a particulièrement encouragés à fonder leur industrie ; qu'elle s'est imposée, pour la faire fructifier, de grands sacrifices, à la vue desquels les fabricans se sont livrés eux-mêmes à des dépenses qu'ils n'eussent pas faites sans cela. Au surplus , nous entendons très fermement que les ouvriers, frappés par la suppression du sucre indigène, aient leur part de l'indemnité accordée à leurs mai 1res. C'est justice.
tionaux. En s' exprimant d'autre façon, on légitime une certaine prétention familière aux créoles, qui disent que leurs droits sont mal appréciés, parce qu'ils sont mal connus.
Il est une objection à la destruction des fabriques de sucre indigène, qui ne doit pas être dédaignée, parce qu'elle est venue d'amis sincères du pays. Qu'arriv era-t-il, ont-ils demandé, si une collision éclate en Europe et intercepte les voies à nos produits coloniaux? Faudra-t-il encore , comme sous l'empire , payer le sucre six francs la livre? Ne regrettera-t-on pas alors d'avoir ruiné une industrie nécessaire?— Ce serait ici le cas de dire, puisqu'il est question du peuple français :
Je ne aais pas prévoir le malheur de ai loin.
Mais ne soyonspoint si superbe, c'est d'économie industrielle qu'il s'agit; disonssimplement: de telles craiiites sont vaines et sans fondement. — L'état actuel de l'Europe ne permet plus de redouter ces guerres désastreuses qui engageaient tous les peuples les uns contre les autres. Si notre marine militaire ne savait pas défendre et convoyer notre marine marchande, nous aurons les neutres , empressés à venir approvisionner nos marchés, parce qu'ils y trouveront intérêt; et, en supposant le cas le plus extrême, on sera toujours à temps quoi qu'il arrive de rétablir les sucreries métropolitaines. Les champs sont là, les procédés sont connus, les machines ne sont pas longues à construire, et dans un pays comme le nôtre, une année ou deux
suffiraient è meure la production indigène en rapport avec la consommation.
Bonaparte a toujours sacrifié les intérêts maritimes de la France à son développement militaire; égoïste comme il Tétait , il n'a pas voulu de la gloire navale qui pouvait faire ombre à la sienne : il a dit déchoir la France, comme puissance maritime, et après avoir sordidement vendu la Louisiane , après avoir perdu Saint-Domingue, la reine des Antilles, par ses tentatives liberticides , il nous a mis hors d'état de revendiquer nos droits sur des lies qui ne sont plus à nous, quoiqu'elles nous appartiennent *. La France en est réduite aujourd'hui à quatre colonies à cultures \ Loin de les sacriûer, c'est un devoir pour elle de les conserver, car elles lui sont bonnes comme points militaires, comme asile et lieu de ravitaillement pour sa marine de guerre, aussi bien que pour sa marine marchande. Elles lui peuvent devenir d'un immense avan-
1 C'est au traité de paix de 1814, que la France a perdu Sainte-Locte , Tabago , Me de France et les Seychelles.
* Voici la liste des possessions d'outre-mer qui nous restent.
En Amérique : la Martinique; la Guadeloupe avec ses dépendances Marie Galante , la Désnrade , les Saintes et une partie de Me Sais*- Martin; la Guyane; Saint-Pierre et Miquelon, rochers arides i peine peuplés.
En Afrique : le Sénégal , G orée, Bourbon et Sainte-Marie, prés de Madagascar.
En Asie: Pondiehéry et Karikal , cote de Coromandei, Mabé, otte de Malabar , Yanaon , cote d'Orixa , Chandernagor , Bengale.
De toutes ces possessions , il ne faut considérer que la Martinique , la Guadeloupe , la Guyane et Bourbon comme colonies , les autres ne sont que des établissemens ou des comptoirs.
tage commercial , si une fois l'on voulait s'en occuper, si Ton voulait y appliquer un système éclairé d'administration.
Les colonies grecques, on le sait, ne furent fondées que par des migrations de leurs métropoles , auxquelles on accordaient toutes les faveurs de la cité. Le souverain et véritable principe des colonies n'est point d'être exclusivement utiles à leur métropole , mais bien d,étre utiles et d'offrir un séjour propice à ceux des enfans de la mère-patrie qui vont s'y établir. Voilà leur réelle destination politique et économique ; voilà aussi la source la plus sûre de leur prospérité, de leur grandeur. Nos colonies n'ont pas le quart de la population qu'elles peuvent contenir; l'esclavage a dévoré les masses énormes de nègres que la traite y avait jetées; on tiers seul du sol cultivable est en exploitation. N'est-ce pas une chose qui ferait sourire de pitié le plus vulgaire citoyen d'Athènes, s'il en pouvait revenir un au inonde, de voir que nous possédons là-bas des plaines immenses, ou la générosité de la nature sollicite des bras qui lui manquent , tandis que le trop plein continental arrive jusqu'à la plétore avec tous ses symptômes de désorganisation et de souffrance!
Le pouvoir, au sein d'une nation mécontente, ne se soutient que par le moyen artificiel de la peur qu'inspirent les révolutions à une bourgeoisie égoïste. Il emploie toutes ses forces à se conserver. La France, loin de recevoir de lui les inspirations qui l'agrandiraient, est sans cesse occupée à combattre ses tendances envahissantes. Si nos hommes d'état avaient de Tarn-
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bitmn poar die, ta Ben<Ten avoir pour eux-mêmes, ils uiwniiiikl les yens *ei? les colonies. Nulle politique ne serait phs à propos que celle qui , encourageant 01 prcaéyeBBt les émigrations d'outre-mer, dégorgerait la ■Maritale «Tune population dont le sort misérable Mt sa koate et son inquiétude.
<• Tans les ans plusieurs milliers des enfans de la passent les mers ; les États-Unis les accueil- ; ils vont fertiliser , au profit des Américains , tes nouveaux états de l'ouest. C'est une recrue de consommateurs que nous fournissons aux manufactures anglaises; quand il serait si facile de détourner Témigration et de conserver à la France ses enfans, à notre industrie des consommateurs, à nos colonies des bras dont elles ont besoin. Chaque émigrant qui se dirigerait vers nos colonies, non seulement irait créer sur un sol français une richesse nouvelle i niais il augmenterait par ses consommations l'étendue du marché national. Et qu'on n'essaie pas d'opposer aux colonies lo commerce étranger. Sans parler de t* concurrence formidable que nous rencontrons aur Ion le* lea places étrangères, et des caprices de lu diplomatie commerciale; il est prouvé qu'à part Milite tout mouo|tole exclusif, les populations coloniale* oui toujours une préférence marquée pour lia produit* de la méro-patrie. C'est ainsi que quelle* colon* \h\\\\?\\\*% malgré la triste condition que leuv oui IV%f «%^a le» iualtlutioti* Moniales, l'état ari4NV d*1 hw iuduatrto el l'absence complète de tjrtyWU* \k* ei*mil i comiommcnt tous les ans pour