‹ Des Complications Articulaires de la ScarlatineChapitre 11 sur 16 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Pathogénie.

Cette étude anatomo-pathologique prouve suffisamment que les complications articulaires de la scarlatine non seulement ne sont pas d'origine rhumatismale, mais encore ne dépendent point de l’agent spécifique de la scarlatine ; elles sont sous la dépendance d’une infection secondaire.

Excepté quelques rares cas où il peut y avoir coïncidence du rhumatisme articulaire vrai et de la scarlatine ; voici quelle est à notre avis la pathogénie des complications articulaires.

À l’état normal la bouche abrite de nombreux microbes ; le streptocoque s’y trouve le plus fréquemment ; Netter l’y a trouvé 7 fois sur 127 cas, c’est-à-dire 5 1/2 pour cent. Il fait remarquer que le streptocoque peut disparaître par instants pour reparaître ensuite, et que la proportion des cas positifs est certainement inférieure à celle des cas réels.

D’ordinaire le streptocoque est inoffensif, soit que sa virulence soit moins grande, soit plutôt parce que l'intégrité des voies circulatoires sanguines et lymphatiques ne permet pas sa pénétration dans l’économie. De plus dans l’arrière-bouche la chaîne formée par les amygdales et le tissu adénoïde du pharynx forme une barrière de défense contre cette pénétration. La phagocytose s'exerce à ce niveau avec une vigueur inusitée.

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Mais que les conditions normales soient changées, que les assaillants deviennent plus nombreux et plus forts, les défenseurs plus faibles, la barrière deviendra insuffisante, l'organisme sera envahi. C’est ce qui arrive dans la scarlatine.

Nous ne savons pas si dans cette maladie le streptocoque est plus fréquent dans la bouche, mais c'est probable. Les recherches de Méry et Boulloche pour la rougeole rendent cette hypothèse très admissible. |

Dans la scarlatine, l’angine est de règle, les vaisseaux sanguins etlymphatiques sont largement ouverts, le microorganisme peut pénétrer en toute liberté. Dans les cas ordinaires la phagocytose permet encore la lutte, et empêche la pénétration dans l'organisme ; mais que cette phagocytose devienne insuffisante, rien n’arrêtera plus l’agent infectieux. Il se répand dans tout l'organisme ; des embolies microbiennes se forment là où la circulation est la plus active, le système capillaire plus développé ; et à ce point on voit apparaître des phénomènes locaux caractéristiques : adéno-phlegmons, broncho-pneumonie, arthrite.

Le nombre, la virulence du microbe sont essentiellement variables ; de là les divers degrés de gravité de la complication. Dans certains cas ce sera une infection généralisée avec formation de pus dans les différents organes ; dans d’autres l’infection plus localisée ne donnera lieu qu’à la formation d'abcès locaux articulaires ou autres ; dans d’autres cas enfin l'infection sera si légère qu’elle n’amènera pas la formation de pus mais simplement une exsudation séreuse.

Il faut en effet être bien persuadé que des agents 6rdinai-

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