LAON
d’un seul coup les éléments du pédicule (veine, artère, cholédoque).
2 heures. — Après la ligature de la veine porte, l’anima reste inerte et immobile, en poussant seulement de petits cris plaintifs. Il respire régulièrement et les contractions cardiaques sont régulières et énergiques.
Mais au bout de très peu de temps, on s'aperçoit que les muqueuses de la bouche, de la langue et du palais commencent à se décolorer, et cette décoloration augmente, à mesure que le temps s'écoule.
Au bout de peu de temps, le ventre, qui était souple au moment de la ligature, devient plus résistant et dur à la pression. La rate est perceptible à la palpation. L'animal reste alors dans le même état et sans présenter de phénomènes nouveaux jusqu'à 2 h. 55.
A ce moment, il est pris de bâillement répétés et de spasmes respiratoires violents, la respiration se ralentit progressivement, le cœur bat toujours énergiquement, la fréquence des pulsations est notablement augmentée. Les muqueuses sont absolument décolorées, l'animal reste inerte et sans faire le moindre mouvement. On note une évacuation abondante de matières fécales légèrement teintées de sang.
2 h. 45. — Les spasmes respiratoires deviennent extrémement violents. Les mouvements respiratoires se ralentissent progressivement, puis le cœur se ralentit et s'arrête. Mort à 2 h. 50.
Dix minutes avant la mort de l’animal, on a sectionné l'artère fémorale, et il ne s’est pas écoulé une seule goutte de sang ; la survie opératoire à donc été de cinquante minutes.
Autopsie. — La cavité péritonéale ne contient pas de liquide, la ligature a intéressé la veine au-dessus du tronc duodéno-pancréatique.
Intestin. — L'intestin est extrêmement congestionné, violacé, noiràtre par places. Le revêtement péritonéal
ce
présente de nombreux foyers ecchymotiques. Les veines qui sillonnent le mésentère sont extrêmement dilatées, flexueuses, atteignant le volume d’une plume d’oie et même plus. La partie inférieure de l'intestin (côlon descendant, rectum) est notablement moins congestionnée. En ouvrant l'intestin, on constate que les parois sont beaucoup augmentées d'épaisseur. La muqueuse est tuméfiée, boursouflée, noirâtre. À la section, il s'écoule une quantité abondante de sang. On constate que la cavité intestinale renferme une certaine quantité de sang, qui a transsudé à travers les parois.
Estomac. — L'estomacest extrêmement dilaté et descend beaucoup plus bas que l’ombilic. La surface péritonéale est d'une couleur violet foncé ; elle est sillonnée par de grosses veines très dilatées. Le calibre des veinules terminales est considérablement accru et elles dessinent des arborisations bleuâtres. Le long de la petite et de la grande courbure, on trouve d'énormes veines atteignant le volume d'un crayon.
A la coupe, on voit que les parois sont très épaissies ; il s'écoule beaucoup de sang. La muqueuse est soulevée par de très grosses veines présentant une disposition irrégulièrement polygonale. La surface est noirâtre et renferme une assez grande quantité de sang,
Rate. — La rate est énorme. Ses dimensions sont quadruplées environ. Elle a une couleur brun violacé, ecchymotique, par places ; les veines qui en partent sont très dilatées. Cette augmentation du volume de la rate est le phénomène qui nous a le plus surpris. En faisant une coupe de l'organe, il s'écoule une quantité de sang que nous évaluons à 400 ou 500. centimètres cubes. À mesure que le sang s'écoule, la rate diminue de volume mais ne revient pas, à beaucoup près, à ses dimensions primitives.
Pancréas. — Le pancréas est légèrement augmenté de volume et assez fortement congestionné. A la coupe, il
s'écoule un peu de sang et la surface de section est rouge foncé. Mais cela ne peut être comparé en rien à ce que nous avons constaté pour la rate.
Foie. — Coloration brun pâle. A la section il ne s'écoule pas de sang.
Reins. — A la coupe, ils sont pàles, décolorés, comme si on les avait lavés.
Pourons. — Ils sont très pâles, véritablement exsangues.
Cœur. — Mort en systole. Les cavités ne renferment pas de sang.
OBSERVATIONS de GILBERT et GARNIER Extraites de l’article :
De l'abaissement de la pression artérielle dans les cirrhoses alcooliques du foie. — (Physiologie pathologique de l'hypotension cirrhotique. Recherches expérimentales sur la ligature de la veine porte. Action de cette ligature sur la tension artérielle).
Oblitération temporaire de Ia veine porte
Expérience sur un lapin:
Au début de l'expérience la pression au niveau des caroides est de 9 cent.
Après le pincement de la veine porte elle tombe à 7,4, On retire la pince. La pression remonte à 9 cent.
Une deuxième ligature amène de nouveau une chute de pression à 7,2. Aprés l'enlèvement de la pince elle remonte à 7,8.
Enfin la pince mise en place une troisième fois la pression s’abaisse à 6,4. Elle remonte à 7,8 après l’ablation.
Expérience sur un lapin :
Au début de l'expérience la pression est de 10,7. Elle tombe à 8,5 après le pincement de la veine porte. A ce moment l'expérience doit être arrêtée par suite d'une