CHAPITRE VI
Traitement.
Grâce à cette notion de l'infection secondaire, le traitement des complications articulaires de la scarlatine entre dans une voie nouvelle. Il doit être non seulement curatif, mais prophylactique.
Curatif, le traitement variera suivant la forme à laquelle on aura affaire.
Dans la forme arthralgique à marche rapide, il sera à peine besoin d'intervenir. On se bornera à essayer de calmer les douleurs par des applications locales : baume tranquille, enveloppement ouaté.
Dans la forme de l’hydarthrose à marche plus lente, plus trainante, l'intervention sera plus active. Après avoir essayé les badigeonnages d’iode, la compression, les applications d’emplâtre de Vigo, il faudra parfois avoir recours aux pointes de feu. Le massage, l’électrisation seront utiles pour combattre l’atrophie musculaire, et la raideur qui peut persister quelque temps.
Ces deux formes ne modifient en rien l’état général, on n’aura pas besoin d'instituer un traitement particulier. Les applications locales suffisent.
Dans la polyarthrite séreuse, il n’en est pas ainsi.
Le salicylate de soude est le plus souvent inefficace ; quelquefois il calme un peu les douleurs, on devra l’es-
SARA Ni SAME
sayer, surtout lorsqu'il y ades antécédents rhumatismaux.
L’antipyrine réussira parfois quand le salicylate aura échoué. Il ne faudra pas négliger son emploi.
S'il y a une légère élévation de température, il faudra donner du sulfate de quinine. A petites doses en dehors de son action anti-thermique, il pourra agir comme tonique. En effet il faudra tonifier et soutenir le malade. en insistant d'autant plus sur ce traitement que l’état général sera plus grave, que la scarlatine aura été plus sévère. Les amers, le quinquina surtout trouvent là leur application. On pourra donner aussi de l’arsenic : liqueur de Fowler ou solution d'arséniate de soude.
Bien entendu le traitement local ne sera pas négligé ; les calmants, les révulsifs seront tour à tour employés suivant les indications.
On pourra ainsi dans les cas graves éviter la transformation purulente qui est souvent menaçante.
Lorsque l’abcès articulaire est constitué, que l’arthrite soit purulente d'emblée ou qu’elle succède à une arthrite séreuse, il faut intervenir le plus vite possible : ouvrir largement l'articulation, drainer et laver. Grâce à l’antisepsie, avec un traitement énergique, on peut non seulement sauver le malade mais encore conserver les mouvements, éviter l’ankylose. Bien entendu dans ces cas graves, il ne faut pas négliger le traitement général, le sulfate de quinine, le quinquina, l'alcool sont tout indiqués.
Plus important encore est le traitement prophylactique. L'infection se fait le plus souvent au niveau de l’amygdale ; il faut donc insister tout spécialement sur l’antisepsie buc-
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cale. On l’obtient en employant tour à tour les lavages et les badigeonnages .
Les lavages seront faits régulièrement toutes les deux heures ; ils seront prolongés, et le plus complets possible. On emploiera les solutions antiseptiques étendues : eau boriquée, solution naphtolée, etc. |
Chez les adultes les lavages sont faciles, le malade en comprend l’importance. Chez les enfants ils sont plus difficiles, mais on y arrive toujours avec de la patience. L’enfant est maintenu la tête légèrement inclinée en avant; on lui introduit dans la bouche la canule du laveur, un irrigateur suffit. et l’on ouvre. Au début l’enfant résiste, mais il s’y habitue vite et supporte très bien ces lavages. La seule précaution à prendre est de ne pas introduire trop violemment, ni trop profondément la canule ; on pourrait blesser -et même perforer le voile du palais.
Si l’angine est intense, si les amygdales on recouvertes d’un enduit pultacé ou pseudo-membraneux, les lavages sont insuffisants, il faut avoir recours aux badigeonnages. Avec un tampon sec on déterge complètement les surfaces envahies, et l’on pratique des attouchements avec une solution antiseptique concentrée. Le Gaucher, la solution d'acide salicylique donnent de bons résultats. Ces badigeonnages devront être répétés aussi souvent que cela est nécessaire c’est-à-dire que l’on devra les reprendre dès que les fausses membranes se seront montrées de nouveau.
En pratiquant régulièrement dès le début de toute scarlatine cette antisepsie buccale on arrivera à diminuer sinon à supprimer totalement non seulement les complications
TRE articulaires, mais encore les autres complications dues comme elles à une infection secondaire.
C'est d’ailleurs cette idée de l’infection secondaire qui à guidé nos différents maîtres et leur a fait appliquer dans les hôpitaux ces mesures diverses, mesures prophylactiques qui ont déjà donné de si beaux résultats.