‹ Des Complications Pulmonaires de la Hernie Étranglée et de Leur PathogénieChapitre 20 sur 22 · È LOS · texte numérisé non relu

È LOS

| Si nous jetons un coup-d’œil sur l’anatomie du sympans en cette région, nous voyons à chaque GARE inter- costal un rameau médullaire se détacher. Or, rien n’empècherait d'admettre que le courant, pour employer ce terme de physique, interrompu en un point de son parcours, peut prendre un chemin détourné. Le circuit étant interrompu entre le sixième et le septième récurrent médullaire, par = exemple, le courant suivrait le tronc du sympathique jusqu’au septième, puis la moelle reviendrait par le qe espace ei reprendrait le trajet interrompu. à

Il faudrait pour combattre victorieusement cette hypothèse

pouvoir amener la dégénérescence du sympathique sur une assez grande étendue, et obtenir alors encore les lésions précédentes. C’est ce que nous avons pu faire, et le résultat de ces dernières expériences est absolument contraire à nos prévisions. On sait que, chez le chien, ce n’est que le quatrième jour que commence la dégénérescence d’un nerf sectionné. Il fallait donc opérer sur un animal ayant dépassé cette date depuis quelque temps et non depuis un intervalle suffisant, pour que la régénérescence ait pu se produire, £’est-à-dire un mois après la section.

LA DESTRUCTION DU SYMPATHIQUE SUR UNE CERTAINE ÉTENDUE EMPÊCHE LA CONGESTION PULMONAIRE DE SE PRODUIRE APRÈS L'ÉTRANGLEMENT HERNIAIRE.

Expérience [. — Sur une jeune chienne pesant environ 10 kilog. et d’une taille moyenne, nous pratiquons des sections du sympathique en des points et à des intervalles de temps différents, savoir :

1" section du sympathique droit et gauche, au 2° espace,

le 5 juin.

2m section du sympathique droit et gauche, 4% espace,

7 juin. ; 3me section du sympathique droit et gauche, 5° espace, 9 juin.

Le 8 juillet au matin, soit 33 jours après la première opération, nous procédons à l’étranglement herniaire.

Le 9 au soir, l’animal étant agonisant, nous faisons la. section du bulbe, et nous procédons à l’autopSñe. Anse herniée sphacélée. Les sections ont toutes bien porté, sauf celle du cinquième espace intercostal droit qui n’a pas réussi. Les poumons sont absolument sains microscopiquement et macroscopiquement. Mais les sympathiques sont bien modifiés.

Le droit comme le gauche depuis le premier ganglion thoracique jusqu’au niveau du sixième, sont plus épais, de coloration plus foncée et d’une consistance plus grande que dans les parties saines sous et sus-jacentes. Les deux bouts des nerfs divisés sont renflés à leurs extrémités et sont réunis par un tractus cicatriciel. Cette cicatrice du nerf beau-

NT Ge coup plus mince est plus claire, plus transparente, a l’aspect d’ün tractus de tissu conjonctif.

Le nerf étant durci dans l’acide osmique, et dissocié, nous présente des fibres remplies uniquement de cellules allongées, remplissant toute la longueur de la partie examinée. Nous n’avons pu voir distinctement les noyaux; pour cela, il aurait fallu pouvoir colorer au picro-carmin, et malheureusement nous l’avions plongé tout entier dans l'acide osmique. Nous avions done ici la dégénérescence des nerfs sectionnés, décrite par Vulpian, puis par Cornil. Nous trouvions que la dégénérescence s’étendait trop haut, pour que la suppléance que nous avions rencontrée plus haut pût se produire.

ExpPértexce Il. — Elle a porté sur un chien jeune de 12 kilogr. environ; les sections suivantes ont été pratiquées:

1° Sect. du sympathique droit et gauche, 3° espace : 5 juin.

2° Sect. — 1e 5 — 7 —

3° Sect. — — TT — 9 —

L’animal subit l’étranglement le 4 juillet dans les conditions ordinaires, meurt le 5 juillet.

À l’autopsie les poumons sont sains. L'état du nerf est le même depuis le 2° jusqu’au 6° ganglion thoracique ; l'examen macroscopique et microscopique nous conduit aux mêmes résultats que dans le cas précédent,

-* Il eût été intéressant de pouvoir attendre sur quelques animaux la régénérescence du sympathique, et de voir si le réflexe se reproduisait, mais le temps nous a manqué pour cela; en effet, il aurait fallu préparer des sujets trois mois à l’avance, et nous n’avions pas eu la prévoyance de le faire.

| Donc ces deux expériences nous prouvent que le sympa-

__ thique ayant subi sur une assez grande étendue la dégéné-

rescence vallérienne, le réflexe pulmonaire ne se produit

He ESS Re à:

PRG nes plus. Nous avions raison en émettant la restriction que nous avions faite, lorsque nous avions retrouvé la spléno-pneumonie après section du sympathique. Nous devons donc rendre à ce nerf le. rôle qu’il doit nécessairement jouer; c’est bien par lui que passe le puissant réflexe que nous avions invoqué; il nous reste, pour lui rendre pleinement justice, à retrouver la voie de retour au poumon.

Nous avions pensé un instant que l’influx nerveux revenait par le pneumo-gastrique, car les lésions produites sont celles qui sont occasionnées par l’excitation et surtout la section de ce nerf. Mais nous savons que le pneumo-gastrique est accompagné du vago-sympathique, et que ce dernier est également sectionné dans ces expériences. [1 fallait, pour que la démonstration fàt complète, opérer sur un animal où les deux nerfs sont séparés, sur le lapin.

Sur ce dernier, le vago-sympathique se trouve facilement à côté de la carotide dans le paquet vasculo-nerveux du cou. Nous avons été assez heureux pour pouvoir le sectionner chez un lapin, qui a survécu à cette double opération; 15 jours après, l'animal subit l’étranglement herniaire et mourut 22 heures après avec les poumons indemnes. Nous n'avons qu'un résultat de ce genre, car les animaux ont très souvent succombé à ce traumatisme, et ce n’est qu’à grand peine que nous avons obtenu une survie.

—. LPO

ti

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