‹ Des corps étrangers introduits dans la vessie par l'urètre, et de la possibilité de les extraire sans opération sanglante et sans lésion aucune des voies urinaires, à l'aide d'istruments [sic] nouveauxChapitre 5 sur 8 · La douleur est le premier symptôme qui se · texte numérisé non relu

La douleur est le premier symptôme qui se

manifeste ; d’abord tolérable, elle s’accroît rapidement sous l’influence de la cause qui la fait naître , et devient telle quelquefois , que les malades demandent à en être délivrés , n’importe à quel prix. Elle est ordinairement accompagnée par d’autres phénomènes qui ^aggravent , et dont elle n’est souvent que l’expressiou ; tels sont la pesanteur au périnée , les ténesmes , la dysurie , la strangurie , le pissement de sang, etc. (1).

Nous ne nous étendrons pas sur chacun de ces symptômes , non plus que sur le calharre vésical , et toutes les conséquences fâcheuses qui résultent de l’inflammation de la vessie ; leur développement nous entraînerait trop loiu. Nous signalerons aussi simplement la formation inévitable d’un calcul sur Je corps étranger.

111. Le tableau complété et résumé des accidents que nous venons d’énoncer , a été tracé en ces termes par Fabrice de Hilden (2) : « Le malade s'agite dans « d'atroces douleurs , siégeant à la région des reins , de « la vessie et du périnée ; il se consume dans la fièvre , et « meurt dans le marasme. » Mais cette fin épouvantable n’est pas toujours le sort le plus terrible qui lui soit réservé. La vie se prolonge quelquefois dans des conditions plus cruelles que la mort, et contre lesquelles notre art ne peut rien , alors même que la vessie a été débarrassée du corps étranger. — L’esprit s’attriste et

(1) Breschct, Dict. des scien. méd., t. Vil, p. 45, art. corps étrangers.

(2) Fabrice de Hilden, cent. 5 obs. 77 , p. 250,

désespère de la science , en comparant certaines lésions à l’impuissance de l’art. — Les fistules rectovésicales et vésico-vaginales , qui rendent les malades insupportables à eux-mêmes et aux autres , et dont l’incurabilité est constaute ^ sont souvent produites par la présence d’un corps étranger , venu du dehors , dans la cavité vésicale. « Si les corps étrangers ont une « longueur plus grande que le diamètre de la vessie , « nous dit Breschet (1) , ils en distendent les parois , « et leurs extrémités se logent dans des espèces de « sacs ; les tuniques de ce réservoir sont percées, puis, « à la suite d’un abcès , il se forme des ulcères ou des « fistules urinaires , qui s’ouvrent dans le vagin ou « le rectum. » Ce n’est pas seulement dans de semblables conditions que ces lésions dégoûtantes se produisent ; elles ont encore lieu très-souvent alors même que la cavité de la vessie est vaste relativement à la longueur des corps étrangers , surtout si ces derniers sont aigus ou présentent des aspérités. Des faits nombreux démontrent notre opinion à cet égard ; parmi eux nous citerons les suivants :

Une fille , de Parme , avait une compagne de lit , qui lui introduisit dans l’urètre une épingle à tête d’ivoire. Cette épingle tomba dans la vessie , et bientôt la malheureuse fille éprouva de grandes douleurs , et n’urina plus que goutte à goutte. La honte lui fit cacher son mal pendant cinq mois; enfin dévorée parla fièvre , épuisée par la douleur, elle eut recours à un chirurgien.

(1) Loc. cil. , p. 43.

La présence du corps étranger fut constatée ; l'épingle, incrustée de matière pierreuse, avait perforé la vessie et le vagin , et on en put faire l'extraction avec la main. La malade ne souffrit plus autant, mais elle conserva une fistule vésico-vaginale , qui donna lieu à une incontinence d’urine (1).

Morgagni nous a laissé l’histoire d’une jeune fille, qui , s’étant introduit une aiguille dans la vessie , éprouva des douleurs si intolérables qu’elle en mourut. La pointe de l’aiguille faisait saillie dans le vagin (2).

Le même auteur (3) parle d’une autre fille , qui laissa échapper dans la vessie une épingle en cuivre qu’elle s’introduisait dans l’urètre. Cette fille mourut, portant au flanc gauche une ouverture par où s’écoulaient de l’urine et du pus.

On lit dans les actes de Leipsic , année 1700 , une observation relative à une jeune fille, dont la vessie renfermait une tige d’ivoire longue de 4 pouces. Cette tige perça la vessie , de telle manière qu’une partie était contenue dans la cavité de ce viscère , tandis que l’autre faisait saillie à l’hypogastre ; elle fut extraite par une section faite au-dessus du pubis (4).

Un dernier fait montrera que les fistules peuvent être produites par des corps d’un petit volume , et qui ne sont ni aigus , ni rugueux.

(1) Acad, desscien. de Paris ,anD. 1735.

(2) Morgagni, loc. cit. , Epist. LX11, § 25.

(3) id„§ 25.

(4) Chopart, loc. cit. , 1. 11 , p. 125.

Une femme de 25 ans , rendait de l’urine par une fistule située au milieu de la fesse , et était réduite par la souffrance à un état d’épuisement. Ford ayant reconnu la présence d’un corps étranger , situé en partie dans la fistule , et en partie dans la vessie , essaya de l’extraire. Il échoua d’abord, et réussit plus tard, après avoir dilaté l’urètre, à ramener un bont de sonde métallique mousse , et recouvert d’une légère incrustation.

Des moyens d’extraire les corps étrangers introduits accidentellement dans la vessie par l’urètre , sans opération sanglante , et sans lésion des voies urinaires, à l’aide d'instruments nouveaux.

§ 1er. Conditions du problème.

I. Extraire sans opération sanglante , et sans lésion aucune des organes urinaires , les corps étrangers introduits dans la vessie par l’urètre , tel est le problème que nous nous sommes posé.

Pour arriver à une solution complète , nous avons dû, avant tout , chercher les conditions nécessaires et celles simplement favorables à cette solution , et par contre celles qui peuvent la rendre impossible ou difficile ; or il convient de préciser ici les premières (1) , parce que leur connaissance sera utile au lecteur, pour comprendre et juger avec facilité les moyens que nous exposerons.

Disons donc que ces conditions sont relatives au but principal , qui est l’extraction du corps étranger , et au but secondaire, mais très-important , qui consiste à éviter les lésions d’organes. Elles sont en outre nécessaires ou simplement favorables.

(1) 11 serait inutile d’indiquer les secondes ; qui ne voit en effet qu’elles sont juste l’opposé des premières ? J’ai dû pourtant ne pas les négliger dans les recherches auxquelles je me suis livré , parce qu’elles m’ont servi à vérifier le nombre et la qualité des aulres.

Celles qui sont nécessaires au but principal , sont :

1° Que le canal soit libre ;

2° Que son diamètre soit plus grand que celui du corps à extraire , ou que le corps puisse être divisé, ou que le canal puisse être suffisamment dilaté;

3° Qu’on puisse saisir le corps ;

4° Enfin , qu’après l’avoir saisi , on puisse faire coïncider son axe avec celui du canal , ou du moins rendre ces axes parallèles ou à peu près parallèles (IJ.

Ces quatre conditions sont nécessaires , mais elles sont suffisantes.

Parmi celles qui sont favorables , nous n’en voyons que trois qui méritent d'être observées; on peut les formuler ainsi :

1° Elargir la voie autant que possible ;

2° La maintenir dilatée ;

3° Lui donner la forme la plus favorable.

Quant à la deuxième partie de notre problème qui consiste à éviter les lésions d’organes , il suffit pour la résoudre , de remplir la condition suivante :

(1) Le corps ne peut pas toujours passer par le canal , lorsque les axes sont parallèles ou à peu près parallèles.

Pour qu’il puisse passer quand les axes sont parallèles , il faut que la distance entre les axes, plus la moitié du diamètre du corps , soit moindre que la moitié du diamètre du canal.

Pour qu’il puisse passer quand les axes ne sont pas parallèles , il faut qu’aucune des extrémités de l’axe du corps ne soit assez éloignée de l’axe du «anal , pour que la moitié du diamètre du corps , plus la perpendiculaire abaissée de l’extrémité la plus éloignée de l’axe de ce dernier sur celui du canal m son prolongement, soit plus grande que la moitié du diamètre du canal.

Garantir le canal contre l’action des instruments employés , et contre celle du corps au moment de son extraction.

ÎI. Ces conditions posées , faisons remarquer , avant de dire comment on peut y satisfaire , que nous n’avons pas à nous occuper des deux premières indiquées comme nécessaires au but principal , ni de la première de celles qui sont favorables , parce qu’elles rentrent dans le traitement des oblitérations et rétrécissements de l'urètre , et dans la lilhotritie ; questions traitées dans les auteurs beaucoup mieux que nous ne pourrions le faire dans une thèse.

Disons encore que ces conditions générales ne peuvent être remplies par des moyens identiques pour les différentes classes de corps que nous avons admises. Tel moyen , par exemple , sera parfait pour les corps sphériques , qui serait impuissant si l’on avait à faire à un corps long. Tel autre sera excellent pour les corps longs et flexibles , dont la valeur sera nulle lorsqu’il s agira d un corps long et inflexible. Nous avons donc plusieurs moyens à faire connaître. Nous les exposerons dans trois paragraphes , sous les litres suivants :

1° Description analytique d’un instrument propre à 1 extraction des corps longs , droits et flexibles ou inflexibles ; 2° de l’extraction des corps courbes j flexibles ou inflexibles , et description d’un instrument propre à l'extraction de ceux qui sont flexibles; 3° de 1 extraction des corps sphériques ou se rapprochant de la forme sphérique } et description d’uns instrument propre à l’opérer.

§. 2. Mes moyens eoutius pour extraire sans opération sanglante les corps longs et inflexibles ou difficiles à fléchir, tombés dans la vessie.

L’extraetion, sans opération sanglante, des corps longs et inflexibles ou difficiles à fléchir, tombés dans la vessie, a été jusqu’à ce jour très-difficile chez la femme, et presque impossible chez l’homme. Il a fallu aux chirurgiens qui ont réussi à l’opérer, non pas seulement une habileté peu commune, mais encore un bonheur extraordinaire, tant les moyens connus sont imparfaits ; tout le monde est d’accord sur ce point , et nous ne croyons pas devoir faire la critique de chacun des instruments inventés dans ce but ; cependant s’il fallait prouver leur insuffisance pour justifier nos recherches, nous dirions : examinez-Ies l’un après l’autre, appréciez leur valeur à l’aide des conditions que nous avons posées ( et ces conditions, nolez-le bien, ne sont pas arbitraires, elles sont le résultat de l'induction ), et vous reconnaîtrez que tous, sans exception, sont incomplets ; qu’ils ne remplissent qu’une seule des conditions voulues, la troisième de celles qui sont nécessaires au but principal. Tous en effet peuvent saisir le corps à extraire avec plus ou moins de facilité, mais il n’en est pas un seul qui, après l’avoir pris en travers, puisse le retourner et le mettre dans l’axe du canal. Chose incroyable ! Parmi tant d’instruments proposés, il n’en est que deux chez lesquels la nécessité de cette condition paraisse sentie, et dans ceux-là même, l’inventeur (M. Leroy, d’Étiolles, auquel on doit plus pour les efforts qu’il a faits, que pour les

résultats auxquels il est parvenu), ayant manqué de méthode dans ses recherches, n’a pas su la remplir. En effet, sa pince à pansement munie d’une tige à repoussoir et destinée à être employée chez la femme, est vicieuse en ce que la rectitude des mors empêche l’action du repoussoir ; ce défaut saute aux yeux de quiconque possède les plus légères notions de géométrie élémentaire (1 ). Quant à sa pince à gaine échancrée, elle laisse échapper le corps et ne peut l’entraîner dans la canule (2).

Enfin, si le raisonnement ne suffisait pas pour prouver les besoins de la thérapeutique, l’expérience lui prêterait un appui irrésistible. Les faits, plus concluants que tout ce qu’on pourrait dire, montrent que les cas d’extraction de corps longs et inflexibles chez l’homme, sont à peu près aussi rares que ceux d’expulsion avec les urines parles forces naturelles.

Cette difficulté si grande chez la femme, et cette impossibilité presque absolue chez l’homme cesseront.

(1) M. Leroy (d’Eliolles) a extrait une tige en baleine, de la vessie d’une femme, avec sa pince à repoussoir; faut-il en conclure que son instrument est bon? A cette question posée pour un instrument quelconque, voici notre réponse: si la raison dit que le sucrés est dû tout entier au mécanisme de l'instrument, ce dernier est bon ; mais si l’on n’a réussi que par l’habileté des manœuvres ou le fait d'un hasard heureux (et c’est le cas actuel), la réussite ne prouve rien en sa faveur.

(2) Si nous faisions une critique complète de ces instruments, nous aurions beaucoup d’autres reproches à leur adresser; mais il nous suffit, pour conclure à leur rejet, de constater qu’ils ne remplissent même pas les conditions nécessaires au but principal.

L’extraction des corps longs, quels que soient leur forme et leur degré de flexibilité, sera facile à l’aide des instruments que nous allons décrire.

§ 3. Description analytique d’un instrument propre à l’extraction des corps longs , droits et flexibles ou inflexibles.

Afin de rendre plus intelligible la description que nous allons essayer, nous la présenterons sous la forme d’une démonstration complexe, donnant la solution de plusieurs problèmes partiels, dont chacun aura pour objet de remplir une ou plusieurs conditions du problème total, et dont l’ensemble constituera la solution générale.

Premier problème partiel. — Protéger le canal , le tenir dilaté et lui donner la formelaplus favorable. — Une canule droite, de forme ovalaire et suffisamment large, remplit parfaitement ces premières conditions.

Elle doit être droite, parce que le corps à extraire est droit , et que la forme rectiligne nous permettra de la faire plus grosse, sans fatiguer davantage le canal.

Elle doit être ovalaire , parce que l’instrument qui rapportera le corps, n’augmentant le diamètre de ce dernier que dans un sens , nous pourrons ainsi utiliser tout l’espace qu’elle renferme.

Enfin, elle doit être assez large pour donner passage à l’instrument rapportant le corps.

Les proportions qui nous paraissent convenables pour les cas les plus ordinaires , sont les suivantes : longueur 0ra,25 ; épaisseur un demi-millimètre ou même moins;

grand diamètre extérieur 0m, 01 2 ; petit diamètre extérieur 0m,008 , conséquemment 0m,032 environ de circonférence extérieure fl). (La fig. I, pl. 1, représente cette canule vue dans son plus grand diamètre; la fig. I bis, pl. I, la représente vue dans son petit diamètre; la fig. Il, pl. I, en montre la circonférence intérieure, et \afig. II bis, pl. I, la circonférence extérieure) (2).

II. Deuxième problème partiel. — Saisir le corps. — Le moyen, le plus commode pour saisir les corps , est évidemment une pince croisée sur l’articulation , comme celle à pansement. On sJen est servi chez la femme avec avantage , et si on ne l’a pas employée chez l’homme , c’est uniquement parce qu’on n’a pas su en construire une qui pût s’ouvrir dans la vessie, malgré la longueur du canal. La chose est pourtant facile , et nous avons réussi à en trouver plusieurs , parmi lesquelles nous en choisissons une dont nous allons donner la description analytique , sans tenir compte de tous les rapports de grandeur qui seront indiqués plus loin.

Faisons remarquer tout d’abord, qu’une pince croisée sur l’articulation, et dont les branches sont très-courtes, étant placée dans la canule que nous avons adoptée , (voyez fig. III, pl. I), les mors en dehors et les branches en dedans, peut jouer sans difficulté. En effet , si nous supposons aux branches 0m ,002 d’épaisseur et 0m,007

(t) Cette circonférence est à peu près celle d’un cylindre de quaires lignes de diamètre.

(2) Le petit diamètre des fig. 11 et 11 bis est trop court d’un millirn.

de longueur , le grand diamètre intérieur de la canule étant de 0m,01 1 , il est évident que les branches pourront s’ouvrir de 0raj007. Or , si la longueur des mors est de 0mJ05, elle sera à celle des branches comme 50 est à 7 ; l’ouverture des premiers sera donc de 0ra,050, quand celle des petites branches sera de 0m,007 (1).

La difficulté est donc toute dans la manière de faire jouer la petite pince. On peut y arriver par différents moyens ; le plus simple , celui qui nous a plu tout d’abord , serait de lier par deux articulations les extrémités des branches sur celles des mors d’une autre pince croisée , longue de 0m,25 , dont l’épaisseur serait égale à celle de la petite, et dont le point de croisement se trouverait situé à une distance égale des anneaux et de l’extrémité des mors ( la fig. IV , pl. I , représente cette pince ). Mais la simplicité d’un mécanisme , n’est pas une preuve absolue de sa supériorité sur ceux qui sont plus compliqués. Ce qui constitue la supériorité d’un instrument sur tous les autres , c’est la possibilité d’arriver par son moyen, plus sûrement et plus facilement au but qu’on sepropose. C’est pourquoi nous avons repoussé cette manière et plusieurs autres très-simples de faire jouer notre pince, pour choisir la suivante plas compliquée dans son mécanisme , mais dont l’emploi est incontestablement plus facile et plus sur.

Aux extrémités de notre petite pince , articulons par des goupilles deux ajoutages de 0m,007 de

(1) Il en sera ainsi, parce que, dans les triangles semblables , les côtés homologues sont proportionnels.

long ( la fig. V , pl. I , représente ces ajoutages isolés, la fîg. VI, même planche, les représente articulés sur les branches de la pince ). Ou si l’on aime mieux , supposons que les branches aient 0m,0l3 de long , et qu'elles soient brisées à leur milieu par une articulation ; cela fait , réunissons les extrémités libres sur celles d'une lige longue et mince , par une vis ou une goupille, et de manière à cequ’elles puissentjouer (voyez la fig. VII , pl. I ). On voit tout de suite qu’il est possible d’ouvrir ou de fermer la pince, en raccourcissant ou en allongeant la diagonale A C du parallélogramme A B C D ; car raccourcir ou allonger A C , c’est allonger ou raccourcir B D , qui est la distance entre l’extrémité des branches. Il suffit donc de fixer la vis C, en laissant l’articulation libre, pour pouvoir ouvrir et fermer la pince , en faisant aller et venir la tige. *

Avant de dire comment nous fixerons le point C, nous prions le lecteur de remarquer sur la fig. VII une petite gâchette située au point G,àOm,23 du point A, et un écrou E, qui peut marcher sur l’extrémité de la tige faite en forme de vis.

Actuellement, supposons un mandrin capable d’entrer exactement dans la canule (la fig. VIH, pl. I, représente ce mandrin vu dans son plus grand diamètre; la fig.

VIII bis, même pl. le représente vu dans son petit diamètre), et présentant : 1° un petit canal central, susceptible de recevoir la tige de la fig. VII ( les fig. IX et

IX bis , pl. 1, représentent l’intérieur de ce mandrin séparé en deux parties égales par une section faite suivant le plan formé par la réunion de ses plus grands dia-

mètres. Ce mandrin doit être réellement fait de deux pièces, qu’on pourra réunir par des vis au point C et B, tant pour la facilité de l’exécution que pour pouvoir netloyerl’instrument). 2° Aune de ces extrémités, uneéchancrure qui doit recevoir les branches de la pince , alors même qu’elles forment le parallélogramme (la fig. VIII bis, pl. I, qui représente le mandrin vu selon son petit diamètre, laisse voir cette échancrure en A D, voyez aussi les fg . IX et IX bis , mêm epl.). 3° Une coulisse qui permettra à la gâchette de la fig. VII de faire saillie hors du mandrin, et de jouer dans une étendue de 0^,012 (les fig. VIII bis , IX et IX bis , pi. I, laissent voir cette coulisse en F M ).

On voit tout de suite quJil suffit, pour faire une pince très-facile à manier, de porter la fig. VII sur la fig. IX bis (la fig. X , pl. I , représente celte superposition ) , en mettant la gâchette dans la demi-coulisse , et les branches dans la dépression formée par l’échancrure, puis, après avoir recouvert le tout de la fig. IX, en faisant coïncider les deux moitiés du mandrin (voyez fig. XI, pl. I), de les maintenir par les vis B et C, et de fixer par une vis Farticulation croisée de la pince, sur le mandrin, de manière toutefois à ce que cette articulation puisse jouer (II.

Si nous avons réussi à nous expliquer clairement, le lecteur doit comprendre que les mors sont éloignés l’un de l’autre, lorsque la gâchette est près du point F

(l)0n a oublié d’indiquer sur la fig. XI la vis qui fixe la pince sur le mandrin prés du point A.

( voyez fig. XI, pl. I), et qu’ils se rapprochent lorsqu’on ]a fait glisser vers M.

Il nous reste à dire l’usage de l’écrou : il est destiné à maintenir la pince fermée lorsqu’elle a saisi le corps à extraire.

III. Troisième problème partiel. — Faire coïncider ou rendre parallèles ou à peu près parallèles l’axe du corps el celui du canal. — « Le corps étant saisi en travers , on réussit à le retourner de deux manières par des manœuvres qui peuvent être longues et qui n’aboutiront pas toujours, mais avec une simple modification dans la forme de l’instrument , et sans complication du mécanisme; ou bien par une manœuvre prompte, facile et certaine , à l’aide d’un mécanisme plus complet.

Evidemment il n’y a pas à hésiter, la seconde manière doit être préférée (1). Le mécanisme consiste en deux

(1) Quoique le premier moyen ne soit pas parfait, nous l’indiquerons brièvement, comme curiosité. Supposons donc une canule cylindrique, munie d’une pince comme celle que nous avons décrite, mais dont le mandrin est également cylindrique. Le corps étant saisi , son axe coïncidera avec celui du canal, ou bien ces axes se couperont.

Quand les axes coïncideront, que le corps soit pris ou non par l’extrémité , il passera évidemment ( fig. XI , pl. III ).

Quand les axes ne coïncideront pas, lecorps sera pris par un de ses bouts ou bien entre ses extrémités. — S’il est pris par un bout ( fig. XII, pl. III ), on pourra par un mouvement de traction , le basculer sur le bord de la canule et le faire passer comme cela est indiqué ( fig. XIII, pl. III ). S’il est pris entre les extrémités (fig. XIV , pl. III ), il ne pourra pas passer.

Pour trouver la raison de cette impossibilité et le moyen de

tiges longues et minces , terminées à l’une de leurs extrémités par une crémaillère, et à l’autre par une espèce de croissant auquel nous donnerons le nom de redresseur ( la fig. II , pl. II , représente une de ces tiges à redresseur ). Ces tiges se logent et peuvent glisser facilement dans deux cannelure spratiquées sur chacune des larges faces du mandrin , et terminées en forme de croissant pour recevoir les redresseurs. ( La fig. XII ,

la faire disparaître, il faut comparer entre eux le cas précédent et le cas actuel ; or, dans le premier cas , le corps ne reposait que d’un côté sur le rebord de la canule, et dans le cas présent il y repose par ses deux extrémités. Il faut donc, pour ramener le second cas au premier, supprimer une des extrémités du co-ps ou un côté de la canule.

La suppression du corps étant impossible, retranchons un côté de la canule, et nous tomberons dans le cas précédent; il suffit de tirer sur le corps pour le faire basculer et le mettre dans Taxe du canal (voyez la fig. XV , pl. III }.

Il peut encore se faire que le corps étant pris entre les extrémités, mais près de l’une d’elles, on ne puisse le faire passer (fig. XVI, pl. III). La méthode déjà employée, appliquée à ce nouveau cas, nous apprend que l’extrémité la plus courte doit se trouver du côté de l’échancrure ; il suffit donc de retirer un peu la canule (fig. XVII , pl. III , dans cette figure la canule n’est pas assez retirée ), et de faire faire un demi-tour au corps ou à la canule elle-même ( fig. XVIII , pl. III ), pour tomber dans le cas précédent.

On le voit, dans tous les cas on pourra faire passer le corps dans la canule, sauf celui où l’échancrure sera moins longue que la moitié du corps, et où ce dernier sera pris par son milieu. Ce moyen, quoique imparfait, est bien supérieur à la pince à gaine échancrée de M. Leroy ( d’Étiolles. )

pl. I j représente une des extrémités du mandrin et laisse voir la cannelure vide et terminée en forme de croissant. La fig. XII montre la même cannelure garnie par la tige à redresseur. J On les fait marcher simultanément ou isolément, au moyen d’un double pignon, dont l’une des extrémités plus longue que l’autre peut s’engrener dans les deux crémaillères. ( Dans la fig. III , pl. //, qui représente l’instrument complet , on voit ce pignon dont la courte extrémité est cachée dans la boîte. )

La simple inspection des figures fait comprendre toute l’utilité des tiges à redresseur. Dans la fig. I , pl. JI , le corps a été saisi par la partie moyenne des mors ; les deux tiges marchent simultanément , et le poussent vers l’extrémité de la pince. Dans la fig. III de la même planche , le corps est situé vers l’extrémité de la pince ; Lune des liges a été rappelée , l’autre marche et retourne le corps dont la direction, primitivement perpendiculaire à l’axe du canal, a déjà obliqué. Enfin , dans la fig. XIV , pl. I , la tige à redresseur est arrivée à l’extrémité de sa course, et l’axe du corps coïncide avec celui du canal.

Nous ne donnerons pas de plus longues explications au sujet de ces tiges , mais nous ne devons pas oublier de dire que leur action serait paralysée , si les mors de la pince n’étaient pas un peu courbes vers leurs bases, de manière à laisser entre eux une distance uniforme , lorsque le corps est saisi. Il est évident que la courbure doit être plus ou moins prononcée selon le diamètre du corps à extraire ; il faut donc avoir plusieurs pinces de rechange dans lesquelles elle sera différente , et qu’on adaptera sur le mandrin selon les cas.

IV. Dimensions détaillées de ehaque pièce de V instrument avec un complément de description. — Canule. ( fig. I et I bis , pl. I. J — - Elle est droite et ovalaire ; Tune de ses extrémités est constituée par une forte virole, munie de deux ailes et d’une vis destinée à Cxer le mandrin pendant l’introduction de l’instrument. Longueur , 0m, 25 ; épaisseur , 1 [2 millimètre ou même beaucoup moins; grand diamètre extérieur, 0m,01 2; petit diamètre extérieur, 0m , 008 ; circonférence , 0m, 032.

Mandrin. ( fig. VIII et VIII bis , pl. I. } — Si nous supposons les deux moitiés du mandrin réunies , de manière à ne former qu’une seule pièce , voici quelles seront les dimensions : longueur, 0m,375 , grand diamètre 0m,01 1 , petit diamètre, 0m,007. Ces deux dernières dimensions ne sont de rigueur que pour la partie qui doit entrer dans la canule; quanta celle qui n’y pénètre pas et qui est longue de 0in, 1 2 , il est bon d’augmenter son petit diamètre de manière, à le rendre égal au grand ( 1 J, pour empêcher son introduction dans la canule et pour qu’elle puisse loger les crémaillères des liges à redresseur. La boîte du pignon est située à la partie moyenne de cette portion du mandrin , qui doit rester hors de la canule. L’échancrure AD fig. VIII bis ), qui doit recevoir les branches de la pince , a 0m,003 de large et 0m,0l5 de long. Le petit canal central, qui doit loger la tige porte-pince , s’étend dans toute la

(1) Le dessinateur a oublié cet agrandissement du petit diamètre dans la fig. Vlll bis, pl. 1; mais on peut le voir daus la fig. 111, \pl. Il, qui représente l'instrument complet.

longueur du mandrin; il a 0m,002 de large, et 0n,,00f de profondeur , excepté a l’exlremite de la portion située hors delà canule où il est cylindrique, et a 0m,02 de diamètre dans une étendue deOm,92. La coulisse FM ( fig. VIII bis ), qui donne passage à la gâchette, a 0™, 01 5 de longueur çt 0m,001 de largeur; son extrémité F est située à 0m,255 de celle A du mandrin. Les cannelures qui doivent recevoir les tiges à redresseur, s’étendent sur toute la longueur du mandrin. Elles ont 0m,002 de largeur sur 0m,00t de profondeur pour la partie qui pénètre dans la canule , et qui se termine en forme de croissant ; dans le reste de leur longueur, ces deux dimensions doivent être en rapport avec le volume des crémaillères qui terminent les tiges. Notez que ces cannelures ne doivent pas être situées tout-à-fait à la partie moyenne des grandes faces du mandrin ; elles doivent passer à Ij2 millimètre de la vis qui fixe la pince, afin que cette dernière soit maintenue solidement.

Pince. — Les mors de la pince sont longs de 0m,05 et sont arrondis sur le dos de manière à se mouler sur la concavité de la canule; leurs extrémités sont mousses, afin de ne pas blesser le canal pendant l’introduction de l’instrument, ou la vessie pendant les manœuvres pour la recherche et l’extraction du corps. Ils ont 0m,002 d’épaisseur et 0m,003 de largeur. Au lieu d’être droits comme dans la pince à pansement, ils offrent à leur naissance , près de l’articulation et dans ce point seulement , une courbure brusque et telle que leurs extrémités libres étant distantes de 0m,006, par exemple, l’espace vide à leurs bases est aussi de 0m,006. Nous avons

déjà signalé la nécessité d’avoir plusieurs pinces dans lesquelles la courbure sera différente , et qu’on pourra changer selon les cas. Enfin les mors n’ont pas de dents transversales qui empêcheraient le corps saisi de tourner avec facilité , mais bien des dents longitudinales et peu prononcées. Les branches ont 0m, 007 de longueur , à partir du point d’articulation. Leur épaisseur ( nous comptons l'épaisseur du dos à la face iuterne , comme pour les mors) est de 0m,002 et leur largeur de 0m,003. A leurs extrémités libres , elles présentent une entaillure profonde de 0m, 001 , longue de 0m,002 pour recevoir les ajoutages ; en outre , ces entaillures sont pratiquées sur les faces contraires des branches, comme cela est indiqué dans la fig, IV , VI et VII , pl. I. Les ajoutages sont longs de 0m,007 ; ils ont 9^,002 d’épaisseur et 0m,001 de longueur.

Tige porte-pince. — Longueur totale 0m,375» Aplatie dans presque toute son étendue , elle présente eu largeur 0m, 002 et en épaisseur 0m,001 , exceptéà l’extrémité qui doit être reçue dans l'écrou , laquelle est cylindrique et faite en forme de vis dans une longueur de 0m,02 , et a 0m,002 de diamètre. La gâchette est située à 0m,24 de l’extrémité articulée; elle n’a que 0m,001 d’épaisseur , et 0m, 003 de largeur ; on peut lui donner 0m,02 , ou 0m,025 de longueur.

Tiges à redresseur . — La longueur totale d’une de ces tiges, en y comprenant le redresseur , est la même que celle du mandrin ; elle est donc de 0m,375. L’épaisseur est de0m,00l et la largeur de 0m,002. Les redresseurs ont 0mj003 de hauteur dans leur partie moyenne., et

GO

sont épais de 0 m, 00 1 ; ils s’appliquent exactement sur l’extrémité du mandrin , sans faire aucune saillie. Les crémaillères ont 0m,06 de longueur et sont convenablement fortes ; les dents ne doivent pas avoir plus de 0m,00! de largeur.

Pignon. — Le même manche porte deux pignons ; l’un d’eux est assez long pour faire marcher les deux crémaillères simultanément ; l’autre est plus court et n’en peut faire marcher qu’une.

Écrou. — Il doit être assez volumineux et présenter des cannelures sur sa circonférence, afin qu’on puisse le saisir et le faire tourner avec facilité.

Y. Manuel opératoire. — Avant de procéder à l’opération, on a dû habituer l’urètre au contact des instruments , de manière à émousser sa sensibilité , et même à le dilater par l’introduction de sondes d’un volume augmenté progressivement ; on a dû aussi s’assurer du diamètre du corps à extraire et armer son instrument d’une pince dont la courbure soit en rapport avec ce diamètre.

Tout étant prêt pour l’opération, le malade est placé sur son lit, de manière à ce que les viscères abdominaux ne pèsent pas sur la vessie, et que le corps étranger, s’il est plus dense que l’urine, aille se placer par son propre poids à la partie postérieure de ce viscère, devenue la plus déclive. On maintient les parois de la yessie écartées au moyen d’une injection d’eau tiède ou de décoction mucilagineuse. Ces précautions prises, on introduit un petit cathéter droit, avec lequel on procède à la recherche du corps étranger dont on note la position avec

un soin minutieux. Comme il est beaucoup plus facile de rencontrer et de saisir le corps placé en travers, et que d’ailleurs la position dans laquelle il sera pris est indifférente, on le retourne s’il est placé d’avant en arrière. Ces recherches à l’aide d’un cathéter peu volumineux, outre qu’elles sont plus faciles pour l’opérateur, ont l’avantage de ne pas fatiguer le malade, et l’on ne doit pas craindre que le corps se déplace pendant l’introduction de l’instrument extracteur, parce que les corps longs, au rebours des corps sphériques, sont peu mobiles sur une surface courbe.

La position du corps étranger étant bien notée, on retire le cathéter explorateur et l’on introduit l’instrument selon les règles du cathétérisme rectiligne, après l’avoir soigneusement huilé et suilfé, et après avoir fixé le mandrin au moyen de la vis située sur la virole, et fermé la pince en serrant l’écrou. L’extrémité des des mors de la pince étant mousse, et le mandrin dont l’extrémité est arrondie en olive, faisant saillie hors de la canule (1), on n’a pas à craindre de blesser le canal; cependant, si Ton voulait prendre toutes les précautions possibles, il faudrait introduire d’abord la canule, à l’aide d’un mandrin plein et bien arrondi à son extrémité vé-

(1) Ces deux conditions sont mal rendues sur nos planches; les pinces ne sont pas suffisamment mousses, et le mandrin ne fait pas une saillie convenable hors de la canule; dans la fig. 111, pl. 11, on a même onblié complètement celte saillie, qui est mieux rendue dans la fig. XIV, pl. 1; encore dans cette dernière figure la base des mors n'est-elle pas assez rentrée dans le mandrin.

sicale, qu’on remplacerait ensuite par l’instrument, en ayant soin de ne pas laisser échapper l’injection.

Quoiqu’il en soit, l’introduction étant faite, l’opérateur se place entre les jambes du malade , et prend l’instrument des deux mains, de la manière suivante : Main gauche , — l’extrémité du pouce est placée dans l’échancrure antérieure de l’aile gauche de la canule, dont l’échancrure postérieure est garnie par la phalangine de l’indicateur ; les doigts médius, annulaire et auriculaire portent sur l’échancrure postérieure et l’extrémité de l’aile droite. Main droite , — les doigts annulaire et auriculaire sont fléchis dans la main, et le manche de l’instrument repose sur le médius à demi'fléchi ; le pouce porte sur la boîte du pignon; l’extrémité de l’indicateur appuie sur la gâchette pour tenir la pince ouverte ou la fermer selon les besoins.

L’instrument étant tenu comme nons venons de le dire, le chirurgien élève la main droite, de manière à porter les mors de la pince vers le bas-fonds de la vessie; il ouvre la pince en poussant la gâchette avec le doigt qui la recouvre, et porte l’instrument d’avant en arrière en pressant très-légèrement sur la paroi vésicale vers le point où il a noté la présence du corps étranger. Dans ce mouvement, celui des mors qui effleure la vessie, s’engage sous le corps jeté comme un pont sur la concavité vésicale, et l’opérateur , en ramenant la gâchette d’un coup de doigt, saisit le corps. Il porte alors le pouce de la main gauche sur la gâchette qu’il maintient fixe , pendant que de la main droite il serre l’écrou. — Dès ce moment , on peut considérer l'extraction comme

opérée. — On poursuit l’opération en faisant marcher les deux tiges à redresseur simultanément ; quand elles sont parvenues près de la coulisse où passe la gâchette (1), on en rappelle une, et on continue à faire marcher l’autre, jusqu’à l’extrémité de sa course. Il ne reste plus qu’à tourner la vis qui fixe le mandrin, et à tirer légèrement sur le manche de l’instrument en maintenant la canule en place, pour amener au dehors la pince chargée du corps étranger.

L’opération sera presque toujours aussi simple que nous venons de le dire ; cependant il pourra se faire que le succès, sans être moins certain, nécessite des manœuvres un peu plus longues. Si le corps à extraire est léger et surnage ou se déplace dès que le liquide est un peu agité , oa éprouvera plus de peine à le saisir. Si sa longueur est plus que double de celle des mors, et s’il est pris par le milieu, on ne pourra le re» tourner; il faudra le lâcher pour le ressaisir ailleurs qu’à sa partie moyenne. Si même sa longueur est seulement un peu plus grande que celle des mors, il pourra se faire qu’étant pris près d’une de ces extrémités, le redresseur agisse sur l’extrémité courte, et la plus longue ne pourra entrer dans les mors; il faudra, sans le lâcher, rappeler la première tige et faire marcher l’autre.

VI. On peut extraire, à l’aide de l’instrumeut que nous venons de décrire, un corps de 0m,007 de dia-

(t) Les redresseurs sont alors arrivés à 0m,005 de l’extrémité delà pince, et si on continuait à les faire marcher ensemble, le corps s’échapperait d’entre les mors.

mètre, et cette extraction sera possible chez certains sujets sans dilatation préalable de l’urètre. Si le cas l’exigeait ,( mais il est rare , principalement chez l’homme, que les corps droits introduits accidentellement dans la vessie par l’urètre aient un diamètre plus considérable). On pourrait donc employer un instrument plus volumineux, surtout si l’on avait à opérer sur une femme. On pourrait aussi donner moins de 0m,002 d’épaisseur aux mors des pinces, sans craindre qu’ils ne soient trop faibles, car ils n ont aucun effort à supporter. A ce propos, nous ferons remarquer à ceux qui seraient effrayés des proportions minimes, données à certaines parties de notre intrument, et notamment aux tiges à redresseur, qu il ne s agit nullement ici de broyer une pierre; il est question tout simplement de, saisir un corps sans le presser fortement, de le retourner entre les mors de la pince, et de le faire passer dans une voie suffisamment large. Or ce movuement entre les mors s’opère avec une facilité à laquelle on ne saurait croire, quand on ne s’en est pas assuré par l’expérience. On peut, pour s’en convaincre, saisir en travers un morceau de bois ou tout autre corps avec une pince à dissection ordinaire, et le retourner en appuyaut sur une des extrémités; on verra que, malgré les dénis transversales de l’instrument, le corps tourne parla moindre pression.

§. 4. De l'extraction des corps courbes , flexixles

OU INFLEXIBLES . ET (DESCRIPTION ANALYTIQUE D’UN INS¬ TRUMENT PROPRE A L’EXTRACTION DE CEUX QUI SONT FLEXIBLES.

I. L/extraction des corps courbes n’est pas plus difficile que celle des corps droits, si l’on n’envisage que U préxnière partie de notre problème c’est-à-dire , si l’on ne cherche à atteindre que le but principal ; mais si l’on veut une solution complète , si l’on veut être certain de pouvoir éviter toute lésion d’organe pendant l’extraction, cette solution est impossible pour quelques-uns d’entre eux. En effet , il n’y a qu’un moyen de protéger le canal ; c’est de doubler les parois d’une substance assez résistante , pour ne pas être entamée par le corps ou l’instrument qui le rapporte. Or , pour qu’un corps

courbe puisse passer dans une canule , il faut que cette dernière soit courbe elle-même , et que sa courbure soit semblable à celle de ce corps , ou qu’on ait la possibilité de modifier l’une ou l’autre. On ne peut compter sur le premier cas ; quant au second , si l’on considère qu’il n’existe aucune substance très-llexible , capable de protéger convenablement le canal en le tenant dilaté , et que certains corps courbes , comme des portions d’instruments lilholribes , sont absolument^ inflexibles , on restera convaincu qu’il est impossible de remplir toutes les conditions relatives à la solution complète de notre problème.

Heureusement parmi les corps courbes qui peuvent

s’introduire accidentellement dans la vessie parl’urèlre,

la plupart sont flexibles , nous dirons même que les

inflexibles sont très-rares et ne consistent , comme nous l’avons fait voir ailleurs , qu’en des fragments d’instruments îithof riteurs brisés pendant l’opération.

Nous allons montrer comment on peut extraire ces corps à l’aide de l’instrument déjà décrit ^ et nous donnerons ensuite la description d’un instrument propre à l’extraction de ceux qui sont flexibles.

ÏI. Possibilité d* extraire les corps courbes à Vaide de V instrument déjà décrit. — Il suffit de jeter les yeux sur les (ig. VIII, IX et X de la pl. III , pour comprendre la possibilité d’extraire les corps courbes à l’aide de l’instrument décrit dans le paragraphe précédent, elles font voir que , le corps étant pris en travers , on peut le retourner et cacher l’une de ses extrémités dans la canule , de manière à ce qu’il semble continuer l’instrument.

Si on est assez heureux pour introduire dans la canule l’extrémité rugueuse du corps (t)., il est évident que l’extraction se fera sans lésion aucune , tout comme , si on retirait une sonde courbe ; si au contraire on a laissé eu dehors cette extrémité (ce qui ne doit avoir lieu quedans la moitié des cas) , il arrivera quelquefois que le canal sera un peu endommagé, mais les dangers des lésions possibles ne seront jamais comparables à ceux de la taille , qu’on ne pourrait éviter sans notre instrument.

(1) Puisque les corps courbes et inflexibles, lombésdans la vessie proviennent toujours d’instruments lilbotritêurs brisés , ils n’ont jamais qu’une extrémil1 rugueuse. Il en est presque toujours de même à l’égard de ceux qui sont flexibles.

111. Description d’un instrument propre à f extraction des corps courbes et flexibles. — Nous venons de montrer qu’on peut extraire les corps courbesà l’aide de l’instrument déjà décrit , mais sans les faire passer dans la canule , et en laissant l’urètre exposé pendant l’extraction. Cet inconvén’ent impossible à éviter pour ceux qui ne peuvent être fléchis, n’existe pas à l’égard des autres. On peut en effet, à l’aide d’un instrument très-simple , dont nous allons donner la description, faire disparaître leur courbure et les doubler sur le bord d’une canule en les entraînant dans son intérieur.

A. Pièces qui composent l’instrument. — Cet instrument se. compose :

1° D’une forte canule en argent ou en melchior. Cette canule , droite et ovalaire (la fig IV , pl. Il , la représente vue dans son grand diamètre , la fig. IV bis montre sa circonférence et l’on peut encore voir son petit diamètre sur la fig. VIII ) , est terminée à son extrémité vésicale par une virole en acier non trempé , dont les bords tant internes qu’externes sont bien arrondis ( A B fig. IV , pl. II ). L’autre extrémité , trèsépaisse, porte des ailes solides, et présente une coulisse ( C D fig. IV , pl. II ) dans presque toute sa longueur. Sur la face opposée à « elle coulisse se trouve une petite vis de pression ( celte vis est indiquée par un V sur la fig. VII , pl. II , qui réprésente une fraction de l’instrument complet , vue en profil ).

2° D’un mandrin ( fig. V , pl. II ) plus long que la canule dans laquelle il entre exactement. Son extrémité

vésicale est arrondie en olive , l’autre est constituée par une vis forte et assez longue. Sur l’une de ses larges faces , il présente dans toute sa longueur et sur son extrémité arrondie , une cannelure beaucoup plus profonde vers la partie moyenne ( G D fig. V , pl. II ) dans une étendue de Gm,03 environ.

3° D’une tige ( fig. VI , pl. II ) terminée à l’un de ses bouts par un crochet et à l’autre par un talon constituant une espèce de gâchette tournée en sens inverse du crochet ( dans la fig. VI ce talon ou gâchette est tournée à rebours^. Vers sou milieu , elle présente une portion saillante située du même côté que le crochet (on la voit en T, fg. VI, pl. II).

4° Enfin j un manche renfermant un écrou destiné à agir sur la vis du mandrin , complète l’instrument ( ce manche se voit sur la fg. IX , pl. II }.

B. Rapport des pièces qui composent V instrument. — - La tige se loge dans la cannelure du mandrin qu’elle remplit exactement; son crochet comble le vide (A B fig. V, pl. II,) de l’extrémité arrondie, et complète l’olive. La gâchette, proéminent au dehors, permet de faire saillir le crochet (comme dans la fig. VIII, pl. II) à l’extrémité du mandrin, en faisant glisser la tige dans la cannelure. La portion saillante pénètre dans la partie profonde delà cannelure; en limitant ainsi le mouvement de va et vient de la lige, elle limite également la saillie que peut faire le crochet hors du mandrin. Ce mouvement peut être encore borné à volonté, au moyen d’une goupille placée en travers de la partie profonde de la cannelure, (on voit cette goupille au niveau

du point G dans la fig. V. pl. II). De petits trous, situés sur les côtés du mandrin et se correspondant d’un côté à l’autre, permettent delà placer à la hauteur qu’on désire. Le mandrin armé de la tigre est renfermé dans la canule (voyez la fig. XI, pl. II}; son extrémité arrondie reste en dehors , et facilite l’iutroductiou de l’instrument. La gâchette sort par la coulisse, ou elle peut jouer facilement. Le manche se visse sur l’extrémité du mandrin, et permet d’exercer sur lui une traction considérable.

C. Comment sont remplies les conditions du problème. — Les conditions du problème sont remplies de la manière suivante : 1° la canule protège le canal , le tient dilaté et lui donne la forme la plus convenable; 2° le crochet sert à saisir le corps (voyez fig. XI, pl. IL; 3° l’écrou, agissant sur la vis de rappel, entraîne le corps par l’intermédiaire du crochet, en le moulant en qnelque sorte dans la canule ( voyez fig. XII et XIII, pl. II).

Le simple énoncé que nous venons de faire, doit suffire au lecteur intelligent ; toutefois nous entrerons dans quelques détails relativement à la forme ovalaire de la canule. Celte forme a l’avantage de laisser plus de vide sur les côtés du crochet, et permet d’y faire passer un corps plus volumineux; outre cela, en éloignant les points d’appui, elle augmente les bras de levier et partant la puissance de l’écrou. Le corps sera donc fléchi plus facilement et moins exposé à se casser. Mais ces avantages sont moins réels qu’ils ne le paraissent, ars icle vide est agrandi sur les côtés du crochet,

l’ouverture de ce dernier est rétrécie en proportion, et d ailleurs l’action de l’écrou est tellement énergique, qu on aurait pu se passer d’éloigner les points d’appui pour augmenter sa puissance ; il ne reste donc qu’un avantage certain : une probabilité plus grande de ne pas casser le corps.

C est pour celte dernière raison que nous avons choisi la forme ovalaire. Cependant, si le corps à extraire est trop gros pour être saisi par le crochet, il conviendra , pour pouvoir agrandir Couverture de ce dernier, de donnera l’instrument la forme cylindrique. Mais dans ce cas le mandrin , au lieu d être rappelé par l’écrou , tournera dans la canule. Pour obvier à cet inconvénient, il faudra pratiquer dans l’intérieur de la canule, une côte longitudinale très-résislanle, qui, en pénétrant dans une cannelure faite sur le mandrin , empêchera ce mouvement de rotation. Celte côte ne devra pas s’étendre vers l’extrémité vésicale, où elle gênerait l’introduction du corps.

O. — Dimenhons délaillées de chaque pièce de l'instrument.

Canule, — Longueur totale 0m, 33. La portion qui doit être introduire, a dans sa longueur 0m,25, dansson grand diamètre extérieur 0m,0l , dans son petit diamètre extérieur 0m.,08 , et dans son épaisseur , 0m, 00,05. La portion qui porte les ailes a dans sa longeur 0m,08, et son épaisseur doit être assez grande, pour que celte partie soit très-solide. La coulisse a dans sa longeur

0m,07 et dans sa largeur 0m,003. La vis qui est située sur la face opposée à la coulise et près de la partie moins épaisse, est destinée à fixer le mandrin pendant

son introduction ; il n’est donc pas nécessaire qu’elle soit très-forte. La virole qui termine l’extrémité vésicale doit être en acier non trempé, ses bords doivent être bien arrondis à l’intérieur comme à l’extérieur; elle aura au moins 0m,0l5 en longueur, et son épaisseur sera la même que celle delà canule..

Tige à crochet.— Longueur 0m,2S5, épaisseur 0m,003 , largeur 0m,003. La gâchette a la même épaisseur que la lige; elle est haute de 0m,0t. La portion saillante est située sur la fig. IX à 0m,l 15 du talon; mais il serait plus prudent de la placer à 0m,05 du crochet, et l’on comprend qu’alors la partie profonde de la cannelure qui la reçoit, serait rapprochée, en proportion, de l’extrémité vésicale, elle fait une saillie de 0m,002, et à 0m,005 de longueur. Le crochet porte à son talon 0m,005 de hauteur; sa courbure interne est un peu taillée en forme de coin, mais sans être tranchante.

Mandrin. — Longueur totale 0m,335, grand diamètre 0m,009, petit diamètre 0rn,007. Longeur de la vis de rappel 0ra,09. La cannelure s’étend sur toute la longueur du mandrin; elle a en largeur O171, 003, eu profondeur 0^,003 et dans sa partie plus profonde 0m,005; cette dernière partie a 0,a,035 de longueur. Les trous qui reçoivent la goupille sont échelonnés symétriquement de chaque côté du mandrin, à une distance de 0m,001 5 l’un de l’autre. La cannelure, sur l’extrémité vésicale du mandrin , doit recevoir le crochet et jle cacher complètement ; elle aura donc en profondeur la hauteur du crochet, c’est à dire 0m, 005.

Manche. — Sa forme et sa grandeur importent peu, \[ suffit qu’on puisse le saisir à pleine main.

Manuel opératoire . — Le malade ayant été préparé et placé comme nous l’avons dit dans le paragraphe précédent ^ la position du corps étranger ayant été notée soigneusement et changée au besoin à i’aide d’un petit cathéter , le chirurgien introduit selon les règles l'instrument enduit d'un corps gras , et dont le mandrin qui dépasse la canule de 0m, 005 environ , a été fixé par la vis destinée à cet usage (la fig . IX, pl. Il, représente l’instrument prêt àètre introduit. Dans cette figure, l’extrémité du mandrin est mal arrondie , elle devrait être comme dansla/q/. Y, même planchej. On a dû aussi régler à l’avance, au moyen de la goupille, la saillie du crochet sur le diamètre connu ou probable du corps à extraire; celte précaution qui parait presque indifférente , fait qu’on saisit ce dernier avec une grande facilité ; toutefois , il faut se garder de tenir le crochet trop près de la canule , car il doit en être assez éloigné, pour que le corps puisse facilement pénétrer entre eux , alors même que sa direction serait très-oblique relativement à celle de l’instrument.

Arrivé dans la vessie, l'opérateur après avoir tourné la vis qui maintient le mandrin, et avoir rappelé un peu ce dernier., de manière à cacher presque entièrement son extrémité dans la caunle ( il se guide, pour en juger., sur l’espace parcouru par la gâchette), saisit l’instrument comme nous l’avons dit dans le précédent paragraphe. Il le porte dans la direction du corps étranger jusque vers la partie la pins reculée de la vessie , mais sans loucher la paroi inférieur de ce viscère et de manière à éviter le corps ; puis , par une légère élévation de la

main droite , il abaisse son extrémité vésicale et le ramène vers loi , après avoir fait saillir le crochet. En promenant ainsi d’arrière en avant , l’instrument rencontre le corps à extraire ( fig. X , pl. U ) et le prend dans le crochet ( fig. XI « pl. lî ) ; l’opérateur le fixe alors contre la canule, au moyen de ce dernier qu’il ramène en tirant sur la gâchette avec l’indicateur de la main droite. — Si le corps étranger est flexible l’extraclionest certaine. — Pour l’opérer, il ne s’agit plus que de saisir solidement dans la main gauche les ailes de la canule et d’agir de la main droite vigoureusement , mais d’une manière graduée, sur l’écrou. Le corps étranger entraîné par le crochet, se double sur les côtés de ce dernier ( fij. XII , pl II) et le suit dans Sa canule (fig. XIII , pl. II ).

L’extraction des corps longs et flexibles sc fera presque toujours sans difficulté à l’aide de notre in. slrument ; il suffit en effet , de saisir le corps pour l’opérer à coup sur. Or, en généial , rien u’estplus facile que de saisir un corps long dans la vessie , parce qu’une fuis ou l’autre on le trouvera placé en travers, et l’instrument, en promenant d’arrière en avant, ne pourra manquer de le rencontrer et de le prendredans ja courbure du crochet. Une seule circonstance pourrait jeter de la difficulté : si le corps était flottant , on aurait de la peine à le saisir. Heureusement les corps flexibles trouvés dans la vessie, sont presque tous plus denses que l’urine et ne peuvent flotter. Quant à ceux qui surnagent comme les sondes en caoutchouc , ils sont tellement mous et flexibles qu’on peut les extraires à l’aida

de lous les instruments connus ; si doue on ne réussissait pas à les saisir avec le nôtre , on pourrait utiliser le (riîabe de Civiale , ou même un îithotriteui’ peu volumineux; M. Lallemant a extrait un cordon de soulier de la vessie d’un homme, au moyen de ce dernier.

Il n’en est pas moins vrai que notre instrument est le seul avec lequel ou puisse extraire, facilement et saus léser les organes, les corps difficiles à fléchi r. Un fait est déjà venu prouver cette vérité : un soldat auquel des chirurgiens habiles n’avaient pu enlever une épinglette tombée dans la vessie, à l’aide des instruments connus, a été délivré au moyen du nôtre, sans lésion aucune et presque sans douleur. Nous allons rapporter l’observation de ce malade, mais avant, disons que l’instrument employé dans celte circonstance différait un peu de celui que nous venons de décrire, en ce que nous avions aimanté le mandrin, dans l’espoir de faciliter la recherche du corps métallique, et que nous avions donné plus de largeur au crochet, afin que l’épinglelle, étant située dans sa courbure, ne pût s’échapper avec autant de facilité. On comprend que ces deux modifications en entraînèrent forcément d’autres: ainsi la tige à crochet et la virole d’acier auraient empêché l’action de l’aimant sur l’épingleüe; la virole fut supprimée et la tige fut faite en melchior. D’un autre côté il fallut enlever au mandrin ce que nous avions ajouté au crochet, et celuilà se trouva ainsi taillé en biseau; celte entaille avait d’ailleurs l’avantage d’offrir au contact de Pépinglettc, une surface aimantée plus considérable.

Ces changements ne furent pas aussi avantageux que nous l’avions espéré : l’épinglelle oxydée n’obéit point à l’action de l'aimant, et la forme élargie du crochet fut seule de quelque utilité.

Extraction d'une épintjlelte dans la vessie d'un soldat à l'aide de notre instrument , par M. A. Court]) (1). — Maurage ( Simon Claude ) , soldat au 07e de ligne , entré à FHôtel-Dieu Sl-Éloi le 1er mars 1 850 .

(1) La propriété do cet instrurnentm’ayant été contestée en partie par M . Courty, une discussion s’engagea entre nous dans le Journal le Messager du midi. M. Courty promptement réduit au silence, confirma ainsi l'injustice de ses prétentions; mais j’ai su que , depuis cette époque, elles se sont reproduites, et qu’il s’est de nouveau approprié mon invention dans une note adressée à l’Académie nationale de médecine. Je me vois donc forcédeproduirc ici des preuves non équivoques de son erreur

Je pense que le témoignage de personnes qui l’aiment, dissipera les illusions de M. Courty. Dans le cas contraire, je serais heumuxqu’il voulût m’offrir l’occasion d’une discussion publique en présence de mes Maîtres et de mes condisciples . en daignant être mon argumentateur dans la discussion de cette thèse; les explications verbales que je lui f Garnirais, fuseraient certainement ses souvenirs.

« Les étudiants en médecine , soussignés, déclarent avoir assisté à la leçon clinique faite à l’Hôp tai St.-Éioi , le 28 mars 18)0 ; ils attestent , pour rendre hommage à la vérité avoir entendu ces paroles de M Courty , prononcées à i’oceasion de l’instrument qui lui a servi plus tard à retirer une êpingletîe de la vessie d’un soldat : « L instrument que je « viens de vous décrire , m’a été proposé par M. Duverger, « qui a répondu à toutes les objections que j’ai pu lui faire ; « c’est pourquoi je me suis décidé à en essayer dès qu’il * l’aura fan exécuter. »

Suivent 30 signatuaez*

Ce malade , étant pris de vin !e 1er novembre 1849 , éprouva de la difficulté pour uriner et introduisit son

«Je déclare connaître pour l'avoir vu et entendu , tout ce qui s’est passé entre MM. Duverger et Courty , relativement à l’invention d’un instrument au moyen duquel ce dernier a extiait une épinglette de la vessie d’un soldat , et j’affirme que cet instrument appartient à M. Duverger.

« Entre les faits trop nombreux pour les rapporter tous , dans lesquels j’ai puisé ma conviction , je peux attester les principaux dont j'ai un entier souvenir. J'étais présent lorsque M. Duverger proposa cet instrument à M. Courty et lui en fit la démonstration sur une ébauche en papier. 11 lui présenta le soir du même jour , une autre ébauche moins imparfaite, composée d’un tube de roseau, d'un mandrin en bois muni d’une cannelure longitudinale, et d’un fil de fer en forme de crochet, lequel se logeait dans la cannelure du mandrin.

« J’étais présent à la clinique , lorsque M. Courty déclara que l’instrument en question lui avait été proposé par M. Duverger , et il le fit même en termes si clairs, que je me les rappelle parfaitement.

« J’étais chez M. Courty , lorsque M. Duverger lui fit une démonstration complète de l’instrument fabriqué chez M.Bourdcaux.etlui indiqua la manière de s’en servir. La séance se prolongea depuis dix heures du soir jusqu’à minuit et demi.

«J’étais encoreprésent, lorsqueM. Courtysaisitl’épingiette pour la première fois ; il dit alors en se retournant : « Tiens, mais votre instrument n’est pas si bête , vous avez eu là une bonne idée ! » ( paroles qu’il me répéta chez moi le même jour ).

« Enfin , je dirai , sans entrer dans de trop longs détails , que je voyais tous les jours M. Courty , et que je l’ai entendu maintes fois causer de l’instrument eu question sans qu il s«

cpinglette dans l^urètre pour le déboucher ( selon son expression ). Mais il s’endormit pendant l’opération et

*oit attrib né la moindre part d ns son invention. Il en laissait tout l’honneur à M. Duverger. »

Ernest COLIN.

« J’ai eu quelquefois l’occasion de parler devant M. Courty et à M. Courty lui-même , de l'instrument dont il s’est servi pour extraire une épingletîe de la vessie d’un soldat ; je l’ai toujours fait en qualifiant cet instrument du nom d 'instrument de M. Duverger , et je dois à la vérité de dire que je ne me rappelle pas avoir jamais entendu M. Conrty en revendiquer la moindre part de paternité.

«Je me rappelle de plus que M. Duverger , étant dans la chambrevoisine de la mienne avec MM. Colin et Courty, vint me demander du papier et des ciseaux pour montrer , me dit-il , à ce dernier l’ébauche d’un instrument qu’il lui proposait.

«J’appris un instant après que cet instrument n'était autre que celui en question. »

Paul CREBESSAC.

Mon cher Duverger»

« Je regrette de ne m’être pas trouvé à Montpellier au moment où s’est élevée, entre vous et M. Courty, la discussion au sujet de l’instrument à l’aide duquel ce dernier a pu retirer une épinglette de la vessie d’un soldat. J’auraisjoint volontiers ma signature à celles qui se trouvent au bas de l’attestation insérée le 7 juillet dans le Messager ; j’aurais pu en outre l’appuyer de quelques faits concluants en votre faveur. Ces faits les voici : je me fais un plaisir et un devoir de les attester, afin que vous puissiez vous en servir au besoin.

Je me souviens parfaitement de vous avoir vu faire une peite ébauche de l’instrument qu’on vous conteste, ébauche qui

reconnut à son réveil que l’épi ngl et te avait glissé jusque dans la vessie. Bientôt après, Maurage ressentit de vives

se composait d’un tube de roseau, dans lequel glissait un mandrin en bois, creusé d’une cannelure qui recevait un fil de fer terminé en forme de crochet. Je me souviens encore très bien des explications que vous me donnâtes alors au sujet de ceito ébauche, et elles me prouvent d’une manière irrésistible que l’instrument d’ont s’est servi plus tard M. Courty. n’esf autre dans tous ses détails (sauf la forme du crochet) que celui dont javais le plan sous les yeux et dont vous m’expliquiez l’ingénieux mécanisme. Je né'tais pas chez Colin lorque vous proposâtes 1 instrument â M. Courty, mais j'y vins un instant apres, et je pus voir l’ébauche en papier, sur laquel e vous aviez cherché â lui faire comprendre votre idée, ayant eu l’occasion de voir ce chirurgien le jour môme avec vous, la conversation tomba sur le malade qui avait une épinglette dans la vessie; vous insistiez auprès de M. Courty pour qu’il fit l’essai do votre instrument, auquel il ne paraissait pas accorder mie grande confiance. Depuis ce moment jusqu’à celui où il fit cet essai, j’ai souvent eu l’occasion de vous en entendre causer avec lui, et dans foutes ces conversations, je me ie rappelle parfaitement, M. Courty n’a jamais eu l’idée de s’attribuer même la plus petite part dans l’invention; il vous la laissait tout entière, et en faisait parfois l’objet de quelques plaisanteries.

« J’assistais à la clinique où M. Courty vous attribua pleinement et sans restriction aucune le mérite de l’invention. Je me rappelle parfaitement ses propres paroles à ce sujet, et j’atteste que ce sont les mêmes que celles qui se trouvent dons 1 attestation insérée au Messager : on aurait pu toutefois y ajouter les suivantes qu'il a prononcées; « Tout l’honneur en revient à M. Duverger. » La veille du jour où M. Courty devait faire 1 essai de 1 instrument, je vous ai entendu lui indiquer 1 heure à laquelle vous iriez chez lui, pour lui expliquer

Couleurs et se vit forcé d’entrer à l’hôpital de Valence. Le chirurgien chargé du service , comptant sur les

une dernière fois le mécanisme de l’instrument et la manière de s’c-n servir. Colin était présent et devait assister à votre explication.

« J’étais encore présent, lorsqne M. Courty saisi t l’épinglette pour la première fois; vous étiez à son côté, et il vous dit:

« Tiens, tiens, ce n’est pas si bête votre instrumeut. »

« Depuis cette époque, jai souvent eu l'occasion d’entendre diverses personnes vous parler de votre instrument en présence de M. Courty, qui n’en réclamait aucune part II vous en a lui-même souvent entretenu en ma présence, comme vous appartenant tout entier; un jour entreautrés , il vous disait en plaisantant : « Allons, vous voilà devenu un grand homme, votre nom passera à la postérité, on appellera votre instrument l’instrument Buverger. »

«Dansl'unedes observations que je dus présenter à laFacuîté de médecine pour subir mon 5me examen, (observation qui était certifiée vraie par la signature de M. Courty, et qui était prise sur le malade à î’épingletto,) je vous attribuais complètement et sans restriction aucuno l’invention de l’instrument, et je ne laissais à M. Courty que le mérite de s’en être servi habilement.

« Je vous engage fort, si la chose est possible, à vous procurer cette observation, elle serait pour vous une preuve précieuse. Dans le cas contraire , vous pourriez avoir recours au témoignage de MM. les professeurs Dumas et Parlier qui ont lu l’observation, M. Parlier notamment me dit, pendant l’examen, l’avoir lue avec la plus grande attention.

Voilà , mon cher Duverger , les faits dont je puis témoigner avec une entière certitude; je vous autorise à faire de mon témoignage l’usage qui vous paraîtra convenable à la constation de votre propriété.»

Gordon.

efforts de la nature pour opérer l'expulsion du corps étranger, ce contenta de prescrire des bains, des boissons émollientes , des injections et des cataplasmes émollients, etc. ; ces moyens calmèrent les douleurs et l’état du malade devint supportable.

« J’atteste avoir entendu M. Gourty dire a M. Duverger, 1s première fois qu’il a saisi l'épinglette dans la vessie d’im soldat : « Votre instrument n’est pas si bête. »

J. Qceyrîaux.

« Mon cher Dlverger ,

« En faisant appel à ma conscience et à ma loyauté pour déposer sur ce papier tout ce que je puis savoir concernant î’instrument qui a servi à l’extraction de l’épinglette de la vessie d’un soldat, vous m’imposez , je vous l’avoue franchement , un devoir pénible , vu les relations amicales qui existent eutre M. Courty et moi, mais en même temps un devoir auquel un homme d’honneur ne peut se soustraire.

« N’ayant assisté ni à la clinique, ni aux séances consacrées h l’extraction de l’épinglette , je ne sais rien là-dessus. Mai* je peux attester:

« 1° Que dans toutes les conversations auxquelles je fus présent et qui ont roulé sur cet instrument , soit à l’hôpital f soit ailleurs, je n’ai pas entendu d’autre nom que le vôtre cité comme étant celui de l’inventeur;

St° Que M. Courty auquel j’ai raconté les circonstances G3 votre 5ine examen ( c’était le lendemain, je crois ) où vous avez été déclaré l’inventeur de cet instrument par le candidat Richard Gordon et par M. le professeur Dumas , ne manifesta pas d’opposition à ce titre dans la conversation qu«> nous eûmes à ce propos, en remontant la rue Blanquorie. »

Je vous salue do cœur ,

Bagienskï,

Docteur en médecine*

Après deux mois de séjour à l’hôpilal de Valence , Maurage fut dirigé sur celui de Nismes où i! fût traité successivement par deux chirurgiens expérimentés , MM. Plaindoux et Fontaine.

Malgré les tentatives réitérées de ces deux praticiens, malgré la variété des instruments employés , le corps étranger ne put jamais être saisi qu’en travers. M. Fontaine fit même construire , d’après le rapport du malade, un instrument que ce dernier n’a pu nous décrire et qui ne donna pas de résultats plus heureux.

Voyant l’inutilité de ces efforts , Maurage demandait vainement à être taillé , et c’est dans l’espérance d’obtenir à Montpellier l’opération qu’on lui refusait à Nismes, qu’il se présenta à l’hôpital, le 1er mars 1850.

Le malade se trouvait alors dans Tétât suivant : douleurs vives dans la région de la vessie , besoin fréquent d’uriner, urines rouges et chargées de mucosités; point de fièvre ni autres symptômes généraux.

M. A. Courty , chargé par intérim du service chirurgical de Sl-É!oi, pratiqua le cathétérisme et reconnut la présence de l’épinglette dans la vessie ; il prescrivit des bains , des injections et des boissons émollientes.

Le canal était parfaitement libre, la sonde de Mayor pénétrait du premier coup et sans aucune difficulté ; il ne s’agissait que d’extraire l’épingïeUe de la vessie ; mais par quel moyen, avec quel instrument? Après avoir cherché en vain, M. Courty s’était presque décidé à tenter l’opération de la taille ; cependant il hésitait , et nous manifesta ses craintes sur la difficulté de trouver l’épingletle dans la vessie , après avoir pratiqué Topé-

ration. Nous lui proposâmes de renoncer à la taille et «ressayer l’instrument que nous venons de décrire. Après de nombreuses objections auxquelles nous répondîmes victorieusement , M. Courty se décida à l'employer; il fut exécuté sous nos yeux dans les ateliers de M. Bourdeaux, et le 2‘J mars 1 850 un premier essai fut tenté. Ccl essai , comme ceux des chirurgiens précités? fut infructueux et l’épingletle ne put être saisie. Cet insuccès doit être attribué au trajet que le malade fut obligé de faire pour se rendre de son lit «à la salle d’opératious, trajet qui permit à l’épinglette de se porter en avant et derrière la prostate. Une hémorrhagie vésicale, assez abondante se déclara après l’opération, et fut accompagnée de fièvre et de douleurs vésicales plus intenses que d’habitude. Cette hémorrhagie et cette fièvre qui ne se sont plus renouvelées après les tentatives subséquentes, et qui ne peuvent en conséquence être attribuées h l’instrument, fureut combattues par des bains , des boissons émollientes et des cataplasmes émollients.

Le 2 avril, nouvel essai. M. Courty, d’après nos conseils , avait recommandé au malade de rester couché sur le dos jusqu’au moment de l’opération qui fut tentée sur le lit même. Il s’assura de la position du corps étranger au moyen d’un petit cathéter; après qu’il l’eut bien notee, 1 instrument fut introduit, et arriva droit sur l’épinglelte. M. Courty croyant 1 avoir saisie, fit jouer la vis de rapel, et le crochet revint sans rapporter le corps étranger , bien que la main de 1 operateur eût éprouvé de la résistance en agissant sur

3’écrou. L’épinglelte n’avait point été saisie comme le croyait le chirurgien, et la résistance éprouvée provenait de ce que l’usage de l’instrument ne lui étant pas familier, il avait oublié de tourner la vis qui fixe le mandrin. Quoiqu’il en soit, cette séance ne fut point doulou reuse pour le malade qui n’en éprouva aucune aggravation consécutive de son état. Toutefois des bains., des boissons et des injections émollientes furent prescrits. Le 5, nue nouvelle expérience fut faite avec les mêmes précautions que pour la précédente; S’épinglette fut saisie mais brisée au premier mouvement de la vis de rapel ; l’opération n’eut aucune suite. Le 8, une nouvelle séance eut lieu; l’épinglelte saisie , M. Courty fit jouer la vis de rappel avec beaucoup de ménagement; le corps de i’épinglelle fut presque complètement ployé, mais se rompit de nouveau à un dernier effort pour la fléchir entièrement.

L’instrument fut alors retiré, et on trouva dans la ca nule un morceau du corps étranger long d’un centimètre et demi ; ce morceau était complètement oxydé, et celte circonstance expliqua la facilité avec laquelle l’épinglelte s’était cassée. Un autre morceau s’était arrêté dans le canal de l’urètre, au niveau de la portion membraneuse et fut expulsé le soir avec les urines. Ce dernier morceau qui était long de 3 centimètres, une fois sorti, il ne restait dans la vessie que l’anneau de l’épinglette. Le 13 on tenta, mais en vain, de l’attirer avec l’aimant; le ra masseur de Heurteloups fut employé et V amena jusqu’au niveau de la force navieuiairè, où il s’arrêta ; il fut expulsé par les urines quelques heures après.

Le malade qui n’avait éprouvé aucun accident après ces manœuvres , ressentit dès qu’il fut débarrassé , un bien-être physique et moral dont il avait depuis longtemps perdu l’habitude. On le retint encore pendant quelques jours à l’hôpital., et des recherches, minutieuses et souvent réitérées, prouvèrent qu’il ne restait, dans la vessie aucune portion du corps étranger ; d’ailleurs les trois morceaux rapprochés et comparés à une épingletle semblable à celle dont ils provenaient, ne laissaient aucun doute à cet égard.

§. 5. De l’f.xtkaction des corps sphériqves ou se rap,

Page 1