‹ Des Complications Auriculaires de l'OzèneChapitre 47 sur 69 · ANNEE · texte numérisé non relu

ANNEE

Le pharynx présente nn aspect lisse, desséché, avec, sur la région médiane un revêtement croûteux, parcheminé.

Par la suite, le gonflement retro-auriculaire s’accentue, la membrane tympanique est repoussée en dehors comme s’il y avait un exsudat dans la caisse.

On pratique l'incision de Wilde, le périoste tapisse le fond de

la collection ; pas d'os à nu. On fait une prise de pus lors de l'intervention.

OBservATION XLV

(Observation III, de Mesray et VIOLLET.)

Abcès sous-nasal eonsécutif à une mastoïdile d’origine ozéneuse

Femme de 39 ans, atteinte d'une otite suppurée droite remontant à 4 mois.

Symptôme d’ozène manifeste.

Adénite retro-auriculaire dont l'apparition a coïncidé avec une diminution de l’otorrhée. L'apophyse mastoïde est très sensible. Le D' Chatellier incise le point qui fait saillie dans le conduit auditif au niveau de la face postérieure. Le pus sort lorsqu'on appuie sur la mastoïde et se vide par l’incision.

Le lendemain, nouvelle intervention qui permet de reconnaître un orifice osseux, qui conduit jusqu'à une petite collection développée au contact de la mastoïde.

Guérison rapide.

Ues trois observations se trouvent rapportées in-extenso dans la thèse de Peck.

L'examen des sécrétions nasales dans ces trois cas étudiés par Meslay et Viollet révéla l'existence d’un bacille, toujours le même, possédant tous les caractères du Friedländer, caractères qui ne sont autres d'ailleurs que ceux attribués par Lœwenberg à son

bacille spécial de l'ozène. Aussi ces auteurs concluentils à l'identité du bacille de Læwenberg et du pneumobacille. L'examen du pus des complications auriculaires des 3 cas d’ozène rapportées plus haut fut fait en même temps que celui des sécrétions nasales:; deux fois (observations IL et IE de Meslay et Viollet) on y rencontre du pneumo-bacille à l'état de pureté: une fois (observation 1) de streplocoque. Ces observations tendent donc à prouver que les complications de l’'ozène relèvent très souvent du pneumo-bacille : mais elles peuvent dépendre d'associations microbiennes quelconques dues aux agents de la suppuration.

Des recherches analogues, entreprises par Ferrari, mirent également en évidence des bacilles de Lœwenberg dans le pus de ces otites. Par contre Compaired, dans tous les cas qu'il examina, ne rencontra jamais que des microbes ordinaires de la suppuration, des sitreptocoques notamment.

Nous rapportons ces quelques résultats bactériologiques à titre purement documentaire, sans prétendre en tirer la moindre conclusion concernant la pathogénie exacte de l’ozène et de ses complications auriculaires: car le dogme de la spécificité du Lœwenberg comme agent pathogène de l’ozène est loin d'être sohdement établi. On le rencontre dans les affections qui n'ont aucun lien de parenté avec la rhinite atrophique, alors qu'il est parfois absent dans des eroûtes et du mucus manifestement ozéneux. Enfin nous n’'ignorons pas qu'à côté de la théorie infectieuse qui, suivant les auteurs, envisage le Lœwenberg ou son rival le coccobacille de Perez comme facteur électif de

RG AE

la rhinite atrophique, il existe d'innombrables interprétations pathogéniques de cette affection, qui renferment peut-être quelque part de vérité et qui méritent d’être prises en considération.

Caractères cliniques de ces otorrhées.

Parmi les caractères de l'otite d’origine ozéneuse, il en est un de premier ordre déjà signalé, mais qui mérite d'être souligné en raison de son importance : c’est l'extrême fétidité de la suppuration.

Parfois mâme, l'odeur qui se dégage du conduit auditif est si spéciale et si pénétrante, que l’on songe immédiatement avant tout examen à l’origine ozéneuse possible de cette suppuration, hypothèse que vérifie aisément l'examen des fosses nasales. Dans toutes les observations que nous empruntons à Compaired, cette extrême félidité a été relatée.

La bilatéralité fréquente de ces otites s'explique précisément par la bilatéralité habituelle de la rhinite atrophique et son extension au pharynx nasal. Dans les cas d'otite unilatérale, l'infection s’est ordinairement développée du côté de la narine la plus touchée.

Une autre caractéristique essentielle de ces otites suppurées d’origine ozéneuse est leur ténacité, ténacité qui n'a d'égale que la chronicité désespérante de la rhinite atrophique qui la conditionne. Aussi lorsque la perforation tympanique à livré passage aux produits de la suppuration. il serait téméraire d'espérer une cicatrisation rapide de cette membrane, à moins d'y apporter des soins extrêmement minutieux.

Page 1