‹ Des Complications Auriculaires de l'OzèneChapitre 48 sur 69 · RS · texte numérisé non relu

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Abandonnée à elle-même, cette perforation tend à s'aggrandir et on pourra remarquer dans les observations qui vont suivre que les dégâts sont souvent considérables ; on y trouvera notée fréquemment la disparition totale de la membrane tympanique accompagnée de chute des osselets. Le fond de la caisse, même après des lavages répétés, ne se dépouille jamais complètement d'un exsudat purulent, blanchâtre, qui recouvre la muqueuse. Celle-ci, constamment baignée par le pus qu'entretient l'infection nasale, n’a pas plus de tendance à l’épidermisation que la perforation tympanique n'a de tendance à se cicatriser. C’est pourquoi il faut s'attendre à voir figurer dans la symptomatologie de l'otite purulente d'origine ozéneuse toutes sortes de complications. Les polypes S'Y rencontrent fréquemment et 11 y est fait allusion dans plusieurs observations rapportées plus loin. La muqueuse devient fongueuse, végétante, se présentant sous forme de pseudo-polype.

Une complication plus redoutable et aussi fréquente est le cholestéatome. L'otite d’origine ozéneuse, par la persistance de l’écoulement, par l'étendue de la perforation, par les lésions d’ostéites intéressant les osselets et le promontoire, réalise en effet la plupart des conditions qui président à son développement. Sur dix observations d'otorrhée avec complications mastoïdiennes rapportées dans l'ouvrage de Compaired, cinq s'accompagnent de cholestéatome. Ces masses cholestéatomateuses sont volumineuses, elles ne se limitent pas à la caisse et se moulent sur l’aditus, sur l’antre et occupent parfois toutes les cellules mastoïdiennes.

À la faveur de ces lésions fongueuses de la muqueuse

re longtemps baignée par le pus, des caries osseuses se produisent, frappant tantôt le promontoire, tantôt, el de préférence, le recessus épitympanique avec les

osselets.

Complications mastoïdiennes et intra-craniennes.

Il est évident qu'avec des lesions auriculaires aussi ténaces, on peut observer toute la gamme des complications extra et intra-craniennes. Les observations que nous rapportons ont trail, comme on le verra, à des cas susceptibles d'aller, comme gravité, de la simple mastoïdite jusqu'à l’abcès du cerveau et l'ostéomyélite des os du crâne.

Quel est le rèle exact de l’ozène dans toutes ces complications et à quel tütre intervient-1il ? Autrement dit, l’otite d’origine ozéneuse affecte-t-elle réellement dans son évolution une virulence et une malignité plus accusée que les autres otites chroniques ? Nous ne le pensons pas. Elle ne jouit pas d’une virulence spéciale comparable, par exemple, à celle de l’otite scarlatineuse qui est éminemment nécrosante et destructive. Elle ne frappe pas non plus comme l’otite des diabétiques, qui tire sa gravité de l’affaiblissement de la résistance organique des sujets qui en sont atteints. Ce qui exqlique les accidents signalés plus haut, c’est que l’otite d'origine ozéneuse est essentiellement chronique et n’a pas de tendance spontanée à la guérison, et à ce litre prédispose aux complications intra-craniennes comme toutes les autres suppurations prolongées. Le véritable facteur de gravité

dans l’otite d’origine ozéneuse réside dans la ténacité de l'infection nasale qui entretient l'écoulement et le prolonge indéfiniment.

D'ailleurs, il arrive que l’otorrhée cesse pendant quelques semaines, alors qu'on observe un traitement soigneux et assidu de la rhinite atrophique, pour réapparaître dès qu'on y apporte moins de constance et moins d'attention.

Aussi, nous ne pensons pas comme Compaired (voir pages 76, 77), que la fréquence et la gravité des complications mastoïdiennes el intra-cranienés, suites d’otorrhées ozéneuses, constituent des arguments suffisants pour faire de l’otite d'origine ozéneuse, une entité morbide; car nous estimons que ces complications peuvent s’observer au cours de toute otorrhée qui s’éternise.

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