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organismes en chaînettes:Inoculés à des veaux, ces microbesreproduisirent la maladie primitive : rougeur, et gonflement du pharynx, ulcérations, chute des poils; Klein isola le même micro-organisme du sang de certains scarlatineux; et bien que les cultures fussent très semblables à celles du Streptococcus pyogenes, Klein crut pouvoir déclarer le développement caractéristique. et conclure à l'identité de la scarlatine humaine et de la maladie des vaches de Hendon. Quelque temps après dans une épidémie semblable, Crookshank fit remarquer que les vachers et les laitiers ne présentaient que des ulcérations localisées aux doigts sans jamais avoir d’exanthème. Le microcoque en chaînettes, cultivé par Klein n'était que le streptocoque pyogène, et la maladie du cowpox modifié par des infections secondaires.
Au congrès de St-Pétersbourg en 1889 Marie Raskin a bien décrit un microbe trouvé dans les globules blancs au début de la scarlatine, mais ne le considère pas comme pathogène.
Telle est la situation en ce qui concerne la bactériologie de la scarlatine ; il n’en est pas heureusement de même pour les complications.
En France les travaux de Wurtz et de Bourges ne laissent plus subsister aucun doute sur l’origine et la nature des angines pseudo-membraneuses de la scarlatine. On les croyait d’origine diphtérique et au point de vue clinique aucun ou presque aucun signe ne permettait de les différencier. Notre maître le D' Sevestre avait pourtant émis des doutes sur cette nature, et s'était bien trouvé de garder dans les salles communes des enfants qui étaient atteints d'angine. Bourges dans l’examen de 30 cas d’angine a
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trouvé 26 fois le streptocoque seul ou associé à d’autres micro-organismes non pathogènes. La bactériologie faisait la preuve, alors que la clinique n'avait pu émettre que des hypothèses. |
Enriquez, dans son étude sur les néphrites microbiennes, cite 9 cas de scarlatine avec albuminurie. Dans 7 il a pu isoler des micro-organismes ; 6 fois il s'agissait du streptocoque trois fois seul, trois fois associé au staphylocoque ; dans un seul cas on trouva seulement le staphylocoque. Enriquez fait justement remarquer que les malades qui présentaient de l’albumine dans l’urine étaient atteints d’angine ; de plus l’albuminurie fut surtout fréquente chez des malades qui se trouvaient dans la même salle que d’autres atteints d’érysipèle. L'origine de l'infection secondaire est ainsi bien mise en relief. De même Babès et Marie Raskin ont trouvé du streptocoque dans les reins de scarlatineux atteints d’albuminurie.
Dans le pus des adéno-phlegmons on trouve constamment le streptocoque ; dans les otites il existe également seul au début; plus tard il s’associe aux staphylocoques aureus et albus.
Dans les complications pulmonaires, pleurésies, broncho-pneumonies il a été également trouvé seul ou associé au bacille encapsulé de Talamon-Franckel. Mosny en cite un cas dans sa thèse.
Bref, dans toutes les complications de la scarlatine on trouve dans la grande majorité des cas le streptocoque. À priori on doit croire qu’il en est de même dans le rhumatisme scarlatineux.
Laissant de côté les premières observations publiées qui
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ont rapport à des cas entachés de diphtérie ; nous arrivons à l'observation de Heubner et Bahrdt.
OsservarTiION 1 (HEUBNER et Banrpr). — Berlin. kl. Wockhenschrift, 1884, in thèse de Bources. Paris, 9, page 53.
Wilhelm L.... 44 ans, tombe malade le 20 mai 1884. — Fièvre et vomissements. Angine rouge.
Le 21. — Eruption de scarlatine.
Le 23. — Fausses membranes épaisses gris-jaunâtre sur les deux amygdales. Fortes adénopathies sous-maxillaires. Pas d’albumine.
Le 27. — Gonflement et douleurs des articulations des doigts de la main gauche et du genou droit.
Le 26. — Plaques de diphtérie cutanée au périnée et à la cuisse gauche.
Le 28. — Douleurs et gonflement du genou gauche.
Le 29. — Articulations prises très rouges et douloureuses. Les
amygdales sont détergées. Les adénopathies ont disparu à gauche, diminué à droite.
Le 30. — La main gauche et le coude droit se prennent. Délire.
Le 31. — Augmentation de la matité hépatique et splénique. Les bruits du cœur deviennent sourds.
2 Juin. — Dyspnée.OEdème des membres inférieurs. Un peu d’albumine. Douleurs articulaires persistent.
Le 3. — Léger frottement péricardique.
Le 5. — Décès dans l’après-midi.
AUTOPSIE : 16 heures après la mort. En arrière et au-dessous de J'amygdale droite infiltration purulente s'étendant en arrière du pharynx et atteignant la veine jugulaire droite qui était obsturée par un thrombus endophlébitique. Petit infarctus au lobe inférieur du poumon droit. OEdème pulmonaire aux bases et bronchite. Péricardite sèche, fibrineuse. Dilatation du cœur. Augmentation de volume considérable de la rate. Des deux côtés reins de néphrite aiguë. On ouvrit l'articulation phalangienne des deux dernières phalanges de
Pannüulaire et le genou du côté EHESS 1e contenaient du pus avec érosion des cartilages. | œhs
Pendant l’autopsie on fit des froties de née avec ph pus des articulations, de l’exsudat péricardique et du sang de la veine cave inférieure. Déjà pendant la vie on avait enlevé des fausses mémbranes de la diphtérie cutanée survenue au 7° jour de la maladie. La partie la plus superficielle des coupes colorées au bleu de méthylène montrait une grande quantité de streptocoques qui diminuaient à mesure qu'on pénétrait dans la profondeur.
On trouva après la mort des microcoques en chainettes dans le pus de l’abcès rétro-pharyngien et dans le pus des articulations.
Vient ensuite celle de Lehnhartz.
OsseRvaTION Il (LEHNHARTZ). — Jahrbuch für Kinderheilkunde, 1888, vol. XXVIIL, page 296. — Thèse de BourGes, Paris, 1891.
Rich. T...., âgé de 6 ans, tomba malade avec 3 autres frères et ‘Sœurs asus là nuit du 20-21 janvier ti avec une forte fièvre qui continua le lendemain. |
Le 2 janvier.'— Matin 40°,3 soir 390,7. Enfant assez débile, bouffi. Pas de traces d’exanthème, amygdales très larges, spongieuses, couvertes à leur surface d’enduit folliculaire.
Le 22. — Matin, 40% ; soir, 40%. Apparition de l’exanthème. Pas d’albumine dans l'urine. “Crévaie de glace. Bains tièdes à 26°, puis refroidis progressivement. On injecte dans chaque amygdale 5 décigrammes d’une solution de phénol à 3 0/0 avec la seringue de Pra-
‘’vaz. Ces injections sont continuées 2 fois De jour pendant 2 jours. ‘ Depuis le 24 janvier la solution est portée à 5 0/0.
‘Le 23. — Matin 4002; pouls 150; Respiration 38, assez forte, ‘soir, 3909. Dans la nuit fort délire qui continue le matin. Très fort exanthème, avec de grandes plaques sur tout le corps. Enduit ‘épais sur la langue. Amygdales et luette œdémateuses. À droite entiduit jaune.
Le 24. — M. 40°; $S. 4007. — Délire toute la nuit, miction et sel-
les involontaires dans le lit. Exanthème intense. Respiration stertoreuse. AS ARRET Le 25. — M.40% ; Pouls 156; Soir, 398. Meilleure nuit, demande à manger. Respiration plus calme. Forts bubons de chaque côté du larynx. Forte infiltration en particulier à gauche, exanthèmé encore très marqué., Depuis aujourd’hui 3 injections dans chaque amygdale. Pilules de glace. Bains tièdes.
. Le 26. — M. 40° ; P. 174; soir, 408. Respiration stertoreuse, 10,
a un peu dormi, agité par moment, pas de selle. L’enflure à droite est plus forte, mais moins dure. Les ganglions à gauche sont gros comme le poing, mais plus élastiques.
Le 27. — Matin 396. P. 132. S. 40°5. Pas de délire pendant la. nuit. Langue encore sèche. Lèvres fuligineuses. Moins d’adénite. Urine jaune brun (100 centilitres sans albumine).
Le 25. — L'’adénite à gauche est plus considérable, mais comme tendant à s’abcéder, pas d’induration. Matin 3708. P. 196. Respiration 30 et S. 4005. Les liquides ressortent par le nez. Assez d’appétit. Voix nasonnée.
Le 29, — M. 40° 5. S. 4101. Dans la nuit, agitation, délire fréquent. Voix éteinte, demande souvent à boire. A mangé un peu. Urines et selles involontaires. Se plaint de lie dans les’articulations à chaque mouvement.
Le 30. — M. 4191. A déliré toute la nuit, facies anxieux. Extrémités froides. Poignet droit enflé fortement et douloureux. Mort à 6 heures du soir.
AUTOPSIE, à 8 heures matin, 31 janvier, 14 heures après la mort. Cadavre amaigri. OEdème généralisé. Peau peu élastique. Epiderme desquamant sur tout le corps en grandes lamelles. OEdème souscutané. Pas d’hémorrhagie sous la peau ou les muscles ; le diaphragme remonte des 2 côtés à la 5° côte. Pas de sérosité dans le péritoine, séreuse intestinale partout lisse. \ Le
Rate tuméfiée fortement, capsule lâche. Sur la coupe le tissu fais saillie au-dessus de la surface. Nombreux corpuscules de Malpighi très visibles. À quelques places, la pulpe est ramollie. Pas d’aug+ mentation de volume des reins. Décortication facile. Peu de sang;
RÉ À Er
Substance côrticale non élargie, mal délimitée. Dans l'estomac 1 litre de liquide gris noir. Muqueuse pâle. La muqueuse intestinale, sauf quelques follicules tuméfiés, n’a rien. A l'ouverture du thorax, les poumons s’affaissent. Plèvres lisses, pas adhérentes. Pas de liquide. Peu de sérosité dans le péricarde. Il est lisse sur la surface du cœur. Cœur mou. Ventricule gauche non contracté. Pas d’hémorrhagies dans le myocarde. Endocarde lisse. Valvules suffisantes et molles. Les poumons sont d'un brun-rouge à la coupe et pleins de sang. Pas d'infiltration. Les vaisseaux des bronches sont fortement injectés. À la coupe s'écoule un liquide sanguin, spumeux. Enduit épais sur la langue. Les ganglions qui entourent les organes du cou + comme une masse compacte, sont en partie gangréneux. Une collection purulente réunit les ganglions au voisinage de la veine jugulaire et de la carotide, allant de la superficie à la profondeur. La veine jugulaire n’a rien d’anormal. Au point où elle traverse la masse ganglionnaire, un ganglion en fonte suppurative. Il n’y à point de thrombose, mais seulement en un point la paroi veineuse paraît hémorrhagique.
La luette est à moitié détruite ; le reste de son épithélium est sombre. On trouve des places sur la partie libre du voile du palais où l’épithélium fait également défaut. Les 2 amygdales sont complètement nécrosées, ainsi que ies piliers antérieurs du voile du palais. A leur place se trouve une surface d’abcès de 2 centimètres 5 d’avant en arrière sur À centimètre 5 de haut. Elle est propre et granuleuse. En l’arrosant avec de l’eau on voit à sa surface de très petits débris de substance.
L’ouverture de l'articulation au poignet droit montre une masse -de pus, épais, jaune pâle. La synoviale est fortement épaissie, point injectée, Epanchement de même nature dans l'articulation droite du coude. Les articulations gauches ne sont pas purulentes.
Examen bactériologique (résumé). Dans les coupes de l’amygdale, colorées par le Gram, l’auteur trouve des chaînettes souvent de 40 à 20 articles, très sinueuses, quelques cocci beaucoup plus gros que les autres. Il y a aussi des mono, des diplocoques et des chaînettes de 3 ou 4 articles. Ces chainettes se retrouvent dans les autres orga-
nes, dans la luette, le voile du palais, la paroi de la veine jugulaire, la rate, les reins et le foie. Les cultures sur gélose et gélatine donnèrent les cultures du streptocoque.
Pas d’inoculations sur des lapins. Il tue 22 souris.
Enfin nous arrivons aux observations de Marie Raskin.
OBSsERVATION III. — Scarlatine. — Adéno-phlegmon du cou. —
Arthrite séreuse (Marie Raskin, Centralblatt für Bacteriologie, 1889, n° 13) (Résumée).
M. M. 8 ans, tombe malade le 18 janvier 14888. Vomissements, douleurs de la nuque et du cou. L’exanthème apparaît le soir.
Le 19. — Enfant bien développé, pas d’antécédents. Exanthème scarlatineux typique. Rougeur et gonflement de la gorge. Langue sale, papilles saillantes.
Le 20. — Gonflement énorme des amygdales elles sont recouvertes ainsi que la luette d’un enduit pultacé gtisâtre. Pas de bactéries dans le sang.
Le 2. — Exanthème commence à pâlir. Fièvre légère. Pas de bactéries dans le sang.
Le 23. — Desquamation. Fort gonflement de l’amygdale droite ; T. 3809. Rien à l’examen microscopique du sang. Deux cultures sur quatre ont réussi. Quelques colonies de cocci en chaînettes.
Le 27. — Gonflement de l’articulation du pied droit. Peau rouge et chaude. Mouvements provoqués douloureux, rien au cœur. Otorrhée. Cultures du sang stériles.
Le 28. — Ouverture d’un adéno-phiegmon du côté droit du cou. Cultures sur gélatine et agar, quelques colonies de cocci en chaïînettes. |
Le 29. — Enfant dans le collapsus, sommeil agité avec subdélire. T. M91. Cultures de sang ; deux colonies de cocci en chaïînettes.
Mort le 2 février.
AUTOPSIE, 10 heures après la mort. Infiltration purulente du tissu
cellulaire sous-cutané du cou à droite descendant jusqu’à la clavi- CHEVALET 6
ere cule. OEdème des poumons. Dans quelques points des lobes inférieurs, noyaux de broncho-pneumonie. Rate et foie augmentés de volume. Gonflement des follicules clos et des plaques de Peyer. Dans l'articulation assez grande quantité de sérosité un peu trouble.
Les cultures du pus du phlegmon et de la sérosité articulaire donnent du streptocoque. Les cultures du suc de la rate, du foie et des reins donnent des colonies de différentes sortes, mais le streptocoque
domine.
OBsERVATION IV. — Scarlatine, synovite purulente (Marie RASkin, Centralblatt für Bacteriologie, 1889, n° 13) (Résumée).
J. F. âgé de 10 ans. Malade depuis 3 jours. Exanthème scarlatineux, gonflement des amygdales qui étaient recouvertes d’un enduit épais. Ces symptômes s'étaient améliorés, mais la fièvre était encore forte.
Gonflement et douleur de la main droite. Examens microscopiques négatifs, cultures du sang stériles. Aggravation des différents symptômes pendant six jours. Mort.
AUTOPSIE : Augmentation de volume du foie et de la rate, et des reins, infiltration des follicules clos et des plaques de Peyer. Articulations malades contiennent un pus concret. Synoviale très injectée.
Dans le pus de l’articulation, le suc du foie et desreins, on ne trouve que des streptocoques. Dans celui de la rate on trouve en plus un autre petit microcoque.
OBSERVATION V. — Scarlatine. — Polyarthrite purulente (MARIE Raskin. — Centralblatt fur Bacteriologie, 1889, n° 13 (Résumée).
S.S. 9 ans, malade depuis 2 semaines, scarlatine, enduit épais sur les amygdales. Pas de gonflement ganglionnaire. Fort gonflement de toutes les articulations des extrémités. Peau normale, mouvements douloureux, rien au cœur. Mort au 16: jour.
AurorsiE, 20 heures après la mort. Inflammation purulente de pres-
MANS Re
que toutes les articulations pied, genou, main, doigt, sterno-claviculaire, grosse rate. Augmentation de volume du foie. Plaques de Peyer infiltrées ; rien au cœur.
Sang, suc du foie, de la rate et des reins, pus des articulations : cocci en chaînettes.
De même dans notre observation, si le liquide articul'aire n’a pu être examiné, nous constatons que l'enfant a eu un érysipèle, que dans le pus de l’adéno-phlegmon on a trouvé du streptocoque, et nous croyons que l’on peut aïfirmer que le rhumatisme était bien dû à une infection par
ce micro-organisme.