INSTRUMENT PROPRE A EXTRAIRE CES CORPS
Le diamètre des corps sphériques étant le même dans tous les sens , leur axe est toujours identique à celui de l’instrument qui les saisit ; leur extraction est donc plus facile que celle des corps longs, et peut être opérée a l’aide des instruments connus. Toutefois, ces derniers lie peuvent les extraire qu’autant qu’ils sont très-pe tits, ou qu’ils peuvent être divisés , et alors même qu’ils sont petits , ils les divisent presque toujours s’ils sont mous ou friables. Or les diviser , c’est les multiplier f c^est multiplier l’opération, et même c’est s’expose r à laisser dans la vessie quelque fiagment qui servira de noyau à un calcul.
(1) Le mmvais état de notre santé nous ayant forcé d'interrompre notro travail , nous sommes arrivé à <a lin de l'année scolaire sans l’avoir terminé , et nous ne pouvons donner qu’un résumé très incomplet de nos idées sur f extraction des corps sphériques.
Les moyens connus laissent donc beaucoup à désirer, H il importe d’avoir un instrument qui puisse extraire les corps sphériques d’un diamètre presque égal à celui du canal , sans les diviser , ou du moins sans laisser échapper leur fragments , c’est-à-dire un instrument d’un volume presque nul et capable de saisir ces corps, de les envelopper de toute part et de les entraîner hors de la vessie.
Nous allons en décrire un qui remplit ces conditions. Il se compose :
1° D’une grosse canule cylindrique, munie à l’une de ses extrémités d’un petit manche sur lequel se trouve une vis de pression ( fig. I , pl. III ).
2° D’une deuxième canule entrant exactement dans la première et portant comme elle , à l’une de ses extrémités , un petit manche et une vis de pression ; elle est en outre terminée, à son extrémité vésicale, par une anse de ressort dont la partie moyenne présente un renflement hémisphérique , et dont la circonférenec porte une poche en baudruche (la fig . II', pl. III, représente cette deuxième canule complète , et la fig. III, même planche , représente la circonférence du ressort et fait voir en A le renflement hémisphérique) .
3° D’un mandrin entrant exactement dans la deuxième canuleel portant commeelle un petit mauche. Ce mandrin est terminé, à son extrémité vésicale , par un ressort dont le bout un peu renflé , est arrondi dans un sens et aplati dans l’autre , de manière à compléter en s’appliquant sur elle, l’hémisphère de la seconde canule ( la fig. IV , pl. III , représente ce mandrin ).
La canule extérieure protège ce canal , 3e tient dilaté et lui donne la forme la plus convenable. La poche est destinée à pêcher le corps et à l’entraînes au-dehors en l’enveloppant de toutes parts. Le mandrin sert à reconnaître la présence du corps étranger dans la baudruche, et à tenir celle-ci distendue, afin de pouvoir rejeter dans la vessie les corps trop volumineux.
L’instrument , au moment de son introduction , est ajusté comme on le voit dans la fiij . V , pl. Iil ; la baudruche est cachée dans la canule extérieure , 1 extrémité renflée B du ressort explorateur repose sur L’hémisphère A de l’anse de ressort et la complète. Les trois pièces de l’instrument sont maintenues dans les rappo rts que nous venons de dire , au moyen des deux vis de pression.
L’introduction dans la vessie se fait à la manière or. dinaire. Arrivé dans ce viscère, l’opérateur tourne la vis de pression située sur le manche de la canule intérieure, et rappelle le mandrin de 0m,0l5 environ ; puis, après avoir tourné la vis de la grosse canule , il introduit la deuxième dans celle-ci jusqu’à son manche, et pousse enfla complètement le mandrin. La poche est alors ouverte comme on le voit fig . VI, pl. II I ; l’anse du ressort la tient béante et le lessort du mandrin empêche qu’elle s’affaisse. Les recherches se fout dans tous les sens , mais surtout d’un côté à l’autre. De temps en temps l’opérateur sonde la poche au moyen du mandrin, et quand il y a constaté la présence du corps étranger fl rappelle d’abord le mandrin de 0m,07 environ , puis la deuxième canule et le mandrin simultanément» Le
corps étranger entraîné parla baudruche qui l’enveloppe, s'engage dans la grosse canule , et arrive ainsi au dehors f la fg. VH j, pl. III, représente le corps enveveloppé dans la baudruche au moment où il va s’engager dans la canule \ Si le corps trop volumineux n’a pu pénétrer dans la canule , l'opérateur fait rentrer la deuxième canule dans la première, puis le mandrin dans celle là, et la poche étant de nouveau béante et tendue, le corps est rejeté facilement.
Il nous paraît que cet instrument peut être utilisé , non pas seulement pour l’extraction des co-ps étrangers venus du dehors, mais aussi pour celle des petits calculs et des fragments de calculs après la litholriîie ; nous croyons même que des pierres assez volumineuses pourront être extraites de la vessie chez la femme , après la dilatation de l’urètre, et que la lithotri tie pourra être avantageusement remplacée dans des cas nombreux.
Si cet instrument a quelque valeur , comme nous le croyons , nous ne devons pas oublier de dire que le mérite en revient en grande partie à notre excellent ami, E. Ussel ; c’est lui qui nous a donné l’idée du ressort sondeur, sans lequel notre instrument serait peu utile. Nous saisissons cette occasion pour le remercier de la complaisance qu’il a mise à dessiner nos planches.
J^uestions (irccs an sort,
Auxquelles le Candidat répondra, d’après i’arrôté d®
22 mars 1842.