CHAPITRE PREMIER
Causes de la mort après la ligature de la Veine Porte Théories pathogéniques.
Les premiers expérimentateurs qui faisaient la ligature dela veine porte avaient pour but de rechercher ce que devient la sécrétion biliaire lorsque le sang n'arrive plus jusqu’au foie. — Kottmeier, Kuthe et plus tard Asp et Rohrig parvinrent à démontrer que les fonctions du foie dépendaient de la circulation porte, la sécrétion biliaire diminuant quand on comprime légèrement la veine, ne subissant pas de chansement quandon comprime l'artère, s’arrêtant quand ‘on comprime les deux vaisseaux.
Mais ce qu’il y avait de plus frappant dans ces expériences, c'est que la ligature amenait rapidement la mort des animaux opérés. On constata, en effet,
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qu’ils succombaient en moins d’une heure ; Schiff nota une survie de quarante-six à soixante minutes ; Heidenhain reprenant les travaux de Moos et expérimentant sur des lapins montra que lorsque la ligature était bien faite ces animaux ne survivaient que vingt-cinq à trente minutes. Enfin les chiens opérés par Claude Bernard, Roger et bien d’autres physiologistes ne survécurent que deux heures.
Tous ces expérimentateurs, on le voit, s'accordent bien pour constater que la ligature de la veine porte entraîne la mort, mais là où ils diffèrent c’est pour indiquer la cause de la mort et les symptômes qui la précèdent.
Dès 1861, Schiff prétendit que les animaux mouraient empoisonnés par l'accumulation d’une substance incessamment produite par l'économie, mais à l’état normal incessamment détruite par le foie et éliminée par la bile. Dans l'impossibilité où il était d'isoler ce poison hypothétique il essaya d'établir :
4o Que le foie a la propriété de détruire certains agents toxiques dont la nature et l’action sont connues.
2° Que le sang, chez un animal ayant suecombé à la ligature de la veine porte présente des propriétés délétères, quand on l’injecte à un animal sain.
Il constata, en effet, qu’une certaine dose de nicotine introduite dans la circulation générale d’une grenouille amenait la mort, tandis qu’une dose double ingérée directement dans l'intestin ne suffisait pas pour produire le même effet. De même des doses faibles ne déterminaient chez l'animal sain que des effets légers et
fugacesilsproduisaientrapidement la mortaprèslaligature de la veine porte. Ilconclut donc que normalement une grande partie du poison était détruite pendant son passage à travers le foie. Prenant ensuite un centimètre cuba et demi de sang recueilli dans le ventricule droit d'un chien ayant succombé à la ligature de la veine porte el l'injectant à une grenouille qui avait subi la ligature de la même veine, il constata un affaiblissement excessif de l'animal, qui tantôt se remetlait lentement, tantôt finissait par mourir. L'injection d’une même quantité de sang normal n’entrainant aucun de ces effets, la toxicité du sang des animaux opérés était donc bien établie. D’où la conclusion finale que les animaux à qui on avait lié la veine porte mouraient intoxiqués.
Quelques années avant, Claude Bernard, dans ses lecons sur le diabète avait émisune opinion tout à fait différente. L'animal, disaitil, « périt en une demiheure ou trois quarts d'heure et le mécanisme de la mort est facile à comprendre : tout le sang tend à s'accumuler dans les vaisseaux de l'intestin où les artères l’apportent sans cesse, sans qu'il soit emporté ensuite; le cerveau et les autres organes deviennent exsangues et l'animal meurt réellement d’anémie. » Picard essaya de vérifier cette théorie en étudiant la pression du sang dans la circulation générale après injection d'air dans la veine, ce qui d’après lui produit le même effet que la ligature, mais il n’arriva à aucun résultat positif.
En 1873 Ludwig et Thiry furent plus heureux et ils montrèrent qu'après interruption de la circulation
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