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SIRE

Les hommes dont les idées ne vieillissent pas a\e« l'ancien monde , jettent leurs regards sur le nouveau; ils le voient riche d'espérance et d'avenir. L'un des plus beaux points de c^ vaste hémisphère compose le domaine d'un prince qui , presque enfant des Césars, tire de l'origine de son pouvoir (i) le droit de régner, et de lui-même, les éminentes qualités qui le placent à la tête de son siècle.

(i) Henriquez, chef de la maison de Bragance, ëlu comte de P(jrnij^';il en 1 1 28 , fut proclamé roi sur le champ de bataille, le 26 juillet 1 1 Ô9 ; le pape le reconnut en \'l\i\ il convoqua les Etats à Lamego, qui confirmèrent sa nomination en I i4<>.

Que lie doit-on ]);i!S attendre de, celui ([ui a lant fait à l'àoe où les autres commencent 1...

M'étant imposé la loi de ne jajuais louer en lace, je ferai taire mon admiration pour Votre Majesté ; mais dire qu'un regard pénétrant lui a fait saisir les traits caractéristiques de larl de gouverner; lui a montré cpie le luxe des Cours alimenté pai- le gain du malheureux, comme par le revenu du riche, iiCst point la splendeur dn trône, est-ce louer?

Ajouter que de la hauteur d'esprit et de la gran- (leiu- dame d un monarque de vingt-sc|)t ans, sont horties ces idées :

Que l'instruction seule grandit les hommes;

Que tous naissent avec un éi^al droit à sa justice;

Que les niasses laborieuses et industrielles ne doivent pas être sacrifiées aux exigences des oisifs qui bourdonnent autour des trônes;

Que la vérité nue doit éclairer les palais;

Que le droit de commander, exercé par un seul, facile à surprendre, auquel on re])orte toiU le mal (lue font ses agents, peut amener le refus d'obéir;

Qiu" , |)Our maintenir l'équilibre, des institutions réQéchies devaient remplacer la vf)lonté souvent faillible d iiii mait!'c;

A.voir ])()ur leur conser\aLion ,^ c(unmi- pour le bien, une énergie ipic rien ne peut cbianler :

(le u est pas louer, «est |)eindre remj)ereur du l')résil.

Quelle nation ne s'enorgueillirait pas d'avoir nu tel chef?

Comment, avec lui, n'entrerait-elle pas dans ce mouvement de progression ascendante qui doit la rendre inévitablement supérieure?

Quel spectacle se donne-t-il dans l'activité, l'aisance, la liberté qu'il fait naître!

Quelle science pour un roi que celle dfe puiser ses jouissances dans le bonheur des peuples!

Deux états éloignés ayant droit à un prince jeté dans un aussi grand moule , s'en fussent disputé la possession.

Pour obvier à toute jalousie , Votre Majesté a détaché une couronne de son front; l'antique berceau de Bragance fut couvert de ce manteau protecteur qui i échauffait déjà' votre famille d'adoption: les ingrats qui méconnaissent le bienfait disparaîtront, les stationnaires avanceront, les gens d'abus reculeront ; la raison finit toujours par avoir raison.

Les grands corps de législation que vous avez élevés , attendent des lois secondaires qui leur donnent la circulation et la vie.

Votre Majesté accomplira ses hautes destijiées : Solon , Lycurgue , Justinien , sont immortels ; ils ont fait moins que vous (i).

'l) L'empereur, investi rie pouvoirs hér<;dit:»ires ,s;»ns hinites, :i, de propro

J'^.ntrevoyant tout le bien qui vous reste a opén i\ je viens vous offrir mon faible contingent.

A qui peut-il mieux convenir, qu'au souverain qui na connu le pouvoir (jue pour le partasfcr, de voir poser la limite entre la puissance executive et la puissance judiciaire : voilà, Sire, tout mon ouvrage.

Son but est préservatif pour les gouvernements qui se forment; il est correctif pour les anciens qui ont tombé dans lécueil si difficile à éviter, Vempiètemeiit.

En permettant que votre nom illustre décore le frontispice - de ce livre , vous vous assurez la reconnaissance de celui c{ui, s'il cessait jamais d'être Français , irait se réfugier soiis vos lois.

Daignez, Sire, en agréer l'assurance d'un homme qui ne mentit jamais, et qui est le plus grand zélatenr des vues de Votre Majesté.

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