‹ Des Compressions Porte: Consécutives aux Opérations Sous-HépatiquesChapitre 11 sur 33 · DATES · texte numérisé non relu

DATES

canule à injection de sérum, le liquide fut aspiré avec rapidité malgré la faible pression qu’il y avait dans l'appareil; ceci prouvait donc que la tension était faille dans la circulation générale; mais ce qui fut surtout intéressant à noter c’est que les accidents qui se produisaient d'ordinaire une demi-heure à une heure après la ligature porte, tardèrent à faire leur apparition el que l'on obtint encore une survie d’une heure ou deux. Finalement les animaux moururent en présentant les symptômes ordinaires et à l’autopsie on trouva des lésions semblables et même plus accentuées que lorsqu'on avail fait simplement la ligalture du vaisseau.

La transfusion du sang donna des résultats analogues, mais de plus, au cours de cette expérience on. put voir côte à côte les accidents dus à l’hémorragie ebtles accidents dus à la ligature porte et s'assurer encore une fois qu'ils se ressemblaient en tous points. Durant la premiere heure le chien à qui on avait lié le tronc porte et qui recevail une injection intra-veineuse ne présentail rien d’anormal ; au contraire le chien qui fournissait le sang ne tarda pas à mourir au milieu des symptômes ordinaires, spasmes respiratoires, décoloralion des muqueuses, etc. Quelque temps après le second chien mourut à son tour à la suite des mêmes accidents.

Nous avons insisté un peu longuement sur ces expériences, qui prouvent que les animaux succombent par anémie, dans un temps relativement fort court, car tout dernièrement encore en février 1903, M. le Dr Clermont faisait paraître dans le Centre

= rOBi

Médical de Gannat, un article où il conseillait, d’interrompre la cireulation du foie au cours de certaines opérations. Pour éviter l'hémorragie à la suite d’interventions hépatiques, qu'il s'agisse de résection ou de simples sutures après un traumatisme. Cet auteur prétend que l’on peut sans danger placer une pince à forcipressure sur le pédicule du foie. Il n’a jamais eu l’occasion de comprimer la veine porte chez l’homme mais il à fait dans ce sens une série d'expériences sur les lapins et il ne signale aucun accident. Malheureusement, lorsqu'on lit le compte rendu de ses observations, on s'aperçoit que toutes les fois que la pince à produit une oblitération complète elle n’est pas restée en place plus d’un quart d'heure et toutes les fois où l’on croyait avoir interrompu la circulation pendant plus d'une heure, la résection d’une partie du foie amenait une hémorragie plus ou moins abondante, ce qui prouve bien que la circulation n’était pas complètement interrompue. De plus, M. Clermont recherchait surtout si la forcipressure ne produisait aucune lésion sur la tunique des vaisseaux, et par conséquent il a bien pu ne pas attacher une grande importance à la décoloration des muqueuses ou à des symptômes analogues. Quoiqu'il en soit, à l'heure actuelle, on doit considérer comme définitivement établi que l’oblitération brusque de la veine porte amène la mort par spoliation sanguine et ne jamais songer à placer une pince sur les gros vaisseaux qui se rendent au foie. Mais comme nous l'avons laissé entrevoir dans notre introduction, et comme nous le prouverons plus loin, il est des cas où l’on peut involontairement compri-

og

mer la veine porte, à quels signes reconnaitrons-nous cette compression. Les physiologistes désireux d’arriver à une interprétation pathogénique exacte de la mort à la suite de la ligature du pédicule hépatique, n’ont étudiéles symptômes présentés par les animaux en expérience, qu'au point de vue de l'interprétation physiologique du phénomène. Si donc, nous voulons pouvoir déceler cliniquement, à nn moment quelconque, les compressions porte, il nous faut tracer le tableau symptomatique de celles-ci en extrayant des observations expérimentales les signes caractéristiques, et en vérifiant l’origine porte de ces symptômes par l'étude des lésions anatomo-pathologiques que présentent les organes des animaux opérés.

C'est ce que nous allons faire dans le chapitre suivant.

Page 1