‹ Des congestions sanguines de la rate ou, des obstructions de ce viscère vulgairement appelées en anglais spleenChapitre 3 sur 3 · SI · texte numérisé non relu

SI

iiuervalles de la fibre , et qu’ils servent à son entretien 5 ainsi qu’à la réparation des pertes que les sécrétions et les excrétions lui font éprouver. ^

Mais pour être nuisible aux solides, le sang, qui est ce liquide réparateur, doit avoir, en lui-même, quelque chose d’insolite qu’on pourra considérer comme le stymulusqui trouble les fonctions. L’on sait que l’assimilation est une seconde digestion que chaque organe ou chaque système fait à sa manière. Si l’aliment commun ou le liquide réparateur contient quelque principe délétère, il agira sur ces organes, de même que les alimens et les médicamens agissent sur les voies digestives j et si l’un de ces organes en souffre plus que les autres , ce sera à raison de sa structure , de sa susceptibilité ou de la nature particulière du slymulus. Ainsi, l’air atmosphérique in^ jeclé dans la veine crurale tue l’animal ; il n’en est pas de même si on l’injecte dans la veine porte ; et de même aussi, certaines substances qui passent impunément dans l’estomac , vont susciter de violentes douleurs dans quelque portion éloignée du tube intestinal, dans la vessie et même dans l’utérus. Il est donc très-probable que le sang ayant acquis des qualités vicieuses, devient le styraulus des organes. Il serait superflu de répéter ici ce que j’ai dit de l’origine des virus, en traitant de la contagion des fièvres intermittentes y mais je pense que nul ne contestera quels sang ne puisse, mieux que les autres liquides du

coi*pS humain , devenir le véhiculé des venins et des virus. Sa vitalité, qui a été bien prouvée par J. Huntei\ et sur laquelle Magendie vient de se prononcer affinnativemeni , ne résiste pas au venin des serpens, flu virus hydrophobique , aux substances vénéneuses, ni même à quelques bulles d’air qu’on injecterait dans les vaisseaux; et sa décomposition, dans quelques' maladies, n’est pas révoquée en doute par quelques médecins, tandis que d’autres assurent que rien ne peut dégénérer dans le corps humain tant que la vie subsiste ; asseiilon bien consolante , si elle était vraie, puisqu’elle nous garantirait l’immoi talilé !

Quelles que soient à cet égard les divagations des théoriciens, il reste avéré que le sang recevant les produits immédiats de la digestion par le moyen des vaisseaux cliillfères, est , en quelque sorte, en contact avec les substances alinientaires : d’autre part, il ne l’est pas moins avec î’alr dans les poumons. Par l’une ou Tautre voie, il peut s’ini])iégner des matières ou des gaz délétères qui sont mise. blés avec l’air ou avec les alimens. C’est alors, eu effet, qu’il reçoit directement certains fluides élasliqu^es qui peuvent le rendre plus épais ou altérer sa cr/mposilioii. Tels sont les gaz hydrogène sulfuré, azote, acide carbonique et tous les miasmes putrides dont on connaît moins la nature que les tristes résultats (4). Mais, ainsi infecté, le sang peut-il parcourir loiUts les parties du corps sans leur nuire? Ou, selon ma manière de voir, peut-

il concentrer son action morbifique sur un organe ? Ici se présente l’occasion de parler desdiffér. ns types des fièvres ; et ce que j’en dirai servira de réponse aux questions que je viens de poser.

Il est des maladies particulières à chaque saison ; chaque saison aussi a une influence spéciale sur quelques organes , et la constitution propre à chaque individu donne aux effets de cette influence des nuances extrêmement variées. Mais cela n’empêche pas de poser en principe, que chaque saison dispose un ou plusieurs organes à ressentir le stymulus morbifique du sang d’une manière particulière. Ainsi, la membrane muqueuse et la peau, en hiver, sont les sièges des maladies, de même que le poumon et la plèvre le sont au printemps ; de là les fièvres continues, catarrhales, exanthémaleuses , inflammatoires, etc. En été, la disposition morbifique s’établit sur le foie et sur l’eslomac; de là les fièvres rémittentes bilieuses, les cholera-morbus , etc. : tandis qu’en automne, celte môme disposition s’étant fixée sur la rate , y attire le stymulus du sang qui y détermine des émoi ions fébi îles inlermiitentes , probablement parce que tel est Eordre des sensations habituelles de cet organe ; de là aussi les obstructions par congestion sanguine , parce que le sang ne pouvant plus circuler librement dans l’organe qui est devenu le siège de la maladie , et étant lui-même ou plus épais ou altéré , est retenu dans les dernières ramifications des vaisseaux sanguins , dont

le réseau compliqué forme la base du parenchyme de la rate.

Pour apprécier avec justesse toutes les variétés qui existent entre les trois fièvres principales dont je viens de parler, il ne s’agirait plus que de considérer l’action réciproque des organes, la subintrance des saisons, la différence des lempéramens, l’empire des habitudes et l’influence du climat. Mais il serait v/ai de dire que la même cause , le même stymulus a produit toutes ces fièvres. C’est ce que j’ai soutenu dans mes Rechercher sur la Contagion des Fièvres intermittentes (5) , et que j’ai prouvé, tant par l’analogie que par l’autorité des plus grands médecins. Aux praticiens recommandables que j’ai nommés dans cette occasion, je joindrai le célèbre Odier, de Genève, d’après ce que je viens de lire dans son Ma-nuel de Médecine pratique , ouvrage qui n’est point au-dessous de la réputation de l’auteur, et qui n’a pas été écrit pour faire rétrograder la science.

D’autres peut-être , accordant que l’affection de la rate est constante dans les fièvres intermittentes, mais refusant d’admettre, etle stymulus morbifique du sang, et la cause commune des fièvres, se seraient bornés à rappeler les expériences d’Everard Home, desquelles il résulte, que la rate absorbe une partie des liquides qui séjournent dans l’estomac \ et ils en auraient conclu qu’elle peut recevoir directement la matière délétère que je suppose miscible avec les allmens. Je

sais que Home a fait boire , entre autres liquides, de Tinfusion de rhubarbe à des animaux , et que , quelques heures après, il a constaté par la potasse , qu’une partie de cette infusion était parvenue dans la rate ; mais il n’en a rien conclu , et il a fait partager à ses lecteurs l’incertitude dans laquelle il est resté lui-même à la suite de ses expériences, quelque jour qu’elles promissent de répandre sur la fonction mystérieuse de la rate.

Telles sont les considérations sommaires que j’ai voulu soumettre aux médecins sur les contestions sanguines de la rate. Ce sujet est neuf, et pour le traiter convenablement il ne faudrait pas être oblige de se renfermer dans les limites d’un mémoire. Aussi ce qu’on vient d^en lire paraîtra-t-il incomplet : mais j’en ai dit assez, je pense, pour indiquer les points vers lesquels je dirige mes recherches , et pour engager les praticiens à me seconder (6).

En appelant l’attention de mes confrères sur ce genre de maladies , je n’ai pas eu le dessein de me donner pour novateur h grandes prétentions. Mon ambition s’est bornée, jusqu’à ce jour, à répandre quelque lumière sur des questions qui étaient encore ténébreuses, parce qu’elles avaient été mal envi-^ sagées. Si, dans l’examen de celles que j’ai tâché de résoudre , j’ai paru tenir aux anciens systèmes, ce n’a jamais été pour fronder les nouveaux , auxquels j’ai recours aussi bien souvent. Vu sous ce rapport, ce

mémoire même pourrait faire présumer que je suis mécanicien, vitaliste, solidiste et humoriste tour-à-tour : peut-être aussi fournirait-il à Rasori et à Broussais l’occasion de me compter an nombre de leurs sectateurs. Je n’eus jamais le désir de paraître systématique outré. Jamais je ne fus asservi. En toutes choses, même en médecine, j’aime un peu de liberté. Dans mes écrits, que l’expérience a toujours précédés , j’ai pai lé le langage qui me paraissait le mieux approprié aux questions que j’examinais ; et bien persuadé qu’il n’y a point de système en médecine qui ne renferme des vues nouvelles et bonnes, je les admets tous sans en adopter aucun exclusivement: aussi aije fait profession d’éclectisme, et j’y persiste. (7)

VVVVVX'V%rV%l%»%''VVVVWKVVV-W%'V-VVVV-Vk VV>/%X'V-VVfcVVVW%'VVV%iV% •yvvwv*i

Page 1