‹ Des Compressions Porte: Consécutives aux Opérations Sous-HépatiquesChapitre 15 sur 33 · OBSERVATIONS DE SCHIFF · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DE SCHIFF

(Extraites de l’article : Unterbindung der Pfortader

Oblitération brusque et totale de la veine porte

Chat adulte nourri pendant longtemps avec de la viande de cheval. Opéré deux heures après son dernier repas.

Environ dix minutes après la ligature de la veine porte, il se réveille ne subissant plus l'influence de l’éther. IL fait plusieurs fois le tour de la chambre en courant. Les mouvements sont d’abord normaux, puis deviennent de plus en plus pénibles. Vingt minutes après l'opération, les pattes de derrière sont aussi contractées qu'au début d’un tétanos consécutif à un empoisonnement par la strychnine. L'animal tombe et reste couché sur le côté en respirant tranquillement, Toutes les quatre ou cinq minutes il pousse un gémissement quelquefois un véritable cri de douleur. Il se relève, mais retombe bientôt. Quarante-cinq minutes apres l'opération il est en agonie. Insensibilité presque complète. Refroidissement graduel. Mouvements respiratoires de plus

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en plus rares, battements du cœur de plus en plus espacés. Pouls insensible. Mort en une heure et demie.

Depuis le début de l'opération, il ne s’est pas écoulé une goutte de bile par la petite canule que l’on avait introduite dans la vésicule.

Tous les viscères de l'abdomen sont injectés de sang et ont une couleur très foncée. La rate est extraordinairement distendue, presque noire de sang veineux. Foie pâle et. anémié, avec des points veineux. Jusqu'à la mort on n’a pas noté d'évacuation d'urine. La vessie est modérément remplie, l'urine ne contient pas d’albumine, mais beaucoup d'urée.

Gros chat, bien nourri, opéré quatre heures après son dernier repas. La vésicule contieut de la bile de couleur jaune pâle, avant le début de l'expérience. On ligature le pédicule comme dans les cas précédents.

Presque immédiatement après son réveil il entre dans le coma. Insensibilité presque complète, il se couche sur le côté et retombe dès qu'on le met sur ses jambes. Haut degré d’assoupissement. Mort après refroidissement graduel au bout d’une heure un quart.

Jusqu'à la mort pas d'écoulement de bile par la canule placée dans la vésicule qui est vide. Dans l'intestin on trouve’ de la bile qui a dû être déversée avant le début de l'expérience, car toutes les hgatures ont bien tenu.

Foie pâle.

La rate est très hypertrophiée, de couleur bleuâtre. Mais l'intestin et les veines mésentériques sont dans ce cas peu injectés ; par endroit l’intestin n’est pas du tout cyanosé.

Un examen minutieux révèle la présence d’une anastomose entre la veine mésentérique et la veine rénale gauche.

Avant l'opération et pendant l’anesthésie, le chata uriné beaucoup ; pas d'évacuation pendant ‘toute la durée de l'expérience.

Au moment de la mort la vessie contient encore quelques gouttes d'urine qui renferment de l’albumine.

Un chat bien nourri subit la ligature du canal biliaire et l'on fait une fistule à la vésicule. Le liquide qui s'écoule de la vésicule est très foncé ; la fixation de la canule amène une légère hémorragie.

On passe alors légèrement, un fil autour de la veine porte. sans serrer les deux bouts, qu'on laisse pendre en dehors dela plaie ; on place quelques points de suture. Ce chat, qui avait subi la même opération, que les chats des expériences précédentes, mais dont la veine porte n'était pas ligaturée, se réveille peu à peu de sa profonde anesthésie. Vingt minutes plus tard il court dans la chambre et se comporte tout à fait comme un chat normal.

Une heure et demie après le début de l'opération, les deux bouts du fil qu'on avait laissé pendre à travers la plaie. sont resserrés. Sept minutes après, le chat devient triste ; on note de la faiblesse des mouvements: il chancelle. Il se couche alors sur le côté, il se lève, faitquelques pas, puis retombe. Au bout de douze minutes, il essaye encore de se lever ;il y parvient mais il essaye en vain de sauter dans sa caisse devant laquelle iltombe pour ne plus se relever.

Il relève encore quelques fois la tête, remue faiblement l'une ou l'autre patte: Puis tranquillité absolue: Mort 55° après la ligature de la veine porte.

A l’autopsie : lésions identiques à celles décrites dans les expériences précédentes.

Oblitération incomplète de la veine porte

Chez un chien anesthésié, la veine porte fut rapidement mise à nue et isolée de l'artère hépatique et du canal cholédoque ; la dissection ne fut pas faite très minutieusement, de sorte que des nerfs et des brides de tissu conjonctif restèrent attachés à la veine porte. On introduisit alors au-dessous de la veine un lien fin mais résistant, dont on ne serra pas les deux bouts qu'on laissa pendre en dehors de la plaie. Jusqu'ici c'est le procédé d’Oré pour obtenir une pylèphlébite artificielle. Les deux bouts furent croisés en dehors de la plaie, le droit dirigé à gauche vers le dos et le gauche à droiteen passant sur la partie supérieure de l'abdomen. Ligature assez lâche. Les fils furent imprégnés sur toute leur étendue d’une décoction de coloquinte.

La lumière de la veine porte était ainsi peu retrécie. Les animaux se montraient assez gais à leur réveil. Si on les voyait devenir tristes on diminuait la tension des fils en les repoussant dans la plaie au moyen d’une pince.

De temps en temps on resserrait la ligature. puis on la desserrait. On essaya bien de faire passer les deux bouts de fil au-dessus du thorax de facon qu'ils se resserrassent d'eux-mêmes à chaque inspiration, et qu'au contraire leur tension devint moindre à chaque aspiration. Quoiqu'il en soit cette partie de l'expérience ne réussit pas.

Le chien mourut spontanément 48 heures après cetle oblitération incomplète de la veine porte.

Schiff fit encore sur un chat, sur un vieux chien et sur deux jeunes chiens, des expériences dont nous donnons cidessous le résumé :

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Le chat paraissait se bien porter à la fin du deuxième jour mais il refusait toute nourriture solide.

Le vieux chien qu'on laissa vivre jusqu'au troisième jour vomissait souvent et refusait lui aussi toute nourriture solide.

Les deux jeunes chiens vomissaient beaucoup mais mangeaient les deux premiers jours et buvaient encore le troisième.

Tous ces animaux moururent dès qu'on eut resserré la ligature.

A l'autopsie on trouva le foie moins pale que dans les expériences précédentes ; il présentait plusieurs points normaux.

Les gros troncs veineux des viscères abdominaux étaient gorgés de sang, mais la muqueuse de l'intestin n'était pas injectée.…

La rate était modérément hypertrophiée ; les veines de la paroi peu distendues.

On trouva de nombreuses anastomoses entre la circulation porte et la circulation générale. On constata la distension des veines sous-cutanées de la paroi abdominale, distension qu’on avait déjà notée pendant la vie de l'animal.

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