OBSERVATION LXIX
{LanNotis et JAGOb.)
M'e P. X... est actuellement âgée de 40 ans et est en traitement plus où moins régulier depuis avril 1895. Elle racontait à ce moment qu'elle avait des écoulements irréguliers des deux oreilles depuis l'adolescence, avec prédominance du côté gauche, où il s'en était déclaré un nouvau deux mois auparavant.
Au lavage, au milieu de nombreux débris malodorants, il sort un petit polype granuleux qui venait de la partie postéro-supérieure du cercle tyrmpanal. On n'arrive pas à bien voir la perforation en raison des débris épidermiques adhérents. L'oreille droite présente une forte dépression cicatricielle en arrière du manche occupant les deux tiers supérieurs du segment postérieur ; elle adhère à demi à la paroi interne par des brides cicatricielle fibreuses.
La malade raconte alors qu'elle a été longtemps soignée par un chirurgien pour ulcération «avec carie dans le nez ». En réalité, il s’agit d’une très grosse rhinite atrophique avec eroûtes et ozène manifeste; il y a üne forte déviation de la cloison à gauche. :
Elle a de plus un rétrécissement mitral.
L'écoulement était léger, mais toutes les fois qu'elle revenait se faire examiner, on retrouvait le conduit rempli de masses jaunâtres et de lambeaux d'épiderme macéré avec odeur caractéristique. Il dura jusqu'au mois de juillet. À ce moment, l'andition était remontée à 18 centimètres pour la montre.
OR
La malade resta ensuite cinq ans sans se montrer, mais depuis, il ne passa d'années sans qu'elle revint avec la même histoire et présentant les mêmes symptômes. À chaque instant elle avait de l’abaissement de l'ouïe, un peu de suintement, et on retrouvait les mêmes masses obstruant le conduit, remplissant la caisse et ses anfractuosités.
En décembre 1902, elle eut encore un petit jolype comme celui qu'elle présentait à sa première visite : un autre plus petit est noté à la date du 21 août 1907. Mais à partir de ce moment, l'écoulement s'est définitivement arrêté. Au commencement de mai 1910, nous notons qu'il n'existe à gauche qu'un moignon de manche fortement baseulé en dedans, que la cicatrisation s’est faite sur la paroi interne de la caisse, mais qu'il y a toujours, en haut et en arrière, des lambeaux épidermiques secs.
La rhinite adrophique est toujours la même, mais il n'y a presque plus de croûtes, et l'amélioration est manifeste : elle a coïncidé avec des pulvérisations alternées d'huile de bouleau et d'huile airolée.