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Des commencements de Montréal [microforme]

La première chose qui frappe dans l’histoire de notre ville, c’est l'espèce d'indifférence que la Compagnie des Cent-Associés a manifestée pour les avantages que présente l'ile de Montréal.

Plus d’un curieux m'a demandé : Pourquoi la Compagnie s’est-elle empressée de concéder l'ile de Montréal dès 1635 ? On dirait qu'elle avait hâte de se défaire de l'endroit qui devait être le plus important du pays. Comment n'a-t-elle pas compris la nécessité ou du moins l'utilité d'avoir, à la tête de la navigation, un poste avancé pour y attirer le commerce de l’ouest ?

Il faut bien l'avouer, la Compagnie de la Nouvelle-France semt:+ en effet n'avoir pas attaché beaucoup d'importance à l'ile de Montréal, et, en particulier, au site occupé aujonrd'hui par notre grande ville. Mais il faut admettre en même temps que les faits lui

donnaient raison.

L'ile de Montréal n'avait, en 1635, que peu de valeur comme station commerciale, et

elle en avait encore moins au point de vue stratégique.

D'abord, au point de vue stratégique, une garnison et des canons à Montréal n'au-

raient en rien gêné les courses des Iroquois, qui venaient s’embusquer sur l'Outaouais, ou qui descendaient le Richelieu pour se rendre dans le lac Saint-Pierre. Il est inutile d'insister sur ce point, peut-être encore plus évident alors qu'aujourd'hui. '

L'ile de Montréal avait cessé d’être le rendez-vous des sauvages de l’ouest, qui venaient

trafiquer avec les Français. Chargés de leurs fourrures, les Hurons et les Alsonquins supérieurs aimaient mieux

payer un droit de passage aux sauvages de l'ile, — les Kichesipirini, — que de suivre la route du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent, plus rapprochée du pays de leurs cruels enne-

L'Histoire de la Colonie Française, 1, p. 400, fait dire à l’auteur des Féritubles Motifs... de la Société de Montréal: “ Ainsi Dieu... semble avoir choisi cette île agréable et utile non seulement pour la consrration de ‘“ Québec, mais encore pour y assembler un peuple.” Et il part de 1à pour aflirmer (t. 1, p. 379) que les Associés de Montréal se proposaient de bâtir une ville fortifiée qui pût être tout à la fois “un rempart contre les incursions des

“© Jroquois et une sauvegarde assurée pour la colonie chancelante de Québec.” Si telles avaient été les intentions — un peu ambitieuses, il faut bien l'avouer, des Messieurs et Dames, — ces intentions n'auraient pas été justifiées par les événements. Mais la phrase telle qne citée n’existe pas dans le texte: on a mis conservation 1à où il y a subsistance. En rétablissant le texte, toute la théorie s'écroule. De plus, la société des MM, de Montréal ne donne nullement à entendre, dans son mémoire, qu’elle eût l'intention de bâtir une ville à Montréal. Elle ne proposait que d'y réunir les sauvages pour les instruire, comme nous le lisons dans les articles soumis par la nouvelle société à

la grande compagnie,

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