BOURSE DE NEW-YORK
Actions chemins de fer
Fonds d'État Baltimore Cleveland
New-York 6 °/0. et Ohio. et Pittsburg.
Dernière semaine déc. 1855 Dernière semaine déc. 1856.
Dernière semaine juil. 1857.
13 octobre 1857.
Dernière semaine déc. 1857.
Enfin, à la Bourse de Vienne, qui constituait la Bourse par excellence des valeurs allemandes, nous enregistrons une môme crise des valeurs mobilières et, notamment, des titres des crédits mobiliers et des chemins de fer, en maioctobre 1857.
mai 1857. oct. 1857. déc. 1857. janv.l85S
DarmstaterCreditbank.
Crédit mobilier
Franz - Joseph- Orient bahn
La reprise, du reste, ne se fit pas longtemps attendre; dès décembre 1857-janvier 1858, la reprise était générale: le
(111 bis) Vergeot, op. cit., p. 178.
public commençait à se ressaisir et à envisager plus froidement les événements. En France, une cause particulière agissait puissamment dans ce sens; l'on parlait de plus en plus sérieusement d'introduire une clause spéciale de garantie d'intérêt dans les contrats de concessions de chemins de fer, et, bientôt après, ce qui n'était qu'un bruit devenait une réalité en vertu des Conventions de 1859 (II2). Ainsi, notre système de la garantie d'intérêt puise son origine jusque dans la crise de 1857.
Des troubles aussi graves ne pouvaient rester sans influence sur la répartition des richesses. Les dividendes des Compagnies de chemins de fer, des banques, baissaient sensiblement. Les salaires aussi : les fondeurs d'Ecosse, au lieu de 5 sh. en 1856, ne gagnent plus que 4 sh. à 3 sh. 6 en 1857, et 3 sh. 6 à 3 sh. en 1858. En Amérique, au 24 octobre, d'après V Express de New- York, il y a dans cette ville près de 24.000 ouvriers sans travail; à Philadelphie, on en compte 2.500; dans un certain nombre d'autres villes, sur lesquelles il a fait porter son enquête, le nombre des chômeurs atteint 17.000. Soit, au total, environ 43.000 familles privées de ressources. Dans les autres parties de l'Union la situation est la même, quoiqu'on ne possède, en ce qui les concerne, aucune statistique précise (II3).
Dans les mines de houille anglaises, la crise a une conséquence intéressante. Elle est le signal de la formation d'un grand syndicat du Yorkshire. Les patrons, après avoir inutilement tenté de maintenir les prix de vente par une en tente, sorte de cartel, et avoir échoué par suite de l'intensité de la concurrence, tentèrent de faire supporter à leurs ouvriers la baisse de leurs profits en diminuant les salaires. Us menaçaient d'un lock-out général leurs ouvriers qui répondirent à cette coalition des patrons par une coalition ouvrière. Ainsi vit le jour le premier syndicat professionnel des mineurs du Yorkshire. Une transaction intervint; les sa-
(112) Picard, Les Chemins de fer français, 6 vol., Paris, Rothschild, 1884, t. II, p. 169 s.
(113) Ann. Block, 1858, p. 584.
laires furent diminués, mais la journée de travail réduite, à huit heures comme le réclamait le Syndicat (llf>).
§ 7. — Crise de 1866.
La période, dont nous abordons l'histoire avec la description de l'essor économique de 1861-1866, est l'une des plus obscures que F expérience nous offre.
Deux faits essentiels la dominent : l'avènement ou plus exactement la consécration et l'accentuation du libre échange en France et en Angleterre — l'explosion de la guerre civile aux Etats-Unis. Ce dernier événement exerça une influence considérable sur le développement économique de l'Europe en la privant, non seulement des commandes américaines, mais surtout de coton.
Cet arrêt brusque des échanges entre l'Europe et l'Amérique, cette nécessité de se procurer du coton à tout prix souvent dans des pays lointains, inexpérimentés dans la culture de cette plante, provoquèrent des troubles économiques graves, particulièrement sur les marchés monétaires. En 1861 et 1864, nous retrouvons même sur ces marchés tous les symptômes de crise économique générale. De là l'erreur de certains économistes. De Laveleye enregistre une crise commerciale en 1861, une autre en 1864. Juglar place la crise décennale de la décade 1860-1870 en 1864. Mais, l'examen de la production, la statistique des émissions des valeurs industrielles nous inclinent à qualifier les années 1861-1866 d'années d'essor, quoique les deux années 1861 et 1864 soient des années de troubles monétaires.
Toutefois, ce n'est pas seulement, ni surtout vers les chemins de fer de France que le capital reflue après la liquidation de la crise de 1857, c'est aussi et principalement vers les chemins de fer étrangers.
a) Essor.
Le grand intermédiaire de l'époque entre l'épargne et l'industrie, le Crédit Mobilier, profite des conjonctures éco-
(114) Tugan-Baranowsky, op. cit., p. 287 s.
nomiques favorables pour exporter, avec les capitaux français, les produits de l'industrie française. Il entreprend successivement les chemins de fer espagnols (Séviïlè-Xérès) — russes — autrichiens — portugais — et italiens (lombards, romains). Ce ne sont pas, du reste, les seules Sociétés de chemins de fer qui bénéficient des faveurs du Crédit Mobilier, mais aussi et encore les Sociétés de transport maritime (la Compagnie Transatlantique date de 1861), les Sociétés immobilières. Au reste, le nombre des sociétés créées en France prouve surabondamment ce renouveau de l'esprit d'entreprise : de 108 en 1861, le nombre des sociétés nouvellement créées s'élève progressivement à 239 en 186o.
Avec cette renaissance de l'esprit d'entreprise une demande active de machines, de matières premières de toutes sortes se fait jour, l'industrie minière et métallurgique connaît une ère de prospérité. Non seulement la statistique de la production, mais celles des prix de vente, du nombre des ouvriers employés, des salaires le prouvent.