C. Alphonsine, 9 ans. Entrée le 24 juillet
Bonne constitution, santé antérieure excellente. Fièvre depuis la veille. Eruption très intense. Langue recouverte d’un enduit blanchâtre, rouge à la pointe. Angine très prononcée, amygdales, voile du palais tuméfié et rouge. Ganglions du cou et de l’aine douloureux. Le ventre est ballonné, douloureux à la pression. Calomel.
25 juillet. Gonflement énorme des ganglions du cou. Articulations des poignets gonflées, rouges, douloureuses.
Le 26. — Les deux poignets, épaule droite, le genou, le pied, sont pris. La langue est humide. Souffle cardiaque au 1° temps. Eruption continue. Fièvre intense. Sulf. de quinine. Ogr 50.
Le 27. — Le rhumatisme à une intensité considérable. Les articulations des genoux sont très tuméfiées, la fluctuation est évidente. Bruit musical au 4°° temps. Sulf. de quinine O gr. 75.
= Le 28. — Mort à 8 heures du matin. 3e jour de la scarlatine. 3e du rhumatisme.
Auropsie 24 heures après la mort : Dans les plèvres assez grande quantité de sérosité citrine. Poumons sains. Le cœur a son volume normal. Pas d'épaississement des valvules. Rien dans l'abdomen ; le foie et la rate sont normaux, les reins aussi; du reste il n’y avait pas eu d’albumine pendant la vie. Les deux articulations des poignets, des épaules, des coudes, des genoux, du pied contiennent du pus en quantité considérable. C’est un pus bien lié de couleur jaune-verdâtre, épais, crémeux. Le tissu cellulaire sous-synovial est injecté : la séreuse est rouge, tuméfiée. Les ganglions du cou, de l’aine et du mésentère sont enflammés, mais non suppurés.
Conclusions.
1° Les complications articulaires de la scarlatine ne sont pas d’origine rhumatismale.
2° Elles ne sont pas non plus dues à une localisation particulière du poison scarlatineux ; mais dépendent d’une infection secondaire.
3° L’agent de cette infection semble être le plus souvent le streptocoque. |
4 Ce fait, absolument prouvé pour les arthrites suppurées, et la polyarthrite séreuse, est plus que probable pour les autres formes.
5° La porte d'entrée de l’infection est le plus souvent au niveau de l’'amygdale.
6° Le traitement doit être curatif ; mais surtout prophylactique.