PRONOSTIC
Les troubles vésicaux qui surviennent dans les péritonites généralisées d'origine appendiculaire ne sont pas graves par eux-mêmes; le cathétérisme a raison de la rétention. La péritonite est seule à mettre en cause.
La rétention réflexe etles symptômes de péricystite ne sont pas habituellement d’un mauvais pronostic. Ici encore l’évolution de l’appendicite seul doit préoccuper le médecin. Néanmoins, les troubles causés peuvent être tenaces. Nous avons cité une observation de Le Filiâtre dans laquelle un homme eut pendant 12 ans des troubles sérieux de la miction.
Il faut surtout juger ces incidents vésicaux avec la sévérité qu'il convient, car nous savons qu'ils précèdent la cystite et la perforation vésicale.
Dans la cystite. — La cystite est bénigne également; elle cède rapidement au traitement vésical, surtout après incision du foyer appendiculaire. Il n’en est pas moins vrai que les symptômes de cystite précédent parfois la perforation.
Dans la perforation vésicale. — Le pronostic de la perforation vésicale est bien plus sévère. La perforation guérit parfois spontanément (11 fois dans nos 43 cas). Il arrive même que cette complication soit une terminaison naturelle de l’'appendicite dont le foyer purulent se trouve ainsi évacué.
Après l'intervention chirurgicale, nous avons vu 18 guérisons.
Mais à côté de ces 29 terminaisons heureuses, la fistulis ation a persisté chez 13 malades, dont 11 sont morts en deux ou trois ans. Cette issue fatale estplus ou moins rapide, selon les circonstances. En effet, il est prouvé (PascaL) que plus
une fistule est placée haut sur le tube intestinal, plus la
nutrition du malade est mauvaise (il en est ainsi pour les.
anus contre-nature). Or, les fistules qui nous occupent, étant en position relativement élevée (partie iléo-cœcale de l'intestin), le malade a une nutrition défectueuse. De même, plus. : l'étendue de la communication intestino-vésicale est importante, plus la nutrition est faible et aussi plus la vessie a des chances d'infection. Si, d'autre part, un vaste foyer appendiculaire n’est pas évacué, qu'il persiste longtemps, il arrive
ici ce que l’on voit dans les suppurations longues : la dégé-
nérescence amyloïde des organes survient. L'état antérieur du malade entre évidemment en jeu, ainsi que son âge et la résistance de sa vessie. Les complications que nous avons vues : cystite, hématurie, calculs, pyélo-néphrite complètent
ce tableau de misère. Les malades meurent alors cachectiques.
dans le marasme ou bien une péritonite aiguë, des accidents urémiques, une affection intercurrente même bénigne viennent rapidement mettre fin à leurs jours. Si l’on joint à cela les risques que court le malade du fait de sa lésion appendicu-
laire, même lorsque la perforation est guérie spontanément,
il faut juger la question avec beaucoup de gravité.
Heureusement, la chirurgie a maintenant amélioré le
pronostic de ces lésions. Le traitement médical et opératoire
prévient en général les complications de l’appendicite; il Les
atténue, les abrège et les guérit.