‹ Des Complications Articulaires de la ScarlatineChapitre 15 sur 16 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION VI. — Scarlatine. — Périostite alvéolo-dentaire. — Adéno-phlegmon. — Rhumatisme scarlatineux grave. — Erysipèle de la face. — Guérison (Inédite, due à lobligeance de

M. le D’ Sevesrre. Rédigée d’après les notes de M. Gasrov, interne).

F. Victor, âgé de 9 ans, entré le 98 janvier pavillon Davenne, n° 7. Les renseignements sur le début de la scarlatine manquent.

Le 1® février. — L'enfant était en pleine desquamation ; larges squames. État général excellent, température normale. Rien dans les urines. Rien au cœur ni aux poumons. |

Rien dans la gorge, mais la bouche présente une légère rougeur de la muqueuse et un peu de gingivite plus accentuée à droite et due à la carie d’une grosse molaire.

Le 8. — Temp. M. 4002; S. 4003. L'enfant a passé une mauvaise nuit, se plaint de la tête, de la gorge et de la mâchoire. Rien dans le poumon. Au cœur, souffle très léger à la pointe qui semble être extra-cardiaque. Pas de diarrhée, pas d’albumine. Léger œdème des paupières surtout à droite, simulant le début d’un érysipèle de la face. Les ganglions rétro-maxillaires du côté droit sont augmentés de volume, très indurés.

Le9. — Temp. M. 3698 ; S. 396. L’œdème a augmenté à droite et s’est étendu à toute la joue. C’est un œdème blanc. Il est le résultat d'une fluxion d'origine dentaire. La gencive au niveau de la 3° grosse molaire droite est rouge, tuméfiée ; en la pressant on fait sortir une gouttelette de pus auprès de la dent. Les urines sont troubles ; il y à de l’albumine. Régime lacté.

Le 10. — Temp. M. 3806 ; S. 3804. Même état. Extraction de la dent malade ; la fluxion diminue ; il reste de l'’œdème des paupières, de la bouffisure de la face.

Le 11. — Temp. M. 3707; S. 3904. Le malade est pâle, légèrement oppressé, très abattu. Le pouls est petit, lent, régulier. Urines peu abondantes, sédimenteuses.

La matité précordiale est augmentée. Au niveau du 2° espace intercostal gauche en dehors du sternum bruit de frottement, rude, rapeux, médio-systolique, ne se propageant pas.

Le 13. — Temp. normale. Les urines sont de plus en plus rares. Albumine. Dédoublement du 1° bruit à la pointe. Matité aux deux bases avec rudesse du murmure vésiculaire, et râles sous-crépitants. L'état de la bouche s'améliore. €

Quelques nausées. Traitement: tood, caféine, chiendent nitré, lait.

Le 17. — Depuis le 13 la température, normale le matin, atteignait 4005 le soir. Sulf. de quinine, 0 gr. 40. Douleurs rhumatoïdes dans le poignet droit sans gonflement ni rougeur ; mouvements très douloureux. Les urines augmentent. Albumine. Traitement : Sulf. de quinine, 0 gr. 80. Lait.

Le 20. — Temp. normale. Apparition sur la joue gauche de phlyctènes de la grandeur d’une pièce de à francs. Pas de gonflement, mais érythème léger. Compresses de sublimé. La sérosité est ensemencée dans un tube d’agar-agar.

Le 22. — Temp. normale. Léger œdème de la joue droite, un peu de trismus. |

Le 26. — Temp. normale. Fluctuation des plus nettes derrière l’angle de la mâchoire à droite. Le trismus persiste. :

Le 27. — Temp. M: 37‘6 ; S. 39°6. Ouverture d’un abcès très profond situé dans la fosse ptérygoïde et décollant les muscles. Pus ‘ jaune, non fétide. Ensemencement d’un tube d’agar. Albumine.

2 mars. — Temp. normale. Abcès complètement guéri. L’œdème a disparu. Léger nuage d’albumine.

Le 3. — Temp. M. 404 ; S. 39°8. Apparition sur la face, le tronc et les membres de taches rouges, saillantes, ne s’effaçant pas par la pression, surmontées les unes d’une vésicule, les autres d’une pe-

tite pustule. Elles ont le diamètre d’une lentille. La peau est sèche, écailleuse. Il s’agit sans doute d’une éruption septicémique.

Les amygdales présentent un léger enduit opalin, la gorge est rouge. Traitement ; lotions de sublimé; lavages boriqués du nez et de la gorge. Sulf. de quinine, 0 gr. 60.

Le 4. — Temp. normale. Douleur au niveau du carpe et du métacarpe droit. | . Le 7. — Hier au soir temp. 41° ; ce matin, 370. Rien du côté des poumons, ni du côté des organes digestifs. Mêmes signes du côté du cœur, Rien dans la gorge. Pas d’albumine. Eruption purpurique. Arthrites des deux poignets et des deux pieds. Le malade allongé sur le dos ne peut faire un mouvement. |

Traitement : immobilisation des poignets avec des attelles. Compresses de sublimé.

Le 8. — Temp. M. 378; S. 39° 5. Souffle intense systolique à la pointe. Dédoublement du premier bruit. Gonflementtrès douloureux, sensation de fluctuation au niveau du métacarpe de la main. droite et du genou droit. Facies grippé, yeux excavés, amaigrissement et pâleur. On remet au lendemain une ponction articulaire à cause du manque d'appareil.

Traitement : sulf. quinine 0,50, compresses de sublimé.

Le 10. — Temp. M. 3806; S. 40°. La main a notablement diminué. Écoulement purulent par la narine droite, purulent et sanguinolent par la gauche. Rougeur du pharynx surtout en arrière et audessus du pilier droit. Rien dans les poumons:

Le 11. — Temp. M. 378: S. 390. Amygdales recouvertes d’un enduit blanc-grisâtre adhérent. Au-dessous surface saignante. Traitement. Lavages boriqués du nez et de la gorge. Badigeonnages au perchlorure de fer. Caféine. Tood. Extrait de quinquina.

Le 12. — Temp. M. 3706; S. 39. Les articulations vont mieux. : Même état de la gorge et du nez. On extrait de larges fausses membranes. Albumine.

Le 14. — Temp. M. 382 ; S. 40°. Grande faiblesse, aspect d’un diphtérique. Gonflement des ganglions du cou. Albumine.

Le 15. — Temp. M. 3703; S. 3806. Le nez et la gorge se déter-

HR ur

gent. La gorge est toujours rouge. Les articulations sont bien moins

douloureuses, mais toujours gonflées. Les signes cardiaques persistent. HAE SR

Le 20. — État stationnaire. Temp. oscillant entre 380 et 39°. Tuméfaction rétro-maxillaire à gauche.

Le 25. — Même état. La tuméfaction rétro-maxillaire a disparu.

Encore un peu de douleur dans les articulations. Mêmes signes cardiaques Pas d’albumine. Malgré la fièvre on commence à alimenter le malade. |

Le 4% avril. — Temp. normale. L’appétit est revenu. Rien dans les urines. Les articulations sont encore douloureuses. Peau sèche et rugueuse.

Le 4. — Temp. M. 575; S. 39. Joue droite tuméfiée et rouge. Bourrelet très net. Battements précipités du cœur. Vaseline salolée. Sulf. de quinine 0 gr. 50.

Le 8. — Temp. normale. Desquamation de l’érysipèle. Pointe de feu sur les articulations qui sont encore volumineuses ; mouvements limités. Le genou droit a apparence d’une tumeur blanche.

On fait une ponction exploratrice dans un point qui semble fluctuant ; la ponction est négative. Peau sèche et écailleuse.

Le 10. — Temp. M. 374; S. 392. Le malade est pris tout à coup d’une douleur intense dans la région splénique. Palper très douloureux. Souffle au premier temps et à la pointe ; angoisse respiratoire sans signes. On pense à une endocardite infectieuse. Trattement : ventouses scarifiées. Bétol.

Le 12. — Temp. normale. Les douleurs ont disparu. Plus de souffles cardiaques. Rien dans les urines. Traitement : bains de sublimé ; Bétol 1 gr. 50. |

Le 18. — Le malade se plaint des oreilles. Ecoulement de pus blanc-jaunâtre, fétide, plus abondant à droite. Injections boriquées. Ensemencement sur agar. re

Le 25. — Temp. normale. Ecoulement d'oreilles diminue. Mouvements du poignet droit. Pointes de feu. Electrisation.

4 mai. — Fièvre légère. Temp. M. 37° 6; S. 59°. Le malade engraisse. | Nes

Le 40. — Temp. normale. Les poignets sont de plus en pluslibres, la tuméfaction a diminué. Les genoux commencent à se plier. Arséniate de soude. |

Le 25. — Le malade commence à se lever, marche difficilement.

Le 28. — Nouvelle poussée d'érysipèle bâtard sans fièvre. Le malade continue de bien aller.

4 juin. Temp : 38°. Le malade à été pris hier d’un gonflement de la joue droite avec rougeur. Vaseline salolée. Calomel, 0 gr. 60.

Le 3. — Temp. normale. La poussée érysipélateuse à disparu.

* Encore un peu de raideur articulaire.

Le 14 juillet. Temp : M. 40°8. S. 39° 8. Dans la nuit le malade à été pris de fièvre. Ce matin érysipèle de la joue droite. Langue sale. Anorexie. Calomel 0 gr. 60. Vaseline salolée.

Le 15. — Temp. M. 39% 6;$. 40° 7. Erysipèle double. Même traitement.

Le 16. — Temp. M. 398 ; S. 38° 6. Même état. Acide salicylique 2 grammes.

Le 20. — Jusqu'à cette date malgré l'acide salicylique la température reste élevée. 38° 5. 39. L’érysipèle continue son évolution.

A cette date la température redevint normale ; la convalescence eut un cours régulier. Le 22 juillet le malade commença à se lever, et quitta l'hôpital le 2 août.

Les cultures du pus de l’adéno-phlegmon donnèrent de belles colonies de streptocoques ; celles de lotorrhée donnèrent du streptocoque et du staphylocoque aureus.

-OBSERVATION VII. — Scarlaline grave. — Angine pseudo-membraneuse. — Rhumatisme scarlatineux. — Guérison (Personnelle).

F. Fernande, âgée de 14 ans. Entre le 9 mai au pavillon Davenne de l'hôpital Trousseau. Père mort tuberculeux alors que l'enfant avait trois ans. Mère bien portante. L'enfant peu grande pour son âge, aspect un peu faible, n’a jamais été malade. À été prise le 7 mai de mal de gorge, de vomissements, fièvre intense.

Le 8 l'éruption se montre.

9 mai. — Temp. M. 393. S. 393, Éruption bien caractérisée. Langue rouge, les deux amygdales sont recouvertes d’un épais enduit grisâtre, adhérent, mais qui s’enlève par larges plaques. La luette est envahie à droite. Engorgement des ganglions sous-maxillaires. Rien aux poumons, rien au cœur. Etat général grave ; malade très abattue avec subdélire doux et tranquille.

Traitement : Bains : 4 par jour, à 28° graduellement refroidis jusqu’à 220. Tood. Lavage de la gorge avec de l’eau boriquée. Attouchements avec le gaucher. Pas d’albumine.

Le 10. — Temp. 396. Même état. Même traitement.

Le 41. — Temp. M. 38°; S. 3908. Le matin amélioration légère. L'enfant est moins abattue, comprend et répond aux questions posées. L’angine ne s’est que peu modifiée. Même traitement.

Après son 2€ bain l'enfant se plaint de douleurs vives dans les deux poignets. Les mouvements sont très douloureux. La douleur spontanée est vive, si vive que l’enfant ne cesse de se plaindre dans son lit. Le soir au niveau des poignets la peau est rouge, chaude, il y a du gonflement ; le genou droit commence à se prendre. Suppression des bains. Enveloppement ouaté avec baume tranquille laudanisé.

. Le 12. — Temp. M. 382; S. 390. Les deux poignets, les deux genoux, le coude droit sont pris. Le gonflement est surtout marqué au niveau des poignets. La peau est rouge et chaude. Le moindre contact est excessivement douloureux. L’angine va mieux. Rien au cœur. Pas d’albumine.

Le 13. — Temp. M.3804. S. 3898. Amélioration. Les deux genoux sont libres. Les poignets encore douloureux, surtout le droit. Toujours du gonflement suriout à la face dorsale.

Le 15. — Temp. M. 3706 ; S. 3804. Toute douleur articulaire à disparu. La gorge est encore rouge, mais il n’y a plus d’exsudat. Les ganglions restent gros.

Le 17. — Temp. normale. La malade commence à desquamer. Depuis la convalescence a suivi un cours régulier.

LE BR Te

OBsERVATION VII (personnelle). — Scarlatine légère. — Angine. — Rhumatisme scarlatineux à la fin de la ® semaine.

M. Gabriel, 11 ans, entre le 22 mars pavillon Davenne de l'hôpital Trousseau. | nul

Enfant, bonne santé antérieure. Bien constitué. Pas d’antécédents héréditaires. Angine, céphalalgie depuis la veille, Éruption datant du matin. |

23 mai. — Temp. M. 382; S. 396. Éruption scarlatineuse intense. Langue rouge, gorge rouge, un peu d’exsudat sur les amygdales. Pas de ganglions sous-maxillaires. Rien au cœur ni aux poumons. Pas d'albumine. Traitement : Lavages naphtolés. Lait, bouillon.

Le 25. — Temp. M. 37°6. S. 3808. Eruption pâlit. Angine s'améliore. Bon état général.

Le 28. — Temp. normale. Desquamation.

4 avril. — Temp. normale. L’enfant se plaint de vives douleurs dans les deux poignets, et les deux cous-de-pied. Les mouvements sont douloureux ; à peine de gonflement et de rougeur de la peau. Rien au cœur, pas d’albumine. Enveloppement ouaté. Liniment chloroformé. |

Le 5. — Temp. normale. Les douleurs articulaires sont moins vives, le gonflement est plus marqué au niveau des poignets. La peau est un peu rouge.

Le T. — Temp. normale. Toute douleur a disparu. La convalescence suit SOn Cours.

OBsSERVATION IX. — Scarlatine. — Angine pseudo-membraneuse précoce. — Rhumatisme scarlatineux. — Guérison. (Thèse de BourGes, Paris 1891). |

Re. Léon, âgé de 8 ans 1/2, entre le 30 juillet 1890, dans le service de M. Legroux, au pavillon de la scarlatine. Début il y a &jours par de la céphalalgie. Dans la nuit vomissements, puis mal de gorge. Pas d’éruption avant son entrée.

Re es

Le 30 juillet. Pas d’éruption. La gorge, le voile du palais sont d’une rougeur framboisée. Des fausses membranes blanches, épaisses, couvrent les 2 amygdales et entourent la luette comme un manchon. Douleur vive en avalant. Voix nasonnée. Grosses adénopathies sous-maxillaires. Pas de jetage nasal. T. M. 3905. S. 4003.

Le 31. — Eruption de scarlatine ; rougeur diffuse débutant par le tronc. Etat de la gorge stationnaire. T. M. 3908. S. 3905.

1e août. — T. M. 38°8. S. 3908. |

Le 2. — T.M. 395. S. 3909.

Le 3. — T. M. 3995. S. 4095. L'état de la gorge s'aggrave, les fausses membranes envahissent le voile du palais.

Le 4. — T. M. 3%. S. 59°7, amélioration légère de l’angine.

Le 5. — T. M. 55°4. S. 3807. La gorge se déterge.

Le 6. — Les fausses membranes recouvrent encore les amygdales et la luette. (Ensemencement sur sérum et agar). Adénopathies sousmaxillaires grosses comme de petites noix. Eruption effacée. Pas d’albuminurie, T. M. 38°. S. 3805.

Le T. — T. M. 3802. S. 38°8.

Le 8. — T. M. 38°5. S. 3807. On ne voit plus sur les amygdales que des fausses membranes lenticulaires, blanches, isolées. Encore quelques petits points blancs sur la luette. L’engorgement ganglion- - naire ne s’est pas modifié. Légères douleurs rhumatismales dans les genoux. La desquamation débute par la face, les oreilles et le cou.

Le 9. — T. M. 3802. S. 3728.

Le 40. — T. M. 378. S. 3992. Epanchement articulaire très marqué au genou droit qui est très douloureux et contient beaucoup de liquide. Le genou gauche est douloureux, il ne contient pas de liquide.

Le A1. — Temp. M. 38; S. 37°4. Même état des genoux. Les amygdales et la luette sont encore recouvertes d’un exsudat largement étendu. Desquamation par grandes écailles aux membres supérieurs. Pas d’albuminurie.

Le 14. — Depuis le 11, la température est restée définitivement à la normale. Les genoux sont encore douloureux ét enflés.

Goes

Le 20. — Il ne reste plus qu’un peu de liquide dans le genou droit. L’angine a complètement disparu.

Examen bactériologique. — Les tubes de sérum ne contiennent pas de colonies de bacilles de Læffler. Les tubes d’agar contiennent des colonies de streptocoques assez rares, mais surtout une grande quantité de colonies de staphylococcus aureus.

OBsERvATION X. — Scarlatine très légère ; apyrexie le 4° jour, suivie d’arthropathies ayant persisté pendant vingt jours. (Esror, Gazelte hebdomadaire des sciences médicales. Montpellier, 1886).

B....., 22 ans, sept mois de service au 2e génie comme conducteur ; cultivateur avant son incorporation. Il porte les traces profondes d’une variole qu'il a eue à l’âge de 6 ans ; depuis lors, il à joui d’une bonne santé et n’a notamment jamais eu derhumatisme. Il est revenu, depuis quinze jours, d’un congé de convalescence de deux mois obtenu à la suite d’une plaie située à la région antérieure de la jambe, et consécutive à un coup de pied de cheval.

Il y à huit jours environ, l’homme fut atteint brusquement d’une . diarrhée accompagnée de coliques, et donnant lieu à cinqousix garde-robes dans la journée et autant dans la nuit. Les matières étaient peu abondantes et glaireuses, mais ne contenaient pas de sang. Il y eut aussi une sensation de brûlure et de ténesme à l'anus. Cette dysenterie persiste les jours suivants, sans malaise général, sans fièvre, sans diminution de l’appétit et le malade continua son service sans faire aucun traitement. Mais, la veille de son entrée à l’hôpital, il éprouva en se levant, de la céphalalgie, du malaise et des nausées avec lypothimie, et il dut se coucher dans la journée. IL sentit vers le soir un peu de douleur à la gorge. Dans la nuit, il souffrit beaucoup de chaleur et d’une sensation de cuisson à la surface de la peau, qui était le siège d’un prurit insupportable. Le lendemain matin, à son réveil il était couvert d'une éruption scarlatineuse caractéristique et fut immédiatement envoyé à l'hôpital.

Examen le 20. Fièvre forte, 40° le matin. Céphalalgie modérée, réponses justes et nettes, faiblesse prononcée et vertiges dans la station assise. Le sommeil est assez bon et n’est pas troublé par des ré-

où

ves. Pas de douleurs articulaires. Le malade est couvert d’une éruption écarlate uniformément étendue au tronc et aux quatre membres, mais respectant le cou et la face. Elle est visible cependant aux paupières et les conjonctives sont hyperémiées ; la photophobie n’est pas très prononcée.

Langue chargée, gencives un peu tuméfées et couvertes d’un enduit grisâtre, nausées persistantes. L'épigastre est sensible à la pression ; la diarrhée n'existe plus. Depuis le début de la maladie l'urine n'a pas été examinée.

Le 1. — Mêmes symptômes avec une légère amélioration. 39° ce matin. Urine : quantité 1,100, densité 1,033 ; pas d’albumine; en traitant par l'acide azotique, on obtient un diaphragme rougeâtre d'hemophéine qui est assez intense.

Le 22. — Apyrexie, le malade paraît en tràs bonne voie ; l’éruption n’existe presque plus. L’urine est à peu près normale, on note seulement la présence d’un peu d’hémaphéine.

La convalescence paraissait très franche, il n’y avait pas eu de desquamation, B... commençait à se lever, lorsque le 98 juillet on s’aperçut qu'il avait la fièvre. Les articulations des deux épaules, du coude droit et de la hanche du même côté étaient tuméfiées et douloureuses. Ces douleurs avaient débuté deux ou trois jours auparavant et augmenté progressivement.

Le 29. — Les articulations sont peu tuméfiées, le malade a de la tendance à suer abondamment pendant toute la journée. Anorexie, une selle naturelle hier ; intelligence nette, insomnie causée par la douleur. Le salicylate de soude est ordonné à partir du 30 juillet, à la dose de 3 grammes pendant trois jours. Il est continué à la dose de 4 grammes pendant les deux jours suivants. Les 5, 6, 7, 8, 9, le malade en prend 5 grammes, et le 10, 3 grammes seulement ; à partir de ce moment il entre en pleine convalescence. Déjà le 5 la desquamation se faisait aux mains par larges lambeaux.

HG Se

OBsERVATION XI. — Pyémie après la scarlatine. — Pleurésie purulente. — Arthrite suppurée du coude. — Cauçer, Lancet, 11 avril 1891. (Résumée).

F. M... âgé de 8 ans, entre le 26 décembre 1890 avec une scarlatine grave. A la fin de la première semaine la température est normale. Le 31 décembre elle remonte à 3807. En même temps rash hémorrhagique, ulcération de la gorge, écoulement sanieux et fétide du nez ; ganglions de l’angle de la mâchoire et sous-sterno-mastoidiens durs, gonflés, avec œdème de caractère phlegmoneux. Pouls 144. Malade très agité.

4 janvier. — Gonflement du cou a augmenté, véritable cou de taureau. Temp : 38°8-39°4. Le chloroforme est administré. Incision des deux côtés du cou. La partie superficielle est dure, résiste à la section ; écoulement ichoreux, noir ; dans la profondeur, pus. Drainage.

Le 8. — Temp. 389. Nouvelle incision à gauche sous le chloroforme. Rash très marqué, très foncé.

Le 9. — Rémission légère. Temp. 3707-3804.

Le 18. — L'état reste stationnaire. Temp. a varié de 3707 à 3906. Nouvelle collection purulente ouverte au côté gauche du cou sous le chloroforme. Drainage. Toniques. Champagne.

Le 20.— Temp. 3906. Point de côté à gauche. Albumine dans lurine.

Le 25. — Temp. 40°%5. Pouls 160. Pleuro-pneumonie du lobe inférieur gauche. Ecoulement sanieux, du nez. Gonflement du cou diminue. Albumine. ,

Le 31. — Jusqu'à cette date état très critique. Temp. 3904-40. Au 6° jour de la pneumonie tombe à 38°. Le malade se plaint de douleur dans le coude gauche, l'articulation est chaude, tendue, douloureuse, fluctuation nette. Sous le chloroforme ouverture de Particulation ; lavage avec solution phéniquée au 20e. Drainage. Pansement phéniqué et iodoformé, renouvelé toutes les quatre heures. Compression.

1* février. — Douleur du coude a disparu. Temp. 3668. Léger nuage d'albumine.

ETS UE

Le 3. — Temp. 38. Affaiblissement et perte du murmure vésiculaire à la base gauche en arrière. Cœur déplacé. 50 respirations par minute. Thoracentèse. 3 pintes de séro-pus.

Le 6. — Amélioration. On retire letube de l'articulation du coude. Compression élastique.

Le 9 — Respiration embarrassée. Ponction thoracique à droite, une pinte de pus. Plus de suintement du côté du coude. Guérison sauf pour les plaies cutanées. Même traitement.

Le 16. — Temp. 36° 6. 380 8. La plèvre droite s’est de nouveau remplie. Empyème sous le chloroforme. On résèque 4 pouce 1/2 de la 10° côte. Deux pintes de pus, Deux tubes à drainage. Lavages phéniqués au 60€.

Le 47. — Opération bien supportée. Coude guéri.

Le 20. — L’empyème se vide mal. On retire le tube provisoirement. On évacue une livre de lymphe solide coagulée. Le soir température normale.

Depuis ce jour, la guérison marche rapidement.

Le 27 mars on enlève le tube de la poitrine.

Le 30. — Le malade se lève. Les mouvements du coude sont conservés.

OBseRvATION XII. — (J. H. CarsLaw, Glasgow médical journal,

mai 1891, page 332).

P. L. admis à l'hôpital le 21 octobre la troisième semaine de sa fièvre scarlatine avec desquamation et néphrite, mais sans affection localisée de la gorge, du nez ou de l'oreille.

Le 3 novembre les lésions rénales sont améliorées ; mais apparaît un gonflement douloureux de la cuisse droite.

Le 4. — Augmentation de la fièvre ; fluctuation au côté interne de l'articulation du genou ; pas de rougeur locale.

Le 10. — Gonflement localisé au côté interne de l'articulation du genou, et au côté externe de l'articulation de la hanche. Le jour suivant ouverture de l’abcès du genou.

Le 12. — Fluctuation profonde au niveau de la hanche derrière

Pi T USE

et au-dessus du grand trochanter. On peut provoquer quelques mouvements ; pas de craquements.

Le 49. — Mort. L’autopsie fut refusée mais l’on put examiner la hanche. On trouva érosion de la tête du fémur et de la cavité cotyloïde.

OBservATION XII. — Scarlatine grave. — Angine. — Rhumatisme. suppuré. — Mort. — Trousseau, Union médicale, 1850, page 413 (Résumé). |

Page 1