‹ Des Compressions Porte: Consécutives aux Opérations Sous-HépatiquesChapitre 10 sur 33 · NON · texte numérisé non relu

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grâce à des anastomoses une circulation complémentaire s'établit; l'animal ne meurt pas et revient très rapidement à la santé. En présence de tous ces faits, Roger rejette donc la théorie de Schiff mais il rejette aussi celle de Claude Bernard sous prétexte que les symptômes observés ne ressemblent pas à ceux que donne une hémorragie.

En présence de ces incertitudes, MM. Castaigne et Bender, en 1899,cherchèrent à résoudre, une fois pour toutes, cette question et grâce à une série d'expériences savamment graduées ils sont parvenus à établir d’une facon définitive les causes de la mort après la ligature de la veine porte.

Ils cherchèrent d’abord à expliquer les résultats différents, obtenus par les expérimentateurs, au point de vue de la survie, les chiens opérés succombant au bout d'une demi-heure suivant les uns, au bout de trois heures et même plus, suivant les autres. Ils ont montré que deux causes avaient unegrande influence sur le degré dela survie. La première est représentée par la congestion intestinale antérieure à l’opération, les animaux opérés en pleine digestion succombant plus rapidement ; elle avait d’ailleurs été notée par Claude Bernard qui conseillait de n’expérimenter que sur des chiens à jeun depuis la veille. La seconde tient à une disposition veineuse particulière signalée et décrite par ces auteurs. Le plus souvent on trouve chez le chien une grosse veine résumant la cireulation du duodénum et du pancreas, cheminant à peu près horizontalement de gauche à droite et venant se jeter à un niveau variable dans le tronc principal. Le vais-

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seau étant très important, si par hasard on place la ligature au-dessous de lui, et e’est ce qui à dû se produire dans bon nombre d'expériences, une certaine quantité de sang arrive encore jusqu’au foie et on n'obtient ainsi que des résultats erronés.

Castaigne et Bender dans leurs expériences évitèrent celte cause d'erreur ; ils dénudèrent très soigneusement la veine porte, la suivirent attentivement de bas en haut el ne la lierent que lorsqu'ils furentabsolument certains d’être au dessus de l'embouchure de la veine duodéno-pancréatique; dans ces conditions les chiens opérés ne survécurent jamais plus de deux heures et moururent en présentant des symptômes identiques à ceux qu’on observe sur les animaux à qui on à fait une saignée blanche. |

L'étude anatomo-pathologique des divers organes leur permit également de constater que la mort était bien le résultat de l’anémie par suite de l’accumulation du sang dans le, tractus gastro-intestinal. D'ailleurs,

théoriquement on comprend très bien qu'il en soit ainsi. Dès que la ligature est faite le sang ne trouvant plus d’issue s’accumule dans tous les organes dépendant de la circulation porte et comme chaque systole cardiaque en envoie une nouvelle quantité, au bout d'un laps de temps relativement très court, il ne reste presque plus de sang dans la circulation générale.

On aurait donc pu s’en tenir à cette démonstration, mais la théorie de l’insuffisance avait eu tant de partisans, que Castaigne et Bender n’ont plus voulu laisser subsister lé moindre doute sur cette question, et dans ce but ils ont fait deux autres séries d'expériences en

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se basant sur le raisonnement suivant : « S'il est vrai, disent-ils, que les animaux auxquels on à lié la veine porte meurent du fait de l'accumulation du sang dans le tractus gastro-intestinal, on devra s'opposer à là mort, ou tout au moins la retarder par deux procédés, ou bien en empêchant l'accès du sang dans les organes tributaires du système porte, ou bien en augmentant la masse sanguine par une transfusion ».

Pour empêcher l’accès du sang dans les organes tributaires du système porte le procédé idéal aurait consisté à lier toutes les artères qui aboutissent à ces organes. Pratiquement, ce procédé était irréalisable, vu le grand nombre de vaisseaux que l’on aurait eu à lier. Aussi, on se contenta de faire la ligature de l'aorte au-dessus du tronc cœliaque. On empéchait bien ainsile sang de pénétrer dans le tractus gastro-intestinal, mais l'animal présentait alors une série de symptômes nouveaux qu’il s'agissait de ne pas confondre avec les symptômes consécutifs à la ligature de la veine porte ; aussi Castaigne et Bender durent-ils étudier tout d'abord les effets de la ligature simple de l'aorte.

A la suite de cette opération, les chiens présentèrent des crises douloureuses revenant par accès ; ils pousserent des eris plaintifs et portèrent la tête vers leur extrémité postérieure qui semblait être le siège de douleurs. Les phénomènes durèrent environ trois heures. La phase terminale survint ensuite dans le courant de la quatrième heure. Le train antérieur de lanimal présenta alors une raideur permanente, puis apparurent des crises convulsives. Dans un premier stade de ces crises, on nota des contractures de la

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gueule, des paupières et des lèvres. Dans un deuxième, tonique, la raideur se généralisa à la tête et au cou. Enfin, dans un troisième stade clonique, la tête se rejeta en arrière, les muscles masticateurs se contractèrent violemment etle train antérieur fut animé d'une série de mouvements ressemblant à ceux qu'aurait fait le chien pour galoper. Ces crises, à la suite desquelles les animaux fatigués restèrent étendus sur le côté, conservant de la raideur marquée du train antérieur et de la nuque. se répétèrent en se rapprochant de plus en plus et la mort survint au milieu de l'une d'elles.

Les symplômes, on'le voit, différent beaucoup des symptômes d'anémie observés après la ligature du tronc porte. La ligature simultanée des deux vaisseaux donna simplement naissance à des accidents identiques aux précédents, mais l’on constata, et c'était là le fait important, une survie d’une heure ou deux. Or, si la théorie de l'insuffisance hépatique avait été exacte, on aurait dû par cette expérience hâter la mort des animaux puisque le foie était privé en même temps et de son sang veineux et de son sang artériel. Par contre si on admettait la théorie de la spoliation sanguine cette survie s’expliquait très bien, la ligature porte empêchant le sang de s'accumuler dans le tractus gastro-intestinal et le maintenant dans la circulation générale.

D'ailleurs, la deuxième série d'expériences où, après avoir lié la veine porte, on augmenta la masse sanguine de l'animal, donna encore des résultats très probants. Dès qu’on eut introduit dans une veine du chien, la

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