AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR
En ouvrant la soixante-neuvième session de la Société helvétique des Sciences naturelles, réunie à Genève en 1886, Jacques-Louis Soret avait pris comme sujet de son discours présidentiel le rôle Joué par les Impressions réitérées dans la perception du Beau. Il y résumait un ensemble de recherches longtemps poursuivies dans ce domaine mitoyen, peu connu et de difficile accès, qui relie lesthétique aux Sciences mathématiques et physiques.
Ce discours était en même temps la première ébauche de l'ouvrage que nous publions aujourd’hui et que la mort de l’auteur a laissé imachevé. Nous n'avons apporté au manuscrit original que des mo-
difications de détail. Plusieurs passages sont de rédaction évidemment provisoire; quelques-uns étaient notés par l’auteur comme devant être remaniés. Mais en les modifiant, nous aurions risqué d’en altérer inconsciemment le sens; il nous a paru préférable de ne pas y toucher. Nous nous sommes donc bornés à corriger quelques lapsus, à supprimer quelques répétitions, à faire quelques raccords, et à ajouter quelques figures, conformément aux indications du manuscrit.
Nous avons eu souvent besoin de recourir aux lumières d'autrui. Nous prions tous ceux qui nous ont aidés de diverses manières, et particulièrement M. Marc Debrit et M. Théod. de Saussure, de recevoir ici l'expression de notre reconnaissance.
Sur un point, cependant, il a paru nécessaire d'ajouter quelque chose à ce que l'auteur lui-même avait écrit. Une trace devait rester des idées qui le préoccupaient, des questions qu'il se préparait à aborder quand la plume est tombée de ses mains.
Pour nous, ç’eût été là une grande difficulté. Nous avions par bonheur auprès de nous le collaborateur qui, à la fois comme écrivain, comme littérateur et
comme ami, pouvait le mieux combler cette lacune.
M. Marc Debrit avait suivi de plus près que personne le développement de la pensée esthétique de l’auteur. Seul il pouvait la reconstituer, et c’est à lui que nous devons les pages charmantes qui forment le commencement et la presque totalité du chapitre relatif à la Littérature.